TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE IL CLUXIX
ont demandé, pour se débarrasser de ceux de Tartas, de leur donner pour chef Thomas Rampston, sénéchal de Guyenne. Ce sénéchal est arrivé avec 100 hommes d'armes et 400 archers, dont les deux états ont payé les gages depuis six mois; mais pour faire lever le siège, le seigneur d'Albret s'est mis à ravager la Chalosse et principalement les terres du seigneur de Lescun, en sorte qu'on a été obligé de faire un arrangement, dont on montrera au Roi une copie vidimée, et par lequel le siège de Tartas doit être levé.
Les états prient donc le Roi d'ouvrir des yeux de pitié et de miséricorde sur les souffrances de son peuple, et de prendre une décision qui puisse maintenir à la fois l'honneur de la royauté et la tranquillité du pays. Ils demandent en outre que le Roi, qui avait promis la ville de Tartas au sénéchal , l'en dédommage si celle-ci reste à Charles d'Albret; car le sénéchal s'est conduit pendant le siège de manière à se concilier l'estime de tous,, et même y a reçu une blessure (n° en).
En 1438, les marchands de Rayonne qui se trouvaient à Londres se plaignirent au Roi que le maire et les vicomtes avaient fait arrêter un navire de Rayonne (1). Le Roi fit demander au maire pourquoi il en avait agi ainsi. Celui-ci répondit que, d'après les privilèges accordés aux habitants de Londres, leurs navires et leurs marchandises devaient être exempts de tous droits et de tous impôts, sous quelque nom et prétexte que ce soit, dans tous les pays soumis à l'obéissance des rois d'Angleterre en de$à comme au delà de la mer ; qu'ils avaient paisiblement joui de ces privilèges depuis le règne du roi Jean et de Henri III jusqu'à ces derniers temps où les habitants de Rayonne avaient imaginé d'exiger un certain impôt sur les marchandises anglaises, sous prétexte de quelques privilèges et de quelques règlements qu'ils ont eu la présomption de faire entre eux et de leur propre autorité. Les habitants de Londres s'en sont plaints plusieurs fois au Roi, qui a déclaré n'avoir point eu l'intention de porter préjudice aux privilèges de Londres, et a mandé aux habitants de Rayonne de respecter les droits de la commune de Londres , ou bien de comparaître devant lui à Westminster pour faire connaître les motifs qui les portaient à en agir autrement. La commune de Rayonne a néanmoins continué à exiger de plusieurs citoyens de Londres des sommes très-fortes; et quoiqu'à plusieurs reprises les habitants de Londres aient employé tous les moyens possibles pour les déterminer à renoncer à ces prétentions, les Rayonnais se sont constamment refusés à revenir à la justice. En sorte qu'on s'est déterminé à saisir le navire ci-dessus désigné, qui du reste est aussi saisi pour répondre d'une créance réclamée du maître du navire et de quelques autres marchands de Rayonne (n° cccxcvni).
Un acte de 1441 fait connaître la suite de cette affaire. La commune de Rayonne
(1) Voyez dans Rymer, t. X, p. 411, une charte du 18 février 1429, qui dispense les habitants de Londres de payer des droits à Bayonne.