PI. 19,% I
Cette chenille parait en même temps que celle d'Elpenor; elle lui ressemble presque tout- à-fait par la forme, le dessin, et parla couleur, seulement il est extrêmement rare quelle conserve sa couleur verte jusqu'au moment de sa métamorphose.
Ordinairement elle est noirâtre ou d'un gris noirâtre , avec les trois premiers anneaux alongés et rétractiles comme dans Elpenor. Sur le troisième anneau , on remarque ordinairement une tache noire latérale partagée en deux ; le quatrième et le cinquième ont un œil comme dans Elpeno7\ mais il est arrondi au lieu d'être ovale, et le premier est ordinairement plus grand que le second. Les stigmates sont blancs et cerclés de noirâtre. Le onzième anneau est dépourvu de queue, seulement on voit à sa place une petite verrue arrondie et très peu saillante. Le dessous du corps est d'un blanc grisâtre tirant sur l'incarnat.
On la trouve dans ime grande partie de l'Europe , mais surtout dans le Nord, en juillet et août. Elle se métamorphose dans la mousse ou sous les feuilles sèches. Elle vit particulièrement sur le Cd\\[e-\'A\i{f)aliumvenim) et ïepilobium atigustifoliam ;
^mmny of lumiM
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SPHINGIDES.
mais elle est beaucoup plus rare sur cette dernière plante. Quelques auteurs disent aussi l'avoir trouvée sur plusieurs autres epilobium, et même sur la salicaire ( lythrum salicaria ). Elle est assez difficile à trouver, parcequ'elle ne mange guère que le matin ou pendant la nuit ; elle se tient cachée une partie du jour au pied de la plante ou sous les pierres qui l'environnent.
La chrysalide , à la grosseur près , ressemble tout-à-fait à celle d'Elpenor\
L'insecte éclôt ordinairement au mois de juin de l'année suivante : quelquefois , mais rarement , il en éclôt quelques uns en septembre.
SPHINftlDES.
DEILEPHILA FJ.PENOR. PI. 4, fl^. i et 2.
Obscure fusca, capite porrrcto piaictis rlorsalibits, fasciis obliquis oculisque ditobns ittrinqiie, ni gris, cornu uigro apice albido. Variât colore viririi.
Sphinx elpenor. Linn. , Fab. , Ochs. , etc. — HiBNER, Sphinj;. , tab. 10. — Larv. lepid. , II , Sph. , III ,
fig. 2 , rt , 6.
Sphinx de la vigne. Erinst, Pap. d'Europe. .Sphinx de la vigne. God. , Pap. de France, Crépuscul., pi. 18,
fig. 3.
Cette chenille est d'une couleur brune finement entrecoupée de noir, qui l'a fait comparer trivialement à la couleur d'un radis noir. Sur les quatrième et cinquième anneaux , il y a deux taches noires orbiculaires , marquées d'une espèce de lunule dont les bords sont d'un blanc violâtre , et le milieu d'un brun olivâtre. Sur le dos on remarque ordinairement deux séries de points également d'un brun olivâtre. Les côtés de la poitrine sont grisâtres ; elle a souvent en outre six raies obhques de cette dernière couleur. La corne est courbe, noire, avec l'extrémité blanchâtre. Les pattes écailleuses sont d'un gris luisant; les pattes membraneuses sont brunes.
Avant la seconde mue, cette chenille est verte; il arrive même souvent qu'elle conserve cette couleur toute sa vie. Du reste , le dessin est le même.
La chrysalide est d'un brun grisâtre avec deux bandes dorsales et les côtés de l'abdomen plus pâles. Les stigmates sont noirs. Il y a aussi sur chaque anneau une rangée transverse de petites épines noirâtres.
On trouve la chenille pendant les mois de juillet et d'août sur plusieurs espèces d'epilobium, mais particulièrement sur les epilobium palustre et hirsutum. , dans les lieux humides , dans les prairies , au bord des petits ruisseaux , à la queue des étangs, au bord des mares, etc. Quoiqu'on l'ait appelée Clie-
SPHINGIDES.
nille de la vigne, elle est beaucoup plus rare sur cette plante que sur les epilobium. Nous l'avons aussi trouvée sur une espèce de g aura dans un jardin de botanique, et sur Xœnothera biennis.
Elle ne s'enfonce pas dans la terre ; elle se forme à sa surface une coque légère avec de la mousse , des feuilles sèches , etc. , qu'elle réunit à Faide de quelques fils de soie.
L'insecte parfait éclôt quelquefois au mois de septembre , mais le plus ordinairement il passe l'hiver en chrysalide pour paraître au mois de juin.
SPHINGIDES.
DEILIPHILA CELERIO. PI. i3.
Fusca{rarius virîdis) atoinis obscurioribus tineisque duabus pallidioribus , segmenta quarto ocellato, quinto sub-ocellato.
BoisD. , Ind. melh., p. 32.
OcHs- , Schm., m , p. 2o5 , 2.
Sphinx celeiîo. Linn., Syst. nat. ^ 1, a, p. 8oo , 12.
Fab. , Ent. Syst. , III , i , p. 870 , 43.
HuBN. , Splùng., tab. lo, f. Sg. — Larv. lepid. ,11. Sph. , III ,
Leg'. B. a. b. , fig. 1 . a. b.
Esp. , Schm., II, th., tab. 8, fig. i. 2. 3. — Tab. 28, f. i , et
tab. 45, fig. 3.
Cram., Papil. , pi. isS. E. — BoRKH., Fuessl., Illig. , etc. Le phénix. Ernst., Papil. d'Europ. , pi. iio, fig. iSy. a. e. Sphinx célério. God,, Papil. de France, III, pi. 18, fig. 2.
Cette chenille est le plus ordinairement d'un gris noirâtre sur le dos , pointillée de noir. La couleur des côtés est plus pâle , séparée de la teinte dorsale par une raie d'un gris blanchâtre. Cette partie pâle est pointillée de noir dans sa moitié supérieure, et de blanchâtre inférieurement. Les stigmates sont roussâtres , cerclés de brun , et précédés chacun d'un gros trait oblique d'un gris obscur. Le quatrième anneau est marqué de chaque côté d'une tache oculaire d'un noir pourpré, pointillée de blanc et cerclée de jaunâtre, et le cinquième d'une tache ovale d'un jaune pâle , mais plus petite, non pupillée et légèrement cerclée de noirâtre. La queue est noirâtre , assez grêle et assez longue. Le dessous du ventre et les pattes sont d'un gris-rosé pâle. Outre cela, les premiers anneaux offrent ordinairement deux bandes latérales d'un gris blanchâtre, qui finissent par se fondre avec la teinte pâle des côtés. •
L'œuf est vert , et les petites chenilles , après leur éclosion , sont d'un vert très clair, avec la plus grande partie du dessin qu'elles offrent lorsqu'elles sont adultes. Leur
SPHINGIDES.
accroissement est très rapide, et, dans huit ou dix jours, elles subissent trois changements de peau : elles restent verles jusqu'à leur dernière mue, après quoi elles passent au brun noirâtre. Il en est cependant qui, comme Elpenor, conservent leur couleur primitive jusqu'à leur métamorphose : dans ce cas , elles sont d'un beau vert pointillé de vert obscur, avec les parties latérales sablées de blanchâtre, et séparées de la partie dorsale par une raie claire qui s'étend du second œil à la base de la queue ; celle - ci est d'un pourpre violâtre. La tache oculaire du quatrième anneau est d'un vert obscur, cerclée de jaune, et pointillée de blanc verdâtre.
Elle vit sur la vigne, et se chrysalide à fleur de terre, en réunissant plusieurs feuilles à l'aide de fds de soie.
La chrysalide est d'un gris-roussâtre pâle , saupoudrée de brunâtre , avec les stigmates noirs.
L'insecte parfait éclôt au bout de quinze jours, si la métamorphose a lieu à la fin de l'été, et au printemps suivant, si elle s'est accomplie à la fin de l'automne.
Il se trouve dans le midi de l'Europe , et quelquefois dans le centre ou même dans le nord ; il est très commun en Afrique et aux Indes-Orientales. — Gustave Daube.
SPHINGIDES.
DEILEPHILA DAHLII. PL 5, %. i, 2.
Nigrescens velniyra, albo-flavescente punctulata, fascia laterali lulea, croceo maculala, lineaque dorsali crocea, cornu nibro ad apicem nigro; capite ano scutel toque rubris.
Sphinx Dahlii. Boisd. , Index methodicus , p. 33 . — HuBNER , Europ. schmett. , Spliing.
Le fond de sa couleur est noirâtre ou d'un brun foncé, piqué de points d'un blanc jaunâtre , beaucoup plus petits que chez Euphorhiœ , et de même presque placés en séries transverses. De chaque côté du corps , on voit sur chaque anijeau une tache plus noire que le fond , portant deux taches oblonfjues d'un blanc jaunâtre ; l'inférieure un peu rousse.
Il y a sur le vaisseau dorsal une ligne longitudinale un peu sinuée, d'une couleur orangée un peu obscure. Les côtés portent une bande jaune, sur laquelle se voit à chaque anneau une tache orangée : quelquefois cette bande disparaît , mais les taches restent.
Les stigmates sont oblongs, blancs avec la bordure noire. La couleur du corps, au-dessous de la bande latérale, est d'une teinte plus pâle et disparaît sur le ventre , qui devient d'un blanc sale verdâtre, roussâtre entre les pattes.
Le premier anneau est couvert par une plaque large d'un rouge obscur, bordée de jaune antérieurement ; le pénultième porte une corne dure , hérissée , courbée vers l'anus , rouge , avec le tiers externe noir \ le dessus de l'anus est d'un rouge obscur. La tête est petite , d'un rouge obscur, avec le premier article des palpes et les lèvres jaunes.
Les vraies pattes et les postérieures à leur face externe sont rouges ; les intermédiaires sont d'une couleur orangée.
Cette chenille varie pour le nombre et la grosseur des taches et des points. Quelquefois la rangée supérieure des taches forme une espèce de cordon blanc plus ou moins marqué ; quelquefois la ligne dorsale est jaune.
SPHINGIDES.
On la trouve dans les mois de mai et de juin, de septembre et d'octobre ; elle vit sur les euphorbia paralias, niyrsinites, etc.
Elle s'éloigne peu des bords de la mer, et ne se rencontre jamais dans l'intérieur des terres ou sur les montagnes.
Pour se métamorphoser, elle lie des grains de terre ou des débris de plantes , et elle en forme une coque molle et peu serrée. Sa chrysalide est presque complètement semblable à celle diEuphorbice.
Cette espèce remplace en Corse et en Sardaigne notre Euphorbiœ. Elle a été découverte en Sardaigne par le marchand-naturaliste Dabi.
SPHINGIDES.
DEILEPHILA LINEATA. PI. 5, fig. 3,4.
Supra nigrescens, subtus luteo-virescens,Jîavo punctulata; série unica macularwn lutea; lînea dorsali rubra duabusque lateralibus fiavis; cornu producto , tenui, hispido.
Sphinx lineata. Fab., Ent. , S. III, 368, 69, etc.
Sphinx livornica. Hubn. , Esp.
Sphinx kœchlini. Fuessl., Archiv. , i lieft. , 6 heft. , tab. 33 ,
fig. I — 5. — BORR. , SCHRANK.
Le livournien. Ernst, Pap. d'Europe.
Sphinx livournien. Godart, Pap. de France, Crépus. , p. 4o 5 pi. 18, %. I.
Cette belle chenille qui varie beaucoup est ordinairement noirâtre ou d'un brun roussâtre en dessus; le dessous est d'un blanc jaunâtre ou verdâtre.
Le vaisseau dorsal est couvert par une ligne d'un rouge obscur, plus ou moins verdâtre dans son milieu. Cette ligne est bordée par une série de taches noires , dont une par anneau, portant chacune une tache jaune arrondie; ces taches sont unies ensemble par une ligne de la même couleur.
Les côtés sont marqués d'une ligne jaune ; au-dessous de cette Hgne et sous le ventre, on voit quelques points noirâtres et des nuances roussâtres.
Les stigmates sont verdâtres avec le bord mince et noir ; ils sont accompagnés d'une tache rougeâtre peu sensible.
Le tête est d'un rouge obscur avec une bande noire qui ceint la bouche ; le premier anneau , bordé antérieurement de jaune, offre en dessus une plaque de la couleur de la tête, bordée de noir en avant. Le dessus de l'anus et la face externe des pattes postérieures sont rouges ; la corne est plus longue que dans ses congénères , rouge, avec l'extrémité noire , hérissée de petites épines.
Les vraies pattes sont noires à l'extérieur ; les autres sont de la couleur du ventre, avec une tache noire à leur face externe.
SPHINGIDES.
Cette chenille a les mêmes mœurs que celles A^Euphorhiœ et de Dahlii; ses mëtamoi'phoses sont semblables , et sa chrysalide ne diffère pas sensiblement.
Elle vit polyphage dans les champs et le long des chemins ; elle habite le midi de l'Europe et les parties de l'Afrique correspondantes.
SPHINGIDES.
DEILEPHILA NIG^A. PI. i , fig. 3 et 4. '4
Aibido-camea maciitis niijrls flavo-punctatis ; cornu arcualo nlgro.
Depriin. Lepidoptera pedemont.
OcHS, Sclimctt. von Euiop.
GoD. , Pap. de France crépuscul. PI. 17 tert. , fig. i.
Sphinx cyparissiœ. Hubn. , Europ. schmett.
Cette belle chenille est d'un blanc-incarnat tirant sur le gris-de-perie. Sur le commencement de chaque anneau il y a une bande noire transverse interrompue, formée de grosses taches noires marquées d'un gros point d'un jaune-citron. Sur le premier anneau il n'y a que deux taches assez petites ; sur le second, la bande le plus ordinairement n'est pas interrompue, elle est marquée de quatre points jaunes. On remarque aussi au-dessus de chaque patte membraneuse une tache noire qui s'aligne avec les autres , mais qui est dépourvue du point jaune. La corne est noire et courbée en arrière ; les pattes membraneuses sont grisâtres avec la base noire. Cette chenille est très vorace et croît promptement ; elle vit sur Yeuphorbia esula et sur plusieurs autres espèces voisines. On la trouve en juin et en septembre aux environs de Montpellier et dans quelques parties de la Provence. Elle est beaucoup plus rare que celle de Yeuphor'biœ. Sa ressemblance avec un serpent et sa couleur tranchée permettent de la découvrir aisément.
La chrysahde est d'un brun très pâle , proportionnée à la taille de la chenille , et terminée par une pointe assez aiguë. Les stigmates sont noirâtres. Elle se métamorphose dans la terre.
L'insecte parfait éclôt au bout de six semaines , quand la chenille s'est chrysalidée de bonne heure ; dans le cas contraireil n'éclôt qu'à la fin de mai ou au commencement de juin.
La figure que nous en donnons est faite sur un très beau dessin de M. Adrien de Villiers , de Montpellier.
Cf^
SPHINGIDÉS.
DEILEPHILA NIC^A '. PI. 1 1 , fig. i , et l'I. i , fifj. 3 et 4.
Roseo-încamata maculis luteis quadriscriatis nigro valde cinctis ; cauda rugulosa nigra.
BoisD. , Ind. metli., p. 33.
OcHs. , Sclimett. von Europ., V, p. 178, n" 8. GoD. , Pap. de France, t. III, pi. 17 tert. , fig. i. Deprunn. , Lepid. pedem. , p. 85, n° lyS. Sphinx cyparissiœ. Hubn, ,Sphing. , tab. 24» ^S- *ï5' — La»'v. lep. , Sphing.
Elle a le port à'Euphorbiœ , mais elle est un tiers plus grande. Le fond de sa couleur, lorsqu'elle est adulte , est d'un rose-incarnat plus ou moins foncé , ou d'un rose vineux. Elle a sur le dos deux rangs de taches orangées , arrondies , renfermées chacune au milieu d'un gros cercle noir. Ces taches sont disposées au commencement de chaque anneau ; mais sur les deux premiers , les cercles noirs sont incomplets et n'entourent pas entièrement la tache jaune. Sur le premier, la partie'noire est presque en forme de 7, et elle s'avance jusqu'au milieu de la tête. Le long des pattes , il y a une semblable rangée de taches jaunes, arrondies , bordées en dessus et en dessous par un arc noir, dont le supérieur porte les stigmates qui sont blanchâtres. En avant de ces taches, il y a en outre un point noir dans les incisions, et un petit trait semblable au-dessus des pattes membraneuses ; celles-ci sont d'un gris noirâtre, avec la couronne plus pâle. La corne est rugueuse et d'un noir profond. La tête est d'un gris de perle av. c la bouche noire.
L'œuf est gros, vert et presque rond. La petite chenille éclôt au bout de huit jours. Jus([u'à sa dernière mue, qui a lieu au bout de douze jours , elle est verdâtt e comme celle
' Notre première description étant incomplète, il faudra la supprimer et la remplacer par celle-ci.
SPHINGIDES.
d'Euphorbiœ, avec les taches noires, marquées de blanc dans leur milieu. Lorsqu'elle est sur le point de subir sa quatrième mue , elle prend une teinte vineuse assez foncée , qui s'éclaircit jusqu'à devenir d'un rose-incarnat lavé de gris de perle. Au bout de vingt à vingt-quatre jours , elle a acquis toute sa grosseur, et elle entre en terre pour se métamorphoser.
La chrysalide ressemble en tout à celle d'Euphorbice, mais elle est plus grosse d'un tiers.
La chenille se trouve en juillet et en septembre sur Yeuphorbia, l'insecte parfait paraît aux mêmes époques quEuphorbice. Il se trouve en Provence , et sur-tout en Languedoc. Les montagnes des Cévennes , les territoires du Vigan , Alais , Anduze et Uzès , sont des localités où on le prend abondamment , tandis qu'il est extrêmement rare aux environs de Montpellier.
( Communiqué par M. Gustave Daube. )
SPHINGIDES.
DEILEPHILA EUPHORBIiE. PI. i'\ fig. i et 2.
Nigra flavo-punctulata , capite , ano, cornu, pedibus, linea dorsali alteraque (aterali rubris; maculis rotundatis lateralibus biseriatis.
Sphinx etiphorbiœ. Linn. , Fab,, etc.
HuBNER , Enrop. sclimeiterl., Esper , Ernst, etc. Sphinx du tithymale. Godart. Pap. de France crépuscul. , pi. 17, fig. 2.
Cette chenille est fort belle. Le fond de sa couleur est noir avec des points jaunes très rapprochés. Sur chaque côté on remarque deux rangées longitudinales de taches rondes, tcuitôt rougeâtres, tantôt jaunes, et quelquefois blanches. Sur le dos est une raie longitudinale rouge ; il y en a une semblable de chaque côté au-dessus des pattes , mais celle-ci est ordinairement entrecoupée de jaune. La tête , le dernier anneau et la base de la corne sont d'un rouge foncé. Les pattes sont de cette dernière couleur. La corne est scabre, courbée en arrière et noire à l'extrémité. Dans la jeunesse les lignes longitudinales sont jaunes.
La chrysalide est d'un brun grisâtre avec les articulations plus claires et les stigmates noirâtres.
Cette chenille est assez commune ; elle se nourrit sur plusieurs espèces d'euphorbes ou tithymales, mais elle préfère les euphorbia gerardiana , cyparissias , esula, exigua. Au bord de la mer on la trouve souvent sur Veuph. paralias. Elle est très vorace et croît rapidement. C'est dans les plaines sablonneuses , au bord des chemins et des sentiers , ou dans tous autres lieux abondants en euphorbia, qu'on doit la chercher. On commence à la trouver à la fin de juin ; sa métamorphose a lieu à la fin de juillet; l'insecte parfait éclôt en août et septembre dans les pays méridionaux , et même quelquefois aux environs de Paris , si le temps est favorable. C'est pourquoi
SPHINGIDES.
on retrouve des chenilles aux mois de septembre et d'octobre. Les individus qui passent l'hiver en chrysalide éclosent au mois de juin de l'année suivante. Il arrive quelquefois que des chrysalides n'éclosent qu'au bout de deux ans.
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SPHINGIDES.
DEILEPHILA VESPERTILIOïDES. PI. 9,%. i.
Obscure viridls subtus pallidior, albo subpunctidata ; série dupUci macxdarum rubidarum, fascia maculari alba; modo cornu abortivo , modo nuUo.
Sphinx vespertilioides. Boisd. , Annales de la Société linn. de
Paris , 6' vol. , pi. 6, fig. i. ( 1827.) Ind. meth. , p. 33.
Cette chenille tient le milieu entre celles du Vespertilio et de XHippophaes. Sa couleur n'est qu'un mélange de celle de ces deux espèces , de sorte qu elle n'a rien qui lui soit particulier.
La partie antérieure de son corps est un peu moins renflée que dans le Vespertilio. Elle est d'un vert plus obscur que celle de YHippophaes , et de même pointillée de blanc ; mais les points sont moins nombreux , plus gros , à peine sensibles en dessus sur la partie antérieure des anneaux. Les deux lignes dorsales sont à peine visibles, marquées comme dans le Vespertilio d'une série de taches rougeâtres, mais plus petites, et se fondant antérieurement avec les hgnes. Ces taches sont enveloppées d'une teinte obscure , et au-dessous d'elles il y a un espace qui n'est pas marqué de petits points blancs. Les deux taches à côté de la queue sont comme dans YHippophaes; celle-ci est très petite, et peut même disparaître entièrement.
Les côtés offrent une bande longitudinale blanche.
La tête est d'un vert-obscur un peu roussâtre. Il y a une plaque de la même couleur sur le premier anneau comme dans les autres.
Les pattes sont rouges ou rougeâtres.
Celte chenille n'étant que le produit de l'accouplement de YHippophaes avec le Vespertilio , on conçoit qu'elle doit varier selon qu'elle tient plus ou moins de l'une ou de l'autre espèce.
Elle vit sur Yepilobium angustifolium.
SPHINGIDES.
Nous avons vu d'autres chenilles également hybrides vivant sur Xliippophae, et qui se rapprochaient beaucoup de celles de VHippophaes , sur-tout par la longueur de la queue.
La chrysalide ressemble presque complètement à celle de VHippophaes. Elle éclôt à la même époque.
Cette hybride a les mêmes mœurs que les espèces qui la produisent. Elle n'a été trouvée jusqu'à présent que sur les bords du Drac , aux environs de Grenoble , localité où le Vespertilio et VHippophaes sont très communs.
q B ,30Tg èlilq ^XUOldtUMl axiioïii
iupfiiq Joarfiolqtiorwfi'I yh jiu >
SPHINGIDES.
DElLEPHILxV EPILOBII. PI. 9, fig. 2.
Nigra flavo lateraliter punctiilata, maculis seriatis, rotùndàtîs, flavis ; fascia laterali interrupta vcl submdla rubra; capile coniucjue minuto, niyris.
La grantle rareté de cette chenille, sa couleur et son dessin prouvent évidemment qu'elle n est qu'une hybride du Fespertilio et de YEuphorbiœ.
Elle a la forme de XEuphorhice, et elle est de même d'un noir foncé; mais les petits points jaunâtres tendent à disparaître , et ne sont pas visibles en dessus.
Les trois premiers anneaux portent les rudiments d'une ligne dorsale rouge. Sur le dos et un peu latéralement , il y a une série de taches jaunes arrondies , au-dessous desquelles il en existe une ou deux autres très petites.
Les côtés , près des pattes , sont marqués d'une raie rouge , interrompue , qui tend à disparaître. Le veiitre offre aussi des traces rougeâties. Les stigmates sont ovoïdes, d'un blanc jaunâtre, avec la bordure noii^e. La queue est petite et noire. La tète est noire avec une partie des sutures rouges. Les pattes sont noirâtres à leur face externe, rouges sur le côté interne.
Elle vit sur Yepilobium angustifolium, aux environs de Lyon, d'où elle nous a été communiquée par M. Merk , naturaliste de cette ville.
Parmi les sphingides d'Europe, le Vespertilio est le seul jusqu'à présent, à notre connaissance, qui s'accouple avec les espèces voisines. Il est même probable qu'outre les deux hybrides dont nous donnons la chenille , il pourrait en exister plusieurs autres , si les Deilephila Dahlii, Zygophylli et Gal'ii, si rapprochés de YEuphorbiœ et de YHippophaes, habitaient les mêmes localités que cette espèce.
Les chenilles hybrides se trouvant presque constamment sur Yepilobium angustifolium, nous croyons cpie l'accouple-
SPHINGIDES.
ment a lieu le plus souvent entre une fenielle de Fespertilio et le mâle d'une espèce étrangère. Cependant le contraire paraît exister quelquefois , puisque l'on rencontre sur Vhippophae rhamnoides des chenilles hybrides. >v.
SPHINGIDES.
DEILEPHILA HIPPOPHAES. PI. 9, fig. 3 et 4.
Obscure viridis subtus palUdîor, albido punctulata; lîneis duabus dorsalibus Jlavescentibus ; fascîa taterali alba; capite virescenti; cornu rubente antice nigro.
Sphinx hippophaes. Esp, , Schmett., 2 th. , tab. 38, cont. i3,
fig. 1,2.
HuBN. , Sphing. , tab. 22 , fig. 109.
OcHS., Schmett. von Europ. , t. II, p. 221. GoD. , Pap. de France, Grépuscul. , pi. 17 bis, p. 173. BoiSD. , Ind. meth., p. 33.
Elle est d'un vert obscur en dessus, et blanchâtre en dessous. Le corps est couvert de petits points blancs ou d'un blanc jaunâtre, placés en séries transverses. Il y a sur le dos deux lignes longitudinales , qui s'arrêtent au premier anneau , et vont se terminer postérieurement sur les côtes de la queue , avant laquelle elles s'élargissent en deux taches oblongues. Ces lignes sont jaunâtres , un peu dilatées sur chaque anneau , où elles forment comme une tache d'une couleur un peu fauve , insensible, à la partie antérieure du corps. L'extrémité élargie près de la queue est plus ou moins rouge ou orangée.
Les côtés sont marqués d'une bande blanc he , un peu sinuée inférieurement. Au-dessous de cette bande, la teinte, qui devient très pâle , offre encore quelques points blancs. Le milieu du ventre est blanchâtre. Les stigmates sont ovoïdes , jaunes, avec la bordure noire. La tète est petite, à-peu-près de la couleur du corps. Les pattes sont un peu rougeâtres. La queue est courbée vers l'anus, assez mince , rugueuse , noire antérieurement, rougeâtre dans le reste de sa longueur.
Cette chenille varie peu ; quelques unes présentent sur les lignes dorsales une série de taches rougeâtres , qui vont en diminuant de la queue à la tète , et disparaissent sur les premiers anneaux, où elles se divisent ordinairement en deux ou trois points de la même couleur.
SPHINGIDES.
Elle vit sur ïhijrpophae rhamnoides, où elle se tient à découvert , mange continuellement et grossit vite. Pour se métamorphoser, elle entre un peu en terre , ou forme à sa surface , avec des débris de plantes , une coque mince où il n'entre que peu de soie.
La chrysalide est d'un roux plus ou moins brmiâtre , plus pâle sur l'enveloppe des ailes. Les anneaux du ventre sont couverts de petits points enfoncés , sur-tout sur la face dorsale où ils présentent quelques dépressions. Elle se termine par une pointe un peu bifide à son extrémité.
On trouve la chenille en juin et juillet, puis en septembre et octobre.
Cette espèce habite le Dauphiné , la Suisse et la Savoie.
Godart dit que l'insecte parfait a été pris à Siegberg, dans le grand duché du Rhin.
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SPIIINGIDES.
DEILEPHILA VESPERTILIO. PI. 7 , fig. 6.
Ecaudata , supra cinerea , oculis lateralibus rubeUis seriatim digestis ; subtus paUide griseo-carnea.
Sphinx vespertilio. Fab. , Eut., S. III, 369-40.
— Devillers, Ent. Linn., tab. 4, fig- 17? t. IL
— BoiSD. , Ind. metliod. , p. 33.
— Ocfis. , Schmett. von Europ., t, II , p. 228.
HuBN. , Sphing. , tab. ii, fig. 62 ; tab. 2i,fig. i23. — Larv. lepid. , II , Spli. , III , B , 6 , fig. 1 , rt , 6. GoD. , Pap. de France, Crép. , pi. 17 tert. Le cendré. Ernst, Pap. de France", pi. 1 1 1, fig. iSg.
Cette belle chenille est de la taille et de la forme de celle d Euphoj'biœ , mais elle est totalement dépourvue de queue.
Elle est en dessus d'un cendré noirâtre , avec une multitude de petites raies transversales plus obscures, et se fondant pour ainsi dire l'une avec l'autre. Elle a de chaque côté une rangée latérale de taches incarnates entourées de gris et cerclées de noir. Ces taches sont quadrangulaires , arrondies à leurs angles, un peu plus petites sur les premiers anneaux que sur les suivants ; celle qui est placée sur le onzième anneau est ovale ou elliptique ; celle qui est sur le dernier est beaucoup plus petite et à-peu-près de même forme. Les stigmates sont jaunes cerclés de noirâtre; la tête est de la couleur du corps. Le dessous du corps est d'un gris incarnat plus ou moins pâle avec les pattes roses. Avant sa dernière mue son dos est d'un brun obscur, les côtés et le dessous du corps sont grisâtres avec deux raies latérales blanchâtres , parallèles , interrompues sur chaque anneau par des points orangés.
On la trouve en juillet et à la fin de septembre sur Tépilobe à feuilles de romarin [epilobium augiistifoliian) , dans les montagnes sous-alpines du Dauphiné , du Lyonnais , de la Suisse, et de l'Italie. Elle se tient cachée pendant une partie du jour sous les pierres ou les herbes , quelquefois à une certaine distance de la plante qui lui sert de nourriture ; aussi le
SPHINGIDES.
matin et le soir sont les instants les plus favorables à sa recherche. Nous l'avons trouvée mêlée avec celles à'OEnotherœ, de Vespertilioides , et âiElpenor. M. Merk, entomologiste de Lyon , à qui la science est redevable de plusieurs espèces nouvelles , a découvert aux environs de Lyon sur Vepilobium aiigustifolium une chenille d'une espèce nouvelle [D. Epilobii) vivant avec le Verpertilio. Cette chenille a beaucoup de rapport avec celle âilEuphorbice. Nous la donnerons dans une des livraisons suivantes.
La chrysalide ressemble beaucoup à celle d'Euphorbiœ. L'insecte parfait éclôt au mois de juin et au commencement de septembre. Il n'est pas très rare dans certaines parties de la France.
SPHINGIDES.
DEILEPHILA NERII. PI. 3 , fig. i et 2.
Viridis, capite porreclo , fascia laterali punctata alba,oculis duobus cœruleis albido pupillatis, cornu abbreviato. Variât colore fusco.
Sphinx nerii. Linn. , Fab. , Ochs., Bork. , Esp. , etc.
HuBN. , Sph. , tab. 1 1 . — Larv. lepid. , II , Sph. , III , fig. i,a, b.
Sphinx du laurier-rose. God, , Pap. de France , Crépuscul. ,
pi. i3.
Sphinx du nérion. Ernst, Pap. d'Europe.
Cette chenille est aussi belle que l'insecte parfait. Elle appartient à la division de celles que l'on nomme vulgairement cochonnes, parceque, lorsqu'elles mangent , les deux premiers anneaux de leur corps s'alongent de manière à imiter le groin d'un cochon.
Le plus ordinairement elle est d'un beau vert pointillé de blanc sur les parties latérales. Les quatre premiers anneaux sont souvent un peu plus pâles que le reste du corps , et tirent un peu sur le jaune. Sur chaque côté on voit une bande latérale blanche ou un peu bleuâtre, allant du quatrième anneau à l'origine de la corne. On remarque sur le bord de cette bande des points de la mém^ couleur. Elle a aussi de chaque côté , sur le troisième anneau , un grand œil bleu pupille de blanc. La queue est courte, granuleuse, un peu courbée en arrière, et d'une couleur jaunâtre. Les pattes écailleuses sont d'un noir bleuâtre ; les pattes membraneuses sont vertes , avec la couronne jaune; la tête est de la couleur du premier anneau. Les stigmates sont noirâtres et bordés de jaune. Quand cette chenille est sur le point de se métamorphoser, la couleur qui est d'un beau vert passe au brun ou au jaune sale.
Il arrive quelquefois qu'elle est brune au lieu d'être verte , mais cette variété est peu commune. Le dessin est , du reste , tout-à-fait le même.
Dans le jeune âge elle est jaune avec la queue noire et très lonsue.
SPHINGIDES.
La chrysalide est très alongée, d'une couleur noisette, avec les anneaux finement pointillés de noirâtre. Sur le dos elle a une raie longitudinale noire qui s'étend jusqu'aux anneaux. Sur la poitrine il y a une raie longitudinale courte de la même couleur. Sur chaque stigmate il y a une tache noire très bien marquée. La pointe de l'extrémité est peu saillante.
La chenille se trouve , à la fin de Tété et à l'automne , sur le laurier-rose (nertuni oleander). Sa véritable patrie est l'Italie, la Morée , le midi de FEspagne, le Piémont , etc. ; elle habite aussi la Provence, le Languedoc , mais elle n'y est pas très commune. De temps en temps on la trouve dans les départements du centre de la France, et même aux environs de Paris. En 1 83 1 , M. Perrault, employé au Jardin du Roi , en a élevé plusieurs qui ont été trouvées dans un jardin près des Gobelins. Elle paraît préférer, au moins en France , le laurier-rose à fleurs doubles. M. Godet a fait en Pologne la même observation'.
L'insecte parfait que l'on a pris jusqu'en Normandie éclôt à la fin d'octobre et au commencement de novembre. Il y a même des chrysalides qui éclosent plus tard, et un certain nombre passe l'hiver pour propager l'espèce au mois de juin.
L'Europe n'est pas le seul pays qu'habite ce sphinx ; il se trouve sur tout le littoral de l'Afrique, à l'île Bourbon, à l'Ilede-France , à Madagascar et aux Indes orientales.
' De même que la plupart des chenilles cochonnes , cette espèce ne s enfonce pas dans la terre pour se chrysalider ; elle se fabrique une espèce de coque avec des débris de feuilles qu'elle réunit avec quelques fils de soie.
SPHINGIDES.
SMERINTHUS POPULI. PI. 6, fig. i, 2, 3.
Viridis lineis septem obliqids Jlavis ; cornu viridi; stigmatibus albis fulvo cinctis.
BoisD. , hid. meth. , p. 34-
Sphinx populi. Hubner, Sphing. , tab. 77, fig;. iL\. — Larv. lepid. , Sphing. , III , D. a, fig". i, a.
— OcHS. , Schmett. von Europ. , t. II, p. 252.
— Linn.,Fab., Borkh. , Illiger, Wien. Verz. , Schwartz, Brahm, etc.
Le sphinx du peuplier. Ernst, Pap. d'Eur. , pi. 1 16 , fig. 162.
Le sphinx à ailes dentelées. Geoff., Hist. des Ins. , t. Il,
Smérinthe du peuplier. God. , Pap. de France, Crëp. , pi. 20,
fig. 3.
Elle a beaucoup de rapport pour la forme avec celles de Quercus et d'Ocellata. De même que chez toutes les chenilles de Smerinthus, tant indigènes qu'exotiques, sa peau est chagrinée et comme rugueuse.
Elle est d'un vert pâle avec sept lignes jaunes obliques de chaque côté. Les stigmates sont blancs bordés de fauve ; la corne est d'un vert jaunâtre avec la base d'un vert un peu bleuâtre ; la tête est bordée de jaune ; les pattes écailleuses sont entrecoupées de jaunâtre et de rose ; les pattes membraneuses sont marquées extérieurement d'un trait ou d'un arc fauve ou orangé.
Souvent on trouve des variétés qui ont sur chaque côté deux ou trois rangées longitudinales de taches rouges ou d'un rouge brun. Dans d'autres, non seulement il n'y a pas de taches rouges, mais quelquefois on voit à peine la trace des raies obliques jaunâtres.
Une variété assez remarquable est celle qui est d'un vert presque blanc , et que l'on trouve particulièrement dans les forêts sur le tremble ou sur le peupUer blanc. Chez cette variété les bandes obliques sont à peine distinctes ; le plus or-
SPHINGIDES.
dinairement elle n a pas de points rouges ; quelquefois cependant on y remarque une ou deux rangées latérales de points roses plus ou moins prononcés.
La chenille de ce Smerinthus se trouve en juillet , mais surtout en septembre et octobre , sur les dilïerentes espèces de peupliers et de trembles, et quelquefois sur les saules et le bouleau.
La chrysalide est d'un brun noir, un peu plus raccourcie que celles de Tiliœ et de Quercus, avec une pointe à l'extrémité.
La métamorphose se fait en terre.
L'insecte parfait est très commun par toute l'Europe. Il éclôt en mai et juin pour la première fois , et en août et septembre pour la seconde.