‹ Collection iconographique et historique des chenilles; ou, Description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses, et des applications à l'agricultureChapitre 8 sur 12 · SI'HIN^IDES · texte numérisé non relu

SI'HIN^IDES

SMERINTHUS QUERCUS. PI. 3 , fiç. 2 et 3.

Subflavo-viridis lineis septem obliquis flavescentibus ; cornu viridicyaneo ; capite linea flavo-rosea marginato ; pedibus veris rubellis.

FAB.,£n?., S. 111,356.

HuBN. , Sphing. , tab. i5. — Larv. lepid., Sphingid. legit. ,

fig. I à 6.

OcHS. , Schmett. von Europ. , t. II , p. 255 , n° 4- BoRK. , WiEN. Verz. , Illiger , etc.

GoD. , Pap. de France , Crépuscul. , pi. 17 tert. , fig. 3. Le sphinx du chêne. Ernst, Pap. d'Europe.

Cette chenille est généralement plus grosse que celle de Smerinthus Populi; elle est toute verte, d'une teinte un peu jaunâtre en dessus , un peu blanchâtre en dessous , avec une ligne longitudinale plus pâle sous le ventre.

Elle a de chaque côté, à partir de la queue jusqu'au troisième anneau , sept lignes obliques , transverses , d'un blanc jaunâtre, et sur les trois premiers anneaux en dessus, des lignes flexueuses longitudinales peu marquées. La queue est d'un vert un peu bleuâtre. La tête est verte, chagrinée, en forme de triangle, avec deux lignes roses qui, partant du sommet , vont en s'éloignant jusqu'à la base des palpes.

Les pattes écailleuses sont d'une couleur rosée, les autres ont le bord jaunâtre. Les stigmates sont oblongs avec la marge d'un rouge rose ; le disque n'est qu'une ligne jaunâtre. Tout le corps est chagriné.

Cette chenille est commune aux environs de Montpellier sur le chéne-vert [quercus ilex). On la trouve aussi en Autriche et en Hongrie.

On la trouve depuis la fin de juillet jusque dans le mois de septembre.

Les chenilles se transforment sous la mousse sans faire de coque. La chrysalide est d'un rouge- brun foncé, assez alon-

SPHINGIDES.

gée, mamelonnée à l'extrémité, et terminée par une pointe épaisse obtuse ,trifide à la loupe.

L'insecte parfait éclôt au mois de mai après avoir passé rhiver sous l'état de nymphe.

SPHINGIDES.

SMERINTHUS OCELLATA. PI. 7, fig. 2, 3 et 4.

Rugulosa viridis vei thalassino-viridis, fasciis lateralibus obliquis alteraque longitudinali collari, albidls; cornu cœruieo apicenigro.

BoiSD. , Ind. metli. , p. 34-

Sphinx ocellata. Linn. , Syst. Nat., 1,2, 796, i.

Fab. , Ent. Syst., III , i , 355 ,1. — Illig. , Schjsff. , Scop.,

BoRKH. , etc.

Esp. , Sclimelt. , II tli. , tab. i, S. 27. Sphinx salicis. Hubn. , Sphing. , tab. i5, fig. 73. — Larv.

lepid. , II , Sph. , III , D , a , fig. 2 , a , 6. Le sphinx demi-paon. Geoff., Hist. des Ins., t. II, p. 79,

Ernst, Pap. d'Europe, pi. 119, fîg. i64- Smérinthe ocellé. God., Pap. de Fiance, pi. 20, fig". 2, p. 68.

Cette chenille , de même que toutes celles du même genre , a la peau rugueuse et comme chagrinée , et la tête triangulaire.

Tantôt elle est d'un vert-pomme , et tantôt d'un vert glauque , pointillée de blanchâtre. Sur chaque côte , à partir du quatrième anneau inclusivement , elle a sept bandes obliques blanchâtres, dont la dernière vient se terminer à l'origine de la queue. Elle a en outre sur les trois premiers anneaux deux raies blanchâtres presque parallèles , finissant sur le milieu du quatrième anneau. Ces deux lignes sont un peu plus rapprochées sur le premier anneau que sur les suivants. La tête est dun vert bleuâtre, bordée de jaune, et rugueuse. Les stig» mates sont d'un blanc faiblement incarnat , bordés de pourpre-violàtre. La queue est chagrinée d'un bleu-ciel , avec l'extrémité noirâtre ou verdâtre. Le dessous du corps est d'un vert glauque assez foncé , pointillé de blanc , ainsi que les pattes membraneuses, qui ont la couronne violâtre. Les pattes écailleuses sont un peu rougeâtres.

Dans les individus verts , les bandes sont ordinairement

SPHINGIDES.

d'un blanc jaunâtre ou presque jaune , et les stigmates sont plus violâtres.

Elle vit sur les saules, principalement sur le saule pleureur, salix babylonica, sur les populus nigra, fastigiata et tremula, sur le pommier, malus coinmunis, et quelquefois sur le prunellier, prunus spinosa, Tamandier, aniygdalus communis. Elle est ordinairement parvenue à toute sa grosseur dans le courant d'août ou même plus tôt.

La chrysalide est d'un noir-brun violâtre , cylindroïde , un peu renflée au milieu , arrondie à l'extrémité postérieure , et terminée par une pointe courte presque obtuse. Elle passe l'hiver et éclôt à la fin d'avril ; mais dans certaines années il y a des individus hâtifs qui naissent à la fin d'août ou au commencement de septembre.

La chenille se trouve communément dans une grande partie de l'Europe. Pour se métamorphoser elle s'enfonce dans la terre. Lorsqu'elle se nourrit sur des saules dont l'intérieur est creux , le plus souvent elle ne descend pas à terre ; elle se chrysalide dans le détritus dont la tête de ces vieux arbres est ordinairement remplie.

SPHli\GlDES.

SPHINX LIGUSTRI. PI. 2, fiy. i et?..

Viridis .fasciis obliquis violaceis, cornu arcualo nigro.

Sphinx ligustri. Linn., Fab. , Ochs, etc.

— HuBN. , Europ. schmett. Larv. sph. , fig^, 2.

Sphinx du troène. God. , Pap. de France crépuscul. , pi. 1 5.

Variét. Sphinx spireœ. Hubn. , Esp.

Elle est d'un beau vert-pomme , et elle a sur chaque côté sept raies obliques , violettes à leur partie antérieure , et blanches à leur pai tie postérieure ; les stigmates sont d'un jauie orangé; la corne est longue, arquée, lisse, d'un noir luisant en dessus , et jaunâtre en dessous ; les pattes écailleuses sont d'un jaune pâle, et les pattes membraneuses vertes avec l'extrémité noirâtre.

La chrysalide est d'un brun-marron avec l'étui de la trompe détaché, recourbé, laissant peu d'intervalle entre lui et la chrysalide proprement dite. La pointe de la queue est assez prononcée.

On trouve assez communément la chenille, depuis la fin de juillet jusqu'à la fin de septembre, sur le troène [ligustrum vulgare) , le lilas [syringa vulgari's) , le frêne {fraxinus excelsior). On la rencontre aussi quelquefois sur quelques spirœa frutescentes , le laurier-tin ( vibwnum laurus-tinus ) , le laurier-rose (nerium oleander) , le lantane [vibumum lantana) , l'obier (^vibumuni opulus), le houx [ilex aquifoliwn) , le micocoulier [celtis australis), le symphoricarpos par^iflora^ la lauréole [daphne laureola) , etc.

Quand elle est sur le point de se métamorphoser, sa couleur devient d'un jaune feuille morte sur le dos ; elle s'enfonce dans la terre , et l'insecte parfait éclôt au mois de juin de l'année suivante.

Nous ne voyons pas que la chenille du sphinx Di upi ferarum, dessinée par Abbot, ofPre aucune différence ; cependant l^^s deux papillons se ressemblent peu.

SPHINGIDES.

SPHINX CONVOLVULI. PI. 2, fijj. 3 et 4.

Fusca velviridis, Lineis duabus dorsalibus fasciisque obliquis obscurioribus; capite cornuque sœpiits ferrugineis.

HuBN., Sphing. , tab. i4. — Larv. lepid., II, Sphing. , III, %• i,a, b.

LiNN. , FaB. , OCHS. , BORK. , HuBN, , BoiSD. , CtC.

Sphinx du liseron. Ernst, Pap. d'Europe. Sphinx à cornes de boeuf. Geoff. — God. , Pap. de France, Crép., pi. 16.

Cette chenille varie à Tinfini , non seulement pour le dessin , mais aussi pour le fond de la couleur, qui est tantôt d'un beau vert , tantôt d'un vert foncé , très souvent d'un brun clair, et quelquefois d'un brun foncé.

Dans les individus verts on observe trois variétés. La première est d'mi beau vert avec deux rangées de points noirs le long du dos et sept bandes blanches latérales obliques , et la corne fauve en dessus et noire en dessous.

La seconde variété est d'un vert foncé avec deux raies noires le long du dos et sept bandes obliques de la même couleur sur les côtés.

La troisième variété est verte avec six rangées longitudinales de taches noirâtres ou brunâtres , avec la tête et la corne ferrugineuses.

Les individus bruns ne varient pas moins.

La première variété qui est assez commune est d'un brun olivâtre avec deux raies noirâtres le long du dos et sept bandes obliques de la même couleur sur les côtés. La tête, le premier anneau et la corne sont d'un roux ferrugineux, ainsi que les contours de la dernière paire de pattes membraneuses. On remarque aussi sur chaque incision et de chaque côté un gros point blanchâtre carré ou arrondi plus ou moins marqué.

Dans la seconde variété les trois anneaux antérieurs sont rayés longitudinalement de blanchâtre.

SPMINGIDES.

La troisième variété est entièrement brune avec le dos plus obscur.

Outre ces six variétés , il n'est pas très rare d'en trouver d'intermédiaires ; mais dans presque toutes le corps de la chenille est coupé transversalement par une multitude de lignes noires très fines.

Cette chenille vit sur plusieurs espèces de convolvuius, mais particulièrement sur Yarvensis. Il est rare de la trouver sur le sepium. On la rencontre aussi quelquefois sur le convolvuius tricolor etYipomea coccinea, que l'on cultive dans les jardins , etc. Lorsqu'on veut se la procurer il faut la chercher en juillet dans les champs , sur le convolvuius arvensis, parmi les plantations de pommes de terre et de haricots ; elle y est assez commune, et ses grosses crottes facilitent beaucoup sa recherche. Elle se trouve par toute l'Europe , dans une grande partie de l'Afrique , à l'Ile-de-France , à l'île Bourbon , à Madagascar, au Bengale , à Java , et même à Taïti dans l'Océan Pacifique. Dans cette île elle vit sur le convolvuius peltatus.

La chrysalide ressemble un peu à celle de Ligustri; mais elle est peut-être un peu plus grosse. Elle est de même d'un brun-marron ; la gaîne de la trompe est beaucoup plus saillante et repliée sur elle-même.

L'insecte parfait éclôt en septembre de la même année ; mais souvent une partie des chrysalides passe l'hiver et n éclôt qu'à la fin de mai ou au commencement de juin de Tannée suivante.

La métamorphose se fait en terre comme pour Ligustri.

SPHINGIDES.

BRAGHYGLOSSA ATROPOS. PI. 8, %. i, 2 et 3.

ViridiSy veljiavo-viridls, sœpius antice posticeque flava ; dorso cceruleo nigro punctato fasciis oblirittis luteralîbus jlavis ; Covnu granulata apice uncinato.

Sphinx atropos. Linn. , S. N , 1 , 2 , 799 , 9. — ^Fab. , Ochs. , etc. HuBN., Spbing. , tab. i3,fig-. 68. — Larv. lepid., II , Sphiiig^. ,

III, legit. ,C, a, fig. i , a, b. , Le sphinx à tête de mort. Geoff., Hist. des Ins. , II , 85 , 8. Ernst, Pap. d'Europe, pi. io5, 106 et 122. GoD. , Papill. de France, Ilî, pi. i4, figf- i-

Cette belle chenille est la plus grande qui existe en Europe. Ordinairement ses trois premiers anneaux sont entièrement d'un jaune verdâtre. Le reste du corps est d'un vert un peu jaunâtre, orné d'une suite de larges chevrons, dont la base est placée à la partie antérieure de chaque anneau , et dont la pointe atteint sur le dos le côté postérieur de l'anneau suivant, de. sorte qu'ils entrent les uns dans les autres. Ces chevrons sont d'un beau bleu d'azur ou d'un violet foncé ; mais dans beaucoup d'individus ces deux couleurs se fondent l'une avec l'autre. Chaque chevron est marqué de quelques plis transversaux , et fortement ponctué de noir. Ces mêmes chevrons sont ordinairement lisérés sur leur côté interne par une ligne blanche plus ou moins prononcée, qui les sépare d'une bande oblique d'un beau jaune. La pointe du dernier chevron atteint le sommet du onzième anneau , où est située une grosse corne jaune couverte de petits tubercules semblables à de petits grains de millet. Cette corne est inclinée en arrière , déliée à son extrémité , où elle se recourbe en dessus en forme de crochet. Les stigmates sont noirs , ovales , cerclés de blanc plus ou moins jaunâtre. Les pattes membraneuses sont d'un vert jaune , avec la couronne d'un brun noir. Les pattes écailleuses sont noires , marquées de points blancs , d'où naissent de petits poils gris. La tête est de la couleur du premier anneau , avec un large trait noir de chaque côté.

SPHINGIDES.

On rencontre très fréquemment une variété dont les trois premiers et les deux derniers anneaux sont presque jaunes. Dans une autre aussi fort commune , ces parties sont du même vert que le fond , et les chevrons sont d'un beau bleu d'azur à peine teintés de violet sur leurs bords. On trouve aussi des individus dont tout le fond est jaune , et dont les chevrons sont entièrement violets. Il en existe d'autres qui sont très remarquables , en ce que le fond est d'un gris brunâtre , pointillé de blanc, avec les chevrons d'une couleur plus obscure. Cette variété même offre quelquefois une sous-variété , dans laquelle les premiers anneaux sont presque blanchâtres. En un mot , cette chenille varie extrêmement.

En Europe cette chenille vit sur différentes espèces de solanées , mais particulièrement sur la pomme de terre , solarium tuherosum , le lyciet , lycium harbarwn et ewopœum, et quelquefois sur le jasmin , et même sur les fèves , faba vulgaris. On la trouve depuis la mi-juillet jusqu'en octobre. Parvenue à toute sa grosseur, elle entre dans la terre où elle se forme une coque agglutinée.

La chrysalide est cylindrico- conique, aplatie, d'un brunmarron luisant, avec les incisions des anneaux légèrement chagrinées et d'une couleur un peu plus obscure. L'anus est armé d'une pointe noire rugueuse, qui se bifurque à son extrémité. Les stigmates sont bruns ; les quatrième , cinquième et sixième sont précédés par une saillie coupante , transversale. Elle éclôt ordinairement au bout de trente à quarante jours. Les chenilles que Ton trouve à la fin de septembre et en octobre, et qui proviennent souvent d'une seconde génération , restent en chrysalide jusqu'à la fin de mai de l'année suivante. Quand les gelées viennent de bonne heure , il arrive très fiéquemment qu'une partie de ces individus tardifs périt avant leur métamorphose.

L'insecte parfait se trouve dans une grande partie de l'Europe méridionale et tempérée. Il habite aussi toute l'Afrique et les Indes orientales.

ZYGÉNIDES.

ZYGiENA FILïPENDULiE. PI. i , fig. i , 2 et 3.

Pubescens , flavido-virescens , macuLis dorsalibus biseriatis lateralibusque uniseriatis nlgris ; punctis lateralibus luteis.

OcHs., Schmett. von Europ., II , p. 54-

BoisD. , Monog. des Zygen. , p. 69 , pi. 4 , fig. i- ,

Sphinx fiUpendidœ. Linné, Fab. , Scop. , Illig. , Vièweg,

ScH^FF. , WiEN. Vep.z. , etc.

HuBN. , Spliing. , tab. 5 , fig. 3i. — Larv. lepid., II, Sphing. ,

Pap. , 6, c , /", r , c, c/.

Zygène de la filipendule. God. , Papillons de France, t. III,

pi. 11 , fig. 2 , p. 127.

Le sphinx bélier. Geoff., Hist. des Ins. , II , p. 88, n° i3. Le sphinx de la filipendule. Ernst, Pap. d'Europe , III, 97, fig. 137. a—/.

Elle est d'un vert jaunâtre ou d'un jaune verdâtre ; son corps est garni de petits poils fins, assez courts, disposés par petites touffes. Sur son clos sont deux rangées de taches noires, coupées par les incisions , plus petites sur les deux premiers et sur les deux derniers anneaux. Un peu au-dessus des stigmates est une autre rangée de taches noires plus petites, se réunissant quelquefois en partie dans certains individus de manière à former une raie noire sinueuse , à peine interrompue. Entre cette bande et la précédente, on observe une rangée de points jaunes , quelquefois réunis en une ligne continue. Les stigmates sont noirs et très petits. La partie qui les supporte est tantôt du même ton que la couleur générale , et tantôt d'un jaune assez vif jusqu'à la base des pattes. La tête et les pattes écailleuses sont noires. Les pattes membraneuses sont d'un vert plus ou moins jaunâtre , quelquefois marquées d'une petite strie noire sur leur côté externe.

Les petites chenilles éclosent comme la plupart des espèces congénères à la fin de l'été ; elles passent une partie de l'automne et l'hiver dans l'engourdissement jusqu'au mois d'avril. A la fin de juin , ou même plus tôt , suivant les localités , par-

ZYGÉNIDES.

venues à toute leur grosseur, elles filent un cocon alongé, fusiforme, presque de la consistance du parchemin, un peu plissé ou ridé dans le sens de la longueur, d'un jaunepaille foncé dans sa moitié inférieure, et d'un blanc légèrement jaunâtre dans sa moitié supérieure, quelles attachent au. chaume des graminées , des joncs , ou à la tige d'autres plantes basses.

La chrysalide est un peu molle comme toutes celles du genre , d'une couleur brune , avec les anneaux de l'abdomen d'une teinte jaunâtre plus ou moins foncée.

L'insecte parfait éclôt après quinze à dix-huit jours de métamorphose. Il est commun dans une grande partie de l'Europe.

ZYGÉNIDES.

ZYGiENA HIPPOCREPIDIS. PI. i , fig. 4, 5, 6 et 7. Pubescens, viridi-lutescens, lineis duabus maculariis dorsalibus nigris,

BoiD. , Monog. des zygén. , pi. 4 , fig- 2 , p. 76. , : ,j^ j„,j

OcHS. , Schmelt. von Europ. , 2, p. 63.

Sphinx hîppocrepidis. Hubn. , Sphing., tab. 5 , fig. 82. — S. loti.,

tab. 17, fig. 83. — Larv. lepid., 2, Spli., i, fig. 2, a, b,c. Zygène de l'hippocrèpe. God. , Pap. de France. Variét. Zygène du cytise. God., Pap. de France, III, pi. 22,

fig. 6.

La couleur de cette chenille est d'un vert pâle, un peu jaunâtre , sur-tout en dessus. Elle a sur le dos deux séries longitudinales de taches noires , placées deux à deux sur chaque anneau ; Tune des taches est plus ou moins arrondie . l'autre presque linéaire. Au-dessous de ces taches on voit une bande jaune plus ou moins tranchée. Il existe sur les côtés une ligne noire interrompue, plus ou moins marquée, manquant quelquefois complètement , sur laquelle sont placés les stigmates qui sont petits , orbiculaires , à bordure épaisse noire , envahissant parfois tout le stigmate , mais au centre de laquelle on aperçoit d'autres fois un petit point blanchâtre.

Au-dessous des stigmates , il existe quelquefois une autre ligne noirâtre , qui manque le plus souvent.

Le corps porte de petites touffes de poils courts , peu épaisses , rangées circulahement.

La tête est très petite , noire , avec une plaque blanchâtre au-dessus de la lèvre supérieure ; elle peut se cacher entièrement dans le premier anneau.

Les vraies pattes sont noires à leur face externe ; les autres sont jaunâtres.

Pour se métamorphoser, elle file le long des tiges une coque jaune en forme de bateau, un peu pUssée, plus courte que celle de Filipendulœ.

La chrysalide est noirâtre.

ZYGÉNIDES.

Cette chenille vit principalement sur Y/uppocrcpis comosa et le lotus comiculatus, etc. Elle se plaît sur les collines exposées au midi et dans les lieux un peu secs. Elle est très commune dans le centre de la France.

Elle se métarmorphose à la fin de juin ou au commencement de juillet. L'insecte parfait éclôt au bout de quinze à dix-huit jours.

ZYGENIDES.

ZYGiENA PEUCEDANI. PI. 2, fig. i, 2 et 3.

Pubescens flava , linea média, macidis dorsalibus biserîatis, lineiscjuc lateralibus duabus, interi^ptis , nîgris.

Boisr». , Monog. , pi. 4 5 ^S- ^•

OcHS, , Schmett. von Europ. , IT , p. yo , n" 20.

GoD. , Pap. de France, t. III, pi. 22 , fig. 3.

Sphinx peucednni. Hubn. , Sphing., tab. i6, fig. 75,76. —

Sphinx œaCLis , tab. 3, fig. 18.

Zygœnafilipendalœ. Var. Fab., Enl. Syst. , III, i, p. 286, i. Spbinx du peucedan. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 48, fig. i3g,

a,e. — Sphinx éaqixe , pi. 212, fig. i48, a, 6.

Elle est un peu plus grosse que la Filipendulce, et entièrement d'un jaune -pâle ou d'un jaune tirant un peu sur le vert. Son' corps est garni de petits poils blanchâtres , peu nombreux et disposés par petites touffes. Sur le vaisseau dorsal, elle a une laie longitudinale noire , ordinairement interrompue sur le premier anneau , et peu marquée sur les deux derniers. De chaque côté de cette raie , est une rangée de douze taches noires assez grosses, placées au commencement de chaque anneau. Au-dessus des stigmates , on voit une seconde rangée de taches semblables, mais plus petites et plus alongées, et formant presque une raie interrompue. Les stigmates ne sont visibles qu'à la loupe, et au-dessous d'eux, près de la base des pattes, il y a ordinairement une raie, étroite, noire, interrompue. La tête est noire avec la lèvre supérieure blanchâtre. Les points noirs du premier anneau sont plus petits que les autres, et peuvent même disparaître. Les pattes écailleuses sont noires. Le dessous du ventre et les pattes membraneuses sont de la couleur du fond.

Elle vit, comme la plupart des espèces congénères, sur le trèfle des prés , tt-ifolium pratense ; l'hippocrèpe vulgaire , hippocrepis comosa ; les lotiers , lotus corniculatus et siliquosus ; la coronille variée, coronilla varia. On la trouve à la fin de

ZYGÉNIDES.

mai dans les prairies élevées et dans les clairières des bois .

Elle se métamorphose comme les espèces voisines, en fixant son cocon aux tiges des herbes. Celui-ci est d'un blanc satiné , luisant, aplati sur son milieu, et relevé par quatre petits angles saillants.

La chrysalide est à-peu-près comme celle de la Filipendulœ.

L'insecte parfait éclôt à la fin de juin , et il se trouve çà et là dans le centre d'une grande partie de l'Europe.

La figure qu'Esper a donnée de cette chenille ne lui ressemble en rien. Celle que nous avons fait figurer a été trouvée en i83.3 par M. Pierret fils, entomologiste non moins instruit que zélé.

ZYGENIDES.

ZYG.ïlNA LONICERiE. PI. 2, %. 4 et 5.

Pubescens glauce subflavo-virescens, pllis lungîorihus, maculis dorsalihus biseriatis, lateralibus uniseriatis, linea ad basi'u pedtim obsoletn interritptaqiœ, nicjris ; punctis lateralibus luteis.

BoiSD. , Monog., pi. 1 1 1, fig. 8. Var.

OcB.s., Sclimett. vonEur., II, p. 5o.

OoD. , Pap. de France, t. III, pi. 11 , fig. 4-

Zygœna loti. Fab. , Eut. Sjst. , III, i, 137, 3.

Sphinx lonicerœ. Hlbn., Spliing. , tab. 11 , H{j;. 7. — liUiv.

lepid. , II, Sphing. , I, Pap. , B, G, fig-. 1 , a, b. Sphinx des graminées. Ernst, Pap. d'pjurope, ÏII, pl./[8,

fif}. 1 38 , a-d.

Elle est à-peu-près de la taille de la Filipendulœ , à laquelle elle ressemble beaucoup pour le dessin ; mais elle est ordinairement d'un vert-jaunâtre terne ou d'un vert un peu glau({ue. Son corps est garni de petits poils noirâtres beaucoup plus longs et plus fournis que dans la Filipendulœ , et disposes de même par petites touffes. Sur son dos sont deux rangées de taches noires plus grandes , plus carrées que dans la Filipendulœ, placées de même deux par deux sur chaque anneau. Sur les parties latérales, un peu au-dessus des stigmates, est une autre rangée de taches noires plus étroites, quelquefois un peu crochues par en bas, se regardant par leur concavité, de manière à se réunir inférieurement pour former sur chaque anneau une espèce de fer à cheval. Entre cette bande et la préoédente , il y a comme dans la Filipendulœ une rangée de points jaunes. Les stigmates sont noirâtres, très petits et à peine visibles. Entre eux et la base des pattes, il y a une raie noire interrompue et plus ou moins marquée. Cette raie manque presque constamment dans la Filipendulœ, ou, lorsqu'elle existe, elle est à peine distincte. La tête et les pattes écailleuses sont noires; les pattes membraneuses sont d'un jaune verdatre. Le ventre est un peu plus pâle que la couleur du fond.

ZYGÉNIDES.

Elle vit dans les prairies humides et dans les allées ombragées des bois, sur les trifolium et sur les lotus; et on la trouve très rarement dans les lieux arides et les prairies élevées, que recherchent de préférence la Filipendulœ et YHippoprepîdis.

Les chenilles éclosent en été , et passent Fhiver très petites dans Fengourdissement. Elles commencent à se montrer en avril et acquièrent leur accroissement en mai ; alors elles filent un cocon fusiforme , moins alongé que celui de la Filipendulœ, de la même consistance , et entièrement d'un jaune paille. Elles attachent ce cocon aux tiges des joncs ou des graminées.

La chrysalide est à-peu-près comme celle delà Filipendulœ.

L'insecte parfait éclôt après quinze à dix-huit jours de métamorphose. Il est commun dans une grande partie du centre et du nord de l'Europe.

UJ

ZYGÉNIDES.

ZYG^NA SAPORTiE. P1.3,fig. i.

Viridis pilis densioribus substeUatis , maculis dorsalibas biseriatis capiteque nigris , utrinque punctis flavis lineatim digesth ; stîgmatibus nîgris.

BoiSD,, Ind. meth. , Suppl. , p. ■>..

Monog. des Zyg., errata et addenda, p. i.

Zygœna mînos. Var. Boisd. , Monog., pi. i , fig. 7. -

Zygœna erytrhus? Ociis. , Schmett. von Europ., II , p. 21, n' 1.

Sphinx eijthrus. Hubn. , Sphin^. , tab. i8 , fig. 87.

Elle est d'un tiers plus grande que le Filipendulœ, et elle est d'un vert plus ou moins glauque, ou plus ou moins intense, avec les incisions un peu plus claires. Son dos est marqué de deux rangées de points noirs, disposés un à un au commencement de chaque anneau. De chaque côté , au-dessous de cette rangée, est une série de points jaunes en relief, placés un à un près du bord postérieur des anneaux, excepté sur les trois premiers et les deux derniers qui en sont très souvent dépourvus. Les stigmates sont noirs , à rebord épais et à disque enfoncé. Outre cela , tout le corps est garni de petits bouquets de poils d'un blanc jaunâtre, étoiles et disposés circulairement. Le dessous du ventre est un peu plus pâle que le fond. Les pattes membraneuses sont de la couleur du ventre ; les écailleuses et la tête sont noires.

Elle se trouve au printemps sur le chardon-roland', eryngium campestre. Lorsqu'elle est parvenue à toute sa taille , elle file une coque fusiforme qu'elle attache , soit à la plante sur laquelle elle a vécu, soit aux tiges voisines.

L'insecte parfait éclôt après quinze jours de métamorphose. Il se trouve en Provence , en Calabre et en Sicile.

Cette chenille a été découverte par M. le comte de Saporta aux environs de Saint-Maximin , et à Hyères par M. Meis-

ZYGÉNIDES.

sonnier, qui a eu robligeance de nous l'envoyer en nature. Elle est sur-tout remarquable par ses poils plus longs et plus hérissés que dans aucune autre espèce.

ZYGENIDKS.

ZYG.ENA SARPEDON. PI. 3 , fig. 2 et ..

Pubescens albido-rnridi-g laucescens lineis tribus dorsalibus albidis vel rufescentibus fiavido annulatim punclatis ; punctis minutis utri)itfue uniserialis, stigmatibus capiteque nigris; collari rubro-roseo.

BoKD. , Monogf, pi. 2 , fig. 7 et 8.

OcHS., Schmett. vonEurop., II, p. 38, n° 8,

GoD. , Pap. de France, III, pi. 22 , fiy. 8. —Z/yœna Cynam,

ibid.,fig. 7.

Sphinx sarpedon. Hubn., Sphing. , tab. 1 1 , fig. 9. Sphinx trimacuiata. Esp., Schmett., II th. , tab. !\o , cont. i5 ,

fig. 7 et 8.

Elle est de la taille de la Melîloti, à laquelle elle ressemble un peu par la couleur du fond, qui est le plus souvent d'un vertglauque un peu blanchâtre. Elle a sur le dos une raie blanche , quelquefois jaunâtre ou roussâtre, marquée d'une rangée de points jaunes. Un peu plus bas, on remarque une rangée de petits points noirs, dont un par anneau. Au-dessous de ceux-ci , il y a une raie pareille à la dorsale et mar([uée de même de points jaunes. Les stigmates forment près des pattes une rangée de petits points noirs ; ils sont saillants, à bordure épaisse, et ils ont quelquefois une petite éclaircie au centre. Le premier anneau a sur son bord antérieur un collier d'un rouge-rose, jaunâtre en dessous. Chaque anneau offre en outre de très petits tubercules noirs, d'oii naissent de petits bouquets de poils blanchâtres, rangés circulairement comme dans les espèces analogues. La tête est noire. Les pattes écailleuses sont en grande partie noires ; les membraneuses sont, jaunâtres.

Cette chenille vit par petits groupes en mai et juin, sur le cbardon-roland , erjngium campestre.

Lorsqu'elle est pour se métamorphoser, elle forme au pied de la plante, sous les feuilles de Xerynginm, une coque oblon

ZYGÉNIDES.

gue , d'un jaune roussâtre , comprimée , avec deux côtes saillantes et quelques bosselures.

La chrysalide est rousse, avec le ventre d'un jaune verdâtre.

L'insecte parfait éclôt en juin et juillet, et se trouve sur les collines arides du centre et du midi de la France, de l'Italie et de l'Espagne.

Il ne faut pas confondre cette chenille avec celle dune autre espèce très voisine , que nous avons fait représenter dans notre Icônes des Lépidoptères nouveaux , sous le nom de Zygœna Contaminer, qui vit dans les Pyrénées sur Yeryngiwn amethystinum.

ZYGÉMDE3.

ZYG^NA CORSICA. PI. 3,fi<;. 4et5.

Cinerea pubescens linea dorsali macui'sqve lateralibus lineatis, obso' letis , albiclis , macrdis nîgrh luteisque altemis dorsalibus biseriatis ; collari luteo.

BoisD. , Monog., pi. 5, fig. 2.

BoiSD. , Ind. meth. , p. 36.

Rambur, Lépid. de Corse , in Annal, de la Socie't. eut., i83'?, ,

pi. 7, fig. 5 et 6.

Elle est d'un gris-foncé un peu bleuâtre, et à la loupe son corps paraît très finement pointillé de noir. Sur le vaisseau dorsal , elle a une ligne blanchâtre peu marquée , qui n'est quelquefois sensible que sur le bord postérieur des anneaux. De chaque côté de cette ligne, est une série longitudinale de taches triangulaires d'un noir profond, disposées une à une sur le bord antérieur de chaque anneau , et alternant avec des taches jaunes placées sur la partie postérieure des segments. Cependant ces dernières sont souvent un peu plus basses que les premières. Les stigmates sont arrondis , un peu brunâtres, avec la bordure noire et saillante. Les petits tubercules pilifères qui sont au-dessus , et ceux qui sont à la base des pattes membraneuses, forment des groupes saillants comme dans les Chelonia, mais plus larges , et surmontés comme ceux qui sont sur le reste du corps , par de petits bouquets de poils blanchâtres ou brunâtres. Les pattes membraneuses sont de la couleur du corps. Les pattes écailleuses et la tête sont noires. Le premier anneau qui est un peu rétractile , et qui dans le repos se cache dans le deuxième , est bordé antérieurement de jaune.

Cette chenille vit au printemps dans certaines parties de Tile de Corse sur la santoline blanchâtre, santolina incana. Pour se métamorphoser, elle file le long d une tige une coque presque ovoïde, un peu comprimée, d'un roux pâle, luisante, d'une consistance papyracée , ayant plusieurs plis longitudinaux.

■ ZYGÉNIDES.

La chrysalide est courte , assez épaisse , noirâtre , plus foncée sur l'enveloppe des ailes. Sa face dorsale est elliptique, avec les antennes si saillantes qu'elles paraissent n'être qu'appliquées sur la nymphe. Les pattes postérieures s'avancent jusqu'au dernier anneau. L'enveloppe des ailes est d'un rouge très obscur. Les anneaux du ventre sont d'un roussâtre pâle.

L'insecte parfait éclôt en juin. Il n'a encore été trouvé que dans l'île de Corse.

ZYGÉNIDES.

ZYG^ENA RHADAMANTHUS. PI. 4, fig. i-3.

Pilostda, cinerea, vittls duabus dorsalibns nigris , punctisqiie lateralibus Jlavis ; collari rubro.

BoiSD. , Ind. meth., p. 3^.

BoiSD., Monog. des Zygénides , pi. 5, fig. 8.

OcHS. , Schin. , II, p. 86, 24-

GoD. , Papil. de France, III , pi. 22 , f. g.

Sphinx rbadamanthns. Hcbn. , Sphing. , tab. 4» %• ^3.

Esp. , Schm., II, th. , tab. 4o. Cont. i5, fig. 1-2.

BoRKH. , Rhein. Magaz., I , B. 8. , 644? 22.

Elle est d'un fjris blanchâtre ou plutôt d'un gris de perle, garnie de petites touffes de poils blanchâtres , comme les espèces congénères. Le dessus du dos est marqué de chaque côté d'une bande longitudinale noire , quelquefois un peu interrompue dans les incisions. Au-dessous de cette bande , le fond est un peu plus blanc , et offre une série de sept points d'un beau jaune, dont un par anneau , h partir du troisième jusqu'au dixième inclusivement. Entre les points jaunes et les pattes, il y a deux raies d'atomes noirâtres plus ou moins prononcées.

Le premier anneau est noir , bordé antérieurement par un collier rouge; la tête est également noire; le ventre est grisâtre avec les pattes membraneuses rougeâtres; les pattes écailleuses sont noires, avec la base un peu rougeâtre.

Elle vit depuis janvier jusqu'en février sur le doiycnium siiffruù'cosum.

Pour se métamorphoser , elle se retire sous les pierres , où elle forme une coque ovoïde , blanche , de la consistance de

ZYGENIDES.

la coquille d'œuf , et qui , vue de côté , a quelque rapport avec un haricot.

L'insecte parfait se trouve assez communément en Languedoc, dans quelques parties de la Provence et en Espagne. — Gustave Daube.

ZYGENIDES.

ZYGiENA OCCITANICA. PI. 4, %. 4-6.

Ptlosula, gtauco-viridis dorso albido, maculis Jlavis biserîatis; punctis : minutis quadriseriatis capiteque nigris.

BoisD. , Ind. metlu, p. Sy.

Rameur, m Ann. des Scienc. d'Observat.

BoiSD. , Monog. des Zygénides , pi. 6, fig. 3. OcHs. , Sclim. von Europ., II , gS , 26. ,

GoD. , Papil. de France, III, pi. 22, f. 12. Sphinx phacœ. Hubn. , Sphing. , tab. 22 , fig. 1 16-107. Sphinx occilannica. Devill. , Ent. , Linn. , II, p. ii4j Sg, tab. 4} f. 21.

Elle a le même port que YOnobrychis.

Elle est d'un vert tendre, un peu glauque, avec le dos presque blanc. De chaque côté du dos, mais en tirant un peu vers les stigmates, elle est marquée d'une série de neuf taches jaunes , ovales , situées près des incisions , dont une par anneau , excepté le premier et les deux derniers qui en sont dépourvus. Un peu au-dessus de ces taches jaunes , on voit, sur les mômes anneaux, une série de très petits points noirs, dont un dans chaque incision et une autre sur le milieu de chaque segment.

Les stigmates sont noirs et s'alignent avec deux ou trois petits points de la même couleur ; la tête est également noire ; le dessous du corps et les pattes sont d'un vert glauque; outre cela le corps est garni de petites touffes de poils blanchâtres.

Elle vit, par petits groupes , sur le dorycniwn suffruticosuui pendant les mois de juin et de juillet; elle est Ordinairement parvenue à toute sa grosseur vers la mi-aoùt. Alors elle abandonne presque toujours la plante qui l'a nourrie, pour aller construire sa coque à l'extrémité de quelque plante élevée, souvent sur un brin de lavande.

Celle-ci est ovoïde , d'une belle couleur jaune-serin et de

ZtGÉNIDES.

la consistance de la coquille d'œuf. On en trouve aussi qui sont blanches , mais ces dernières ne donnent jamais de papillons ; il en sort un ichneumon.

L'insecte parfait éclôt après douze ou quinze jours de métamorphose ; il se trouve communément dans la France méridionale et en Elspagne. — Gustave Daube.

ZYGENIDES.

PROCRIS INFAUSTA. PI. 5, fig. i et 2.

Flavescens pilosula , vittis dorsallbus rubro-violaceis nigro limbatis.

BoisD., Ind. meth. , p. 38.

Jtychia infausta. Ochs. , Schm., III, p. 17 , 4*

Sphinx infausta. Hubn., Sphing. , tab. i, f. 5. — Larv.

lepid., 1 1. Sphing., l. Papilion., A. a, b. , fig. 4- a- LiNN. , S. N. I. 2. , p. 807 , 43.

Fab. , Ent. Syst. , III , i , 397 , 38. BoRKH. , Europ. Schm., II, th. S. 82, n" 23. — . Fuessl. ,

ScRiB., etc.

Esp., Schm., II . th., tab. 35. Cont. X, f. 4- Sphinx des haies. Ernst., Papil. d'Europ. , pi. io3, f. i5?. ,

Aglaope malheureuse. God. ,111 , Pap . de France, pi. 22 , f. 18.

Elle est jaune, garnie de petites touffes de poils comme les espèces congénères , avec deux bandes dorsales d'un, rose violet, séparées l'une de l'autre par la couleur du fond qui forme une bande médiane jaune , divisée par de petits traits noirâtres. Au-dessous de chaque bande violette on voit une raie noire, parallèle, suivie d'une raie blanche très sinuée, marquée de petits points noirs, et suivie elle-même d'une raie noire fortement sinuée. Les stigmates sont noirs et entourés de poils blanchâtres. Le dessous du corps est d'un jaune un peu blanchâtre. La tête est noire ainsi que les vraies pattes. Le premier anneau est grisâtre en dessus, avec la partie antérieure plus ou moins lavée de rose.

Elle se trouve pendant tous les mois de juin et de juillet sur l'aubépine (crato^M5 oxyacantha)Ae prunellier {prunus spinosa), l'amandier, etc. , dont elle ne mange ordinairement que le parenchyme des feuilles. Elle est si commune aux environs de Montpellier qu'à la fin de juillet il semble que toutes les haies d'aubépine et de prunellier aient été brûlées. Il ne reste plus

ZYGENIDES.

une feuille intacte , et il y a des années où iFpérit beaucoup de ces chenilles , faute de nourriture.

Elle file à fleur de terre une coque de soie blanche , dans laquelle elle passe à l'état de nymphe.

Celle-ci est très courte, de couleur jaunâtre, avec l'enveloppe des ailes plus foncée. L'insecte parfait éclôt après quinze jours de métamorphose. Il ne paraît qu'une fois par an, et se trouve communément dans tout le midi de la France. - - Gustave Daube.

CHELONIAIRES.

LITHOSIA COMPLANA. PI. 3, fi{j. i.

Nigrescens pilis brevis fasciculalis , macidis dorsalibus croceis biseriatis.

BoiSD. , Index nieth. , p. 4o.

OcHS., Schmett. von Europ., III, p. 129.

Bombyx plumbeola. Hubn. , Bomb. , 24, fig. 100. — Larv.

lepid. , III , Bomb. , II , F. a, b, fîg. 2 , a. BoRKH., Europ. schmett., III th., S. 243, n° 77. Noetua complana. Linn. , -S. iV., I, 2 , 84o, 1 15. Fab., Eut. aS"., 111,2, 24, 53. — Supp. Lithosia complana ,

Esp., WiEN. Verz. , Illig., Vieweg, Bossi,etc. Setina qxiadra. Schrank, Faun. 5. , 2, B. 2, abth. S. i65 ,

Le manteau à tête jaune. Geoff. ,Hist. des Ins. , t. II, p. 191,

Ernst, Pap. d'Europe, pi. 218, ^g. 3oi, a, 6, c. Lithosie aplatie. GoD.,Pap. de France, V, p. 41, %• 5, p. 16.

Elle est d'un noir brun avec les poils courts et réunis en petits faisceaux aigrettes. Sur le dos, à partir du quatrième anneau, il y a deux rangées de taches orangées, arrondies ou un peu ovalaires, marquées de blanc à leur partie antérieure. Sur les trois premiers anneaux les taches orangées sont remplacées par un petit point blanc. Le vaisseau dorsal est divisé par une ligne très noire. La tête est d'un noir luisant. Les stigmates sont peu apparents. Le dessous du corps est grisâtre avec les pattes écailleuses verdâtres ; les pattes membraneuses sont d'un gris rougeâtre.

Elle varie un peu pour la couleur et pour la forme des taches orangées; quelquefois celles-ci sont blanches sur tous leurs bords avec le centre orangé; d'autres fois il n y a que la partie postérieure de chaque qui soit orangée. Souvent elles sont alongées ou un peu triangulaires , et semblent presque former, lorsque la chenille est en repos, deux raies non interrompues.

GHÉLONIAIRES.

On commence à la trouver dès le commencement d'avril; mais, comme sa nourriture est peu succulente, sa crue est assez longue, à moins que les pluies fréquentes n'humectent les lichens. C'est en juin qu'elle subit sa métamorphose ; elle file dans des fissures des écorces une coque blanche recouverte de débris de lichen.

La chrysalide est petite , cylindrico-conique , d'un brun luisant. Elle éclôt ordinairement au bout de vingt à vingt-huit jours .

La chenille est assez commune dans une grande partie de l'Europe. On la fait tomber en frappant les arbres , non pas qu'elle vive de feuilles ainsi que Godart l'a avancé, mais bien des hchens qui végètent sur les écorces. On la trouve aussi sur les lichens qui croissent sur les mm's , les rochers et les vieilles palissades, etc.

Pour l'élever chez soi , on lui donne un morceau d'écorce couvert de lichen, que l'on a soin de tremper tous les jours dans l'eau pour l'humecter ; sans cette précaution, qui du reste est indispensable pour toutes les chenilles lichénivores , elle ne prendrait aucun accroissement , et elle finirait par mourir de faim.

CHELONIAIRES.

LITHOSIA IKROREA. PI. 3 , %. 2 et 3.

JSiyro-fusca, Uneisjlavis, vel flava fusco vittata^pilis elongalis nigiis.

BoiSD. , Ind. niethod., p. l{0.

OcHS., Schmett. von Europ. , III, p. n8.

HuBN., Bomb., 25,fig. io5. — Borkh. , iî/iem. Ma^az. , Vie-

WEG, Esp. , WiEN. Verz,, etc.

Tinea irrorella. Linn. , S. N. , 1, 2 ^ 885, 364. Fab., Ent. 6'. , II[, 2, 291, 18. — Suppl. Lithosia irrorata,

Setina irrorea. Schuank, Faun. 5., 2, B. 2, abth. S. 166,

n° II.

La rosée. Ernst, Pap. d'Europ. , pi. 220, fig. 3o6 , a — e. CalUmorplia irrorata. Latreille, Gen. crust. et ins. Callimorphe arrosée. God. , Pap. de France, pi. /[o, fig. 3-

et 4 5 p- 392.

Elle est de la taille de celle à'yéiœeola. Son fond est en dessus d'un jaune-citron, avec deux larges bandes dorsales noirâtres , ou , si l'on veut , elle est noirâtre avec une bande dorsale sinuée, d'un jaune-citron, et une raie latérale plus étroite et maculaire de la même couleur. Près des pattes au-dessous de la raie jaune latérale , on remarque deux raies mal arrêtées , d'un brun presque ferrugineux, dont la supérieure seulement est visible quand la chenille marche. Les poils sont noirâtres, aigrettes , aussi longs que dans Qiiadra , assez clair-semés , et implantés sur des tubercules noirâtres. La tête est petite et d'un noir luisant. Les stigmates ne sont pas apparents. Les poils des côtés sont un peu plus courts et d'une couleur qui tire sur le gris. Le dessous du corps est d'un brun rougeâtre avec les pattes de la même couleur.

En juin elle file une coque très légère , d'un gris blanchâtre. La chrysalide est petite , cylindrinque , et d'un brun rougeâtre.

L'insecte parfait éclôt en juillet.

La chenille vit sur plusieurs espèces de lichen , telles que

CHÉLONIAIHES.

parmelia parietina, olivacea, cetraria prunastj'i, etc. Elle vit aussi sur d'autres plantes , entre autres sur le lotier ( lotus comiculatus), où nous l'avons trouvée plusieurs fois, et avec lequel on la nourrit très bien. Elle est rare, quoique l'insecte parfait soit assez commun.

Elle se trouve dans une grande partie de l'Europe.

CHELONIAIRES.

LITHOSIA QUADRA. PI. 3, %. 4.

PaUide nigrescens, sulphure subtitissime conspersa ; dorso albido-sulphureo, tuberculis fulvis ; p'dis elongatis nigris.

BoiSD. , Ind. melhod. , p. Sg.

OcHS. , Schmett. von Europ., III, p. 126.

Bombyx quadra. Hubn. , Bomb. , 24, fig. 101. — Larv. lepid.,

III , Bomb., II , F. d, fig. i^b^c.

BoRKH. , Europ. schmett., III th. , S. 289 , n° 76. Noctua quadra. Linn. , 6'. iV. , 1 , 2 , 84o , 1 14' Fab. , Ent. 5"., III, 2, 24, 54- — Suppl. Lithosia quadra, 459, i.

EsP. , WlEN. VeRZ. , ÏLLIG. , PanzER, MuLLER , ViEWEG, SCHWARZ, PODA, etC.

Sepp, Neederl. Ins. , tab. VI , fiç. i — 8.

Setina quadra. Schrank, Faun. £., 2, B. 2, abth. S. i65,

La jaune à quatre points. Ernst, Papillon d'Europe, 217,

fi{j. 298, a — k.

Lithosie quadrille. God. , Pap. de France, V, pi. 4I5 fig- 2 , 3

et 4, p. i3.

Elle est d'un brun noirâtre , quelquefois noire , tirant un peu sur le grisâtre, pointillée et légèrement striée de jaune soufre pâle. Le dos est d'un gris saupoudré de jaunâtre, avec quatre petites lignes longitudinales jaunes plus ou moins bien distinctes. Sur chaque anneau, excepté le premier, le dernier, et quelquefois lavant-dernier, on remarque quatre tubercules d'une couleur capucine, dont les deux antérieurs beaucoup plus petits et un peu plus rapprochés 1 un de l'autre. Les tubercules latéraux sont noirâtres ; les uns et les autres sont surmontés d'aigrettes de poils grisâtres ou d'un gris noirâtre , passablement longs et peu toufïus, principalement sur le dos. Sur le septième anneau il y a un espace noir qui interrompt les lignes dorsales jaunes. La tête et les pattes écailleuses sont d'un noir luisant. Le ventre est d'un gris livide sur le milieu , jaunâtre entre les pattes membraneuses ; celles-ci sont grisâtres. Les stigmates sont peu apparents.

CHÉLONIAIRES.

Dans sa jeunesse elle n offre pas de différences sensibles ; parvenue à toute sa grosseur, les poils du dos deviennent très rares , et souvent il n'y en a presque plus sur cette partie.

Dans quelques individus les lignes dorsales sont presque blanches et réunies deux à deux. '

Vers le milieu de juin elle file , entre les feuilles et dans les gerçures des écorces , un léger tissu grisâtre dans lequel elle se métamorphose.

La chrysalide est cylindrico-conique, d'un brun-marron plus ou moins clair. Elle éclôt au bout de douze à dix-huit jours.

Cette chenille se trouve généralement dans les bois et dans les parcs. H y a des années qu elle est commune. Elle vit sur beaucoup d'arbres , tels que bouleau ( betula alha ) , châtaignier {fagus castanea), peupliers, etc. ; mais c^est sur le chêne qu'on la trouve le plus ordinairement. Elle descend souvent le long des troncs pour se placer dans les rides des écorces.

Elle habite une grande partie de l'Europe.

CHÉLONIAIRES.

EMYDIA CRIBRUM. PI. 7 , ftg. i et 2.

Supra nigra, albido conspersa, linea dorsali alba ; lateribus rufis; pilis stellaùs fuscis.

BoiSD. , Ind. metb. , p. Sg.

Eyprepîa cribrum, Ocns., Schm. von Europ., IV, p. 302, n" 3.

Bombyx cribrum. Hubn. , tab. 28, fig. 120, 121.

LiNN. , Syst.Nat, 1,2, 83 1 , 76. — Borrh. ,Esp. , etc.

Le crible. Ernst, Pap, d'Europe, pi. 210, fig. 3o8, a, 6.

Lithosie crible. God., Pap. de France, V, pi. 43 , fig. i, 2.

Elle a tout-à-fait le port et la taille de Grammica. Le dessus de son corps est d'une couleur noire ou noirâtre, plus ou moins pointillée de blanc, avec une raie blanche longitudinale sur le vaisseau dorsal. Le ventre est roux ou un peu ferrugineux, et cette couleur remonte plus ou moins haut sur les côtés , sur-tout dans les incisions , pour se fondre presque insensiblement avec la partie noire. Entre la raie dorsale et les stigmates il y a une petite ligne longitudinale , plus ou moins prononcée, formée d'atomes blanchâtres. Les poils sont mélangés de noir et de blanc, et implantés par petites ai- :grettes sur des tubercules assez gros , rangés circulairement sur le milieu des anneaux. Les stigmates sont ovoïdes , à disque enfoncé et à bordure noire saillante. La tête est arrondie, un peu aplatie antérieurement, plus petite que dans Grammica , et d'un noir obscur. Les pattes écailleuses sont noires ; les autres sont de la couleur du ventre , avec une tache noire luisante sur leur côté externe.

L'œuf est jaunâtre , ovoïde. Les petites chenilles en sortent au bout de quinze jours. Elles sont d'abord blanchâtres, avec des petits points noirâtres indiquant les tubercules. Elles changent deux ou trois fois de peau , et passent l'hiver très petites sous les plantes basses. A la fin d'avril et au commencement de mai , elles commencent à se montrer; mais elles sont beaucoup plus difficiles à trouver que celles de Grammica , parce-

CHELONIAIRES.

qu'elles ont l'habitude de se tenir sous les herbes dans les lieux arides et sablonneux. Elles se nourrissent de graminées et de plusieurs autres plantes herbacées.

Pour se chrysalider, elles filent une coque grisâtre, assez légère , entremêlée de quelques poils.

La chrysalide est cylindrico-conique , obtuse , et ressemble beaucoup à celle de Grammica.

L'insecte parfait éclôt en juin et juillet, et il se trouve çà et là dans le centre et dans le nord de l'Europe.

CHÉLOKIAIRES.

EMYDIA GRAMMICA. PI. 7, %. 3 et 4.

Supra nigra, Hnea dorsali rubro-aurantiaca, lateribusalbo-cinerascentibus ; pilis stellatis ferrugineis.

BoiSD. , Ind. meth. , p. 39.

Bombyx grammica. Linn., Syst. Nat. , I, 2, 83i , 76.

Fab. , Eut. Syst., III, 1 , 465, 182. — Wien. Verz., Illig^,,

SCH^FF. , Esp. , BORKH., RoSS. , ViEWEG , etC.

HuBN.,Bomb., tab. 28, fig". 122, i23;ettab, 56, fig. 241, 242,

— Larv. lepid., III, Bomb., II, verœ I, a, b, fig. i, a, b, c. Eyprepîa grammica. Ochs. , Schm. von Europ. , IV, p. 3o6 ,

Arctia grammica. Schrank, Faun. Boic. , 2 B. , 2 abth. , S.

Lithosie grammica. God., Pap. de France, V, pi. 42, fig. i

et 2.

La phalène chouette. Geoff. , Hist. des Ins. , t. II , p. 1 1 5 ,

L'e'caille chouette. Ernst, Pap. d'Europe, pi. i56 , fig. 202 ,

Le dessus du corps jusqu'aux stigmates ou un peu au-dessous est noir ou d'un noir brun , plus ou moins pointillé de blanchâtre, avec une ligne d'un rouge orangé sur le vaisseau dorsal. Au-dessous des stigmates, les parties latérales sont brusquement blanchâtres ou d'un blanc cendré, plus ou moins sablées d'atomes noirâtres qui, en se réunissant, forment quelquefois à la base des pattes une traînée noirâtre. Entre les stigmates et la raie dorsale on voit souvent une petite ligne longitudinale blanche, très étroite, plus ou moins obscurcie. Sur chaque anneau il y a une rangée circulaire de tubercules à reflet blanchâtre ou un peu bleuâtre, assez gros, plus petits sur les côtés et sur les anneaux dépourvus de pattes. Ces tubercules donnent naissance à des aigrettes courtes , de poils d'un roux ferrugineux ou d'un brun roussâtre. Le ventre est roussâtre ou d'un gris un peu ferrugineux.

CHÉLONIAIRES.

Les Stigmates sont ovoïdes, à bordure noire, saillante, et à disque enfoncé , cerclés de roussâtre. La tête est arrondie , un peu aplatie antérieurement, d'un noir bronzé ou d'un luisant métallique. Les pattes écailleuses sont noires ; les membraneuses sont rougeâtres , marquetées de noirâtre postérieurement.

Elle vit presque exclusivement sur les graminées ; cependant à leur défaut elle mange des chicoracées et quelques autres plantes basses. Elle se plaît particulièrement dans les clairières de bois, et on la trouve souvent grimpée à la sommité des brins d'herbe ou des tiges sèches.

Les petites chenilles éclosent à la fin de Tété , et passent l'hiver très petites dans les herbes ou sous les feuilles sèches. Dès les premiers jours d'avril elles commencent à se montrer, et à la fin de mai ou au commencement de juin elles sont parvenues à toute leur grosseur. Elles filent alors une coque grisâtre, ovoïde, dans laquelle elles se changent en chrysalide.

Celle-ci est cylindrico-conique , obtuse, et d'un brun marron plus ou moins clair.

L'insecte parfait éclôt à la fin de juin ou dans les premiers jours de juillet, et il se trouve dans une grande partie de l'Europe et même en Sibérie.

CHELONIAIRES.

EMYDIA BII ASCIATA. Boisd. PI. 7, fig.5.

Fusca linea dorsali albida , lateribus sordido - albidis ; pilis steUatis fiiscts.

Lithosia bifasciata. Rameur, Lépid. de Corse, in Ann. de la Soc. enU, i832 , pi. 8, fig. 11.

Elle a tout-à-fait le port et la taille de Grammica et ressemble un peu à celle de Cribrum. Elle est d'un gris sale ou un peu roussàtre plus ou moins foncé , avec une raie longitudinale d'un blanc sale ou d'un jaune roux sur le vaisseau dorsal. Entre cette raie et les stigmates , il en existe une autre de la même couleur, beaucoup plus étroite, moins marquée, et quelquefois à peine visible. Le ventre est d'un blanc ou d'un jaune roussàtre, et cette couleur remonte sur les côtés jusqu'au-dessus des stigmates. Les poils sont blanchâtres et brunâtres , mélangés , disposés par petites aigrettes sur des tubercules brunâtres rangés circulairement sur les anneaux. La tète est luisante, d'un brun bronzé. Les pattes écailleuses sont brunes; les autres sont de la couleur du ventre. Les stigmates sont oblongs, noirs et un peu comprimés.

Pour se métamorphoser , elle fait une coque très légère , grisâtre, entremêlée de quelques poils.

La chrysalide est noire , obtuse , épaisse , ventrue , avec le corps rétréci chez la femelle. Les anneaux de son ventre sont garnis de soies crochues très fines.

L'insecte parfait se trouve dans l'île de Corse , où il éclôt depuis le mois de mai jusqu'en août selon les localités.

Les petites chenilles sortent de l'œuf au bout de quinze jours ; elles passent l'hiver encore très petites , et acquièrent leur grosseur dans le mois de mars ou d'avril. Elles sont polyphages \ mais elles semblent préférer les chicoracées et les graminées. On les élève très bien avec de la laitue ou des feuilles de pissenlit.

CHÉLONIAIRES.

Cette chenille se distinguera de la Cribrum par le fond de sa couleur, qui est d'un gris obscur et non pas noir pointillé de blanc, par sa tête plus grosse et plus bronzée, par ses stigmates, et par la couleur du dessous.

CHÉLaNIAIRES.

CALLIMORPHA DOMINULA. PI. 8, fig. i et 2.

&upra nigra,fascus tribus macularibus , flavidis ; tubercuUs minutis cyaneis piliferis ; pilis rariuscutîs ; ventre cinereo.

BoiSD, , Ind. metk., p. 4'-

GoD. , Pap. de France, t. IV , pi. 38 , fig. 2 , 3 et 4-

Eyprepîa dominula. Ochs. , Schmett. von Europ. , IV, p. 3 16 ,

Bombyx (/omùia. Hubn. , Bomb. , tab. 27, fig. 117, uB. —

Larv. lepid. , III , Bomb. , II , verae H , fig. i , a , b. Bombyx dominula. Fab. , Ilug. , Sch^ff. , Wien. Verz. ,

BoRKH, etc.

Noctua dominula. Linn. , ijsf. Nat. , III, i, 475,2io. —

Esp. , etc.

Arctia dominula. Schranr , Faun. Boic. , 2 , B. i abth. , S. 26 1 ,

L'écaillé marbrée , variété. GEOFF.,Hist. des Ins., t. II, p. 107,

L'écaillé marbrée rouge. Ernst, Pap. d'Europe, pi. i52,

fig. 197.

Elle est d'un noir foncé, avec trois bandes longitudinales maculaires , d'un beau jaune citron , dont une sur le vaisseau dorsal, et une à la hauteur des stigmates. Ces bandes sont interrompues sur chaque anneau par deux points d'un blanc pur, vis-à-vis desquels il y a , tant en dedans qu'en dehors , des petits tubercules bleuâtres , donnant naissance à quelques poils assez rares et assez longs d'un gris noirâtre.

La tête est noire. Les stigmates sont noirâtres peu apparents. Le ventre est d'un gris cendré.

On trouve quelquefois, mais très rarement, une variété chez laquelle les bandes maculaires sont d'un jaune ochracé , telle que l'a représentée Hubner.

Elle vit sur une infinité de plantes basses , et quelquefois sur les jeunes arbuste. On l'élève très facilement avec des horraginées et même avec de la laitue.

CHÉLONIAIRES.

Les petites chenilles éclosent à la fin de juillet et au commencement d'août. A la sortie de l'œuf, elles sont d'une teinte grisâtre ou d'un jaune sale , avec la tête noire et des tubercules obscurs sur le corps. Après la première mue, elles prennent le dessin et la couleur qu'elles conservent jusqu'à leur métamorphose , quoiqu'elles subissent encore trois changements de peau avant Thiver et un quatrième au printemps. A la fin de septembre, elles s'engourdissent sous les mousses ou sous les plantes basses , passent l'hiver sans donner signe de vie , et se réveillent à la fin de mars ou dans les premiers jours d'avril. Vers le milieu de mai , elles ont acquis tout leur accroissement ; alors elles filent une coque grisâtre d'un tissu peu serré, dans laquelle elles se changent en chrysalide. Celle-ci est cylindrico-conique , d'un brun marron , terminée par des petits crochets ferrugineux.

L'insecte parfait éclôt en juillet, et il se trouve dans le centre et dans le midi d'une grande partie de l'Europe.

CHÉLONIAIRES.

CALLIMORPHA HERA. PI. 8, fig. 3, 4 et 5.

Supra fusca, subtus cinerea , fascia laterali alteraque dorsalî albîclis vel flavescentibus , tubercniis piltfens ferrugineis pilis concolorîbus stellatis brevioribus.

BoisD. , Iiid. meth. , p. l\\.

GoD., Pap. de France, t. IV, pi. 38, fig. i.

Eyprepia hera. Ochs. , Schm. von Europ. , IV, p. 3ig, n° lo.

Bombyx liera. Hubn. , Bomb. , tab. 27, fig. 116. — Larv.

lepid., III, Bomb. , II, verse H, fig. 2 ,«. — Linn. , Wien.

Verz. , Illig. , Esp. , Fab. , Borkh. , etc. Phalena plantaginîs. Scopol. , Eut. Carn. , 2o3, 5o5. La phalène chinée. Geoff. , Hist. des Ins., t. II, p. i45,

Ernst, Pap. d'Europe, pi. i44 ■> ^Z- ^9^1 3-

Elle est d'un brun noirâtre ou grisâtre en dessus, avec des tubercules roux ou ferrugineux , d'où partent des aigrettes de poils raides, étoilées, assez courtes, de la même couleur. Elle a sur le dos une raie dorsale maculaire ou interrompue , tantôt blanche, tantôt d'un blanc un peu soufré, et souvent d'un blanc lavé de roux. Cette raie forme sur chaque anneau deux taches, séparées l'une de Tautre par un groupe de tubercules , et dont la plus petite est sur le bord antérieur et l'autre sur le bord postérieur. Près des pattes , à la hauteur des stigmates , est une autre raie maculaire blanche ou d'un blanc soufré , n'existant que dans les incisions , où elle forme une tache très apparente , qui paraît elle-même formée de deux ou trois petites taches contiguës très rapprochées. Sur le dos de chaque anneau , excepté sur les trois premiers et le dernier, on voit les quatre tubercules dont nous avons parlé, et dont les deux antérieurs sont plus rapprochés de la ligne médiane , et les deux postérieurs plus écartés. Sur les côtes jusqu'à la base des pattes, il y a aussi des tubercules très apparents , et qui portent des poils semblables à ceux du dos.

Les stigmates sont noirâtres, avec les contours pâles. La

GHÉLONIAIRES.

tête est noire , luisante. Le ventre est d'un gris pâle, avec les pattes écailleuses brunes.

On trouve quelquefois une variété grise , dont les bandes maculaires sont bordées de noirâtre.

Les petites chenilles éclosent à Tautomne , passent l'hiver après avoir changé plusieurs fois de peau, engourdies sous la mousse ou les herbes sèches , et commencent à se montrer dès le mois d'avril. Elles changent de peau encore une fois , et à la fin de mai elles sont parvenues à toute leur taille. Elles sont toujours plus rares que l'insecte parfait , parcequ'elles se tiennent souvent cachées sous les plantes basses. Elles sont polyphages comme beaucoup de chéloniaires , et elles mangent indifféremment des myosotis , de la cynoglosse , cynoglosswn officinale, de la buglosse, anchusa italien, du genêt commun , genista seoparia, du groseillier, de la vigne , des lonicera, etc.

Pour se métamorphoser , elles filent un léger réseau grisâtre dans les feuilles des arbrisseaux ou sous les plantes basses.

- La chrysalide est cylindrico-conique , d'un brun-marron clair.

L'insecte parfait éclôt en juillet et août, et se trouve dans une grande partie de l'Europe.

CHELONIAIRES.

CHELONIA PURPUREA. PI. 2, %. i.

Nigro-fusca pîlis fasciculatis flavis vel rufis ; fascia taterali interrupta punctisque dorsalîbus albis.

BoiSD. , Ind. method. , p. 4^.

Eyprepia purpurea. Ochs. , Schmett. von Europ. , III, p. 322.

Bombyx purpurea. Hubn. , Bomb. , tab. 33, fig. 142 ; tab. 53,

fig. 229. — Larv. lepid. . III , Bomb. , II , k ^e, fig. ï , a , 6. Fab. , jEn^ ^., III , I, 466, i85.

LiNN., 5. iV.,I, 2, 828,67.

BoRKH. , E'urop. schmett, III th., S. 193, n° 58. — Illig. ,

Esp., WiEN. Verz., Vieaveg, Brahm, etc.

Arctia purpurea. Schrank, Faun. 5. , 2, B. 2, abth., S. i53,

Écaille pourpi'ée. God. , Pap. de France , IV, Bomb., tab. 35,

fig. 2 et 3 , pi. 339.

L'écaillé mouchetée. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 1 53, fig. 198,

Geoff., Hist. des Ins. , t. II , p. io5, n° 6.

Elle est noire avec les tubercules moins foncés , surmontés par des aigrettes de poils jaunes médiocrement longs. A la base des pattes, elle a une bande maculaire, blanche, lavée d'une teinte roussâtre, et sur le dos une rangée de taches blanches placées dans les incisions, et devenant beaucoup plus visibles lorsque la chenille marche. Les stigmates sont d'un blanc pur cerclés de noir. La tête est d'un noir luisant. Le ventre est tantôt d'un gris blanchâtre et tantôt d'une couleur jaunâtre, avec les pattes écailleuses noires et les membraneuses marquées de ferrugineux au milieu.

Souvent elle offre la variété suivante : tous les poils du dos sont d'un roux ferrugineux et tous ceux des côtés sont grisâtres.

Elle passe l'hiver et se montre dès le mois d'avril. A la fin de juin elle est ordinairement parvenue à son entier développement. Elle file , sous les plantes basses , les pierrailles, etc. , une coque blanche légère.

CHÉLONIAIRES.

La chrysalide est d'un brun foncé, et elle est garnie de petits faisceaux de poils roux sur les anneaux.

L'insecte parfait éclôt au bout de quinze à vingt-cinq jours selon la température.

Cette chenille est extrêmement vive; elle court presque aussi vite qu'une souris.

Elle vit polyphage sur un grand nombre de plantes basses , et elle grimpe souvent sur les jeunes pousses du chêne, du grosseillier, an cerisier, de Yonne, au ■pommier, àw. prunier, etc. Elle aime aussi beaucoup le genêt à balais et la salvia pratensis. Elle est très facile à élever. En captivité forme est une plante dont elle s'accommode très bien.

On la trouve dans une grande partie du midi et du centre de l'Europe. Elle n'est pas très rare aux environs de Paris.

CHELONIAIRES.

CHELONIA CAJA. PI. 2 , fi{j. 2.

Ni(jra pitls fasciculatis densis; pitis anticis lateralibusque ferrugineis ; stigmatibus albissimis.

BoiSD. , Ind. method., p. 42.

Eyprepia caja. Ochs., Schmett. von Europ., III, p. 335.

£om6jx co/a. HuBN.,Bomb. , tab. 3o, fig. i3i. — Larv. lepid. ,

III, Bomb. , II, A;, c, fig. i, a, b. Fab., Ent. S., III, I, 470» 196.

LiNN., S. N., I, 2, 819, 38.

BoRRH. , Europ. schmett., III th., S. 162 , n° 47. — Illiger ,

EsP. , ScOPOL. , SCH^FF. , DONOV. , SuLZ. , MuLLER , HuFNAG. ,

Ross. , View. , Brahm , etc.

Sepp. , 7/15., II, tab. 2, fig. I — 7. Écaille caja. God. , Pap. de France, IV, Bomb., pi. 3o, fig. i,

2 et 3 , p. 3oo.

L'ëcaille martre. Ernst, pi. 139, fig. 187, a — h; pi. i4o, fig.

187, î— (/;pl. i4i,fig. 187, r—j; pi. 42, fig. 187, aa—//. L'ëcaille martre ou hérissonne. Geoff. , Hist. des Ins., t. II,

Elle est noire , avec des poils longs , serrés et soyeux , également noirs sur le dos , et des poils roux le long des pattes et sur les trois anneaux antérieurs. Les poils roux sont implantés sur des tubercules d'un blanc bleuâtre plus ou moins distinct ; les autres sur des tubercules d'un brun noirâtre. Les poils noirs ont souvent leur extrémité d'un gris blanchâtre. Les stigmates sont très visibles et forment une rangée de perles blanches qui font distinguer cette espèce au premier coup d'œil. Dans beaucoup d'individus la rangée de tubercules qui les avoisinent est du même blanc ; alors ces chenilles offrent deux rangs de perles blanches. Jja tête est d'un noir luisant ; le ventre et les pattes sont d'un brun noirâtre.

Dans sa jeunesse ses poils sont médiocrement longs , et souvent d'un gris blanchâtre sur le dos.

Pour se métamorphoser elle file une coque molle , serrée ,

fô

CHÉLONIAIRES.

d'un gris un peu brun, composée de fils de soie et d'une partie de ses poils. Elle la place sous les pierrailles, sous des feuilles larges qu'elle plie un peu , dans les bifurcations des tiges, etc.

La chrysalide est cylindrico-conique, d'un noir luisant, avec les incisions d'un brun très clair et l'anus garni de petites épines ferrugineuses. Elle éclôt au bout de dix-huit à vingt jours.

La chenille vit sur toutes les plantes basses. En captivité elle mange les feuilles de presque tous les arbres. Dans sa jeunesse on la trouve répandue dans les jardins, les lieux cultivés , etc. , par petites familles sur le séneçon , la mercuriale, la morgeline. Adultes elles se dispersent davantage.

On la trouve depuis avril jusqu'en juillet.

Elle est commune par toute l'Europe.

CHET.ONIAIRES.

CHELONIA VILLICA. PI. 2 , fig. 3.

NigrO'fusca, pllis fasciculatis dilute brunneis, capite pedihusque rubellis ; stigmatîbus albidis.

BoiSD. , Ind. meth. , p. ^2.

Eyprepia villica. Ochs. , Schmett. von Europ. , III , p. 33o,

Bombyx caj a. Hubner , Bomb., tab. 3i, fig. i36. — Larv.

lepid. , III , Bomb. , II , A:, a , 6 , fig. 2 , a. F xB., Elit. S., m, 1,468, 192.

Linné , .S. iV. , 1 , 2 , 820 , 4 i • BoRKH. , Exirop. schmett. , III th. , S. 1 52 , n° 56. — Illig. , Esp. ,

WlEN. VeRZ. , ViEWEG, ScH^FF. , MuLLER, PaNZER, DoNOV. ,

Ross. , Brahm , etc.

Sepp, Ins.^ II, tab. 16, fig. 1—7.

Ecaille fermière. God. , Pap. de France, IV, Bomb., pi. 35 ,

fig. I , p. 336.

L'écaillé marbrée. Geoff. , Hist. des Ins. , t. II , p. 106, n° 7 ;,

Pap. d'Europe, pi. i5o, 6^.196,0 — ^f/pl- i5i, fig. 196,

Elle est noire avec les tubercules plus clairs, surmontés d'aigrettes de poils d'un brun rougeâtre, tirant quelquefois sur le gris ou sur le blond. Les stigmates sont d'un blanc jaunâtre , cerclés de noir. La tête est d'un rouge brun , marquée en avant d'une tache noire cordiforme. Le dessous du ventre est noir avec les pattes de la couleur de la tête, mais quelquefois d'un rouge un peu plus clair.

Dans sa jeunesse ses poiL sont tantôt plus pâles et tantôt plus foncés. Elle passe l'hiver après avoir changé deux fois de peau. Elle s'engourdit en septembre sous les mousses ou les plantes basses , et reparait dès les premiers beaux jours.

Elle file sa coque dans le courant du mois de mai ; celle-ci est grisâtre, lâche /entremêlée de poils. Elle la place sous les pierres ou les plantes basses , dans les crevasses et les plâtras au pied des murs, etc.

La chrysalide est d'im brun noir avec les incisions plus

CHÉLONIAIRES.

claires et les .anneaux garnis de petits faisceaux de poils roux.

L'état de nymphe dure dix-huit à vingt-huit jours.

Cette chenille se trouve dans une grande partie de l'Europe ; mais elle est généralement moins commune que Caja. Elle vit polyphage sur presque toutes les plantes basses. On la nourrit très bien , ainsi que la plupart des chenilles du même genre , avec de la chicorée sauvage ou de la laitue.

Pour se la procurer facilement, il faut la chercher au premier printemps dans les lieux un peu sablonneux, sous les pierres et les mousses ; plus tard on la rencontre çà et là courant à terre ou grimpant sur les tiges , le long des murs , des haies de clôture , etc.

Elle est très sujette à la moisissure. Tout-à-coup elle se couvre d'une efflorescence et devient sèche et friable. On en rencontre souvent dans la nature qui sont mortes de cette maladie sur les tiges où elles restent fixées.

CHELOMAinES.

chelolma pudica. pi. 3,% 1, 2.

Cinerea, pïtis fasclculatis hrevioribus rariusculis; tubercuUs nigris ; capite fusciaque laterali paUidis.

BoisD. , Ind. ineth. , p. 42.

Eyprepia pudica. Ochs. , Schmett. von Europ. , t. 3 , p. 334-

Bombyx pudica. Fab., Eut., S. III, 47 ij '97-

— HuBN. , Bomb. , tab. 3i, fig. i34.

— Esp. , Schmett., III, tab. 33, fig. i ; — tab. 84, fig. i ; — tab. 87, fig". 4-

Noctua tessellata, Devill., Etit. Linn. , t. 2, p. 274? ^^ 344* L'écaillé blanche à taches noires. Ernst, Pap. d'Europe,

pi. i48, %. 193.

Écaille pudique. GoD. , Pap. de France, Bomb. , pi. 32.

Parvenue à toute sa grosseur, cette chenille est d'un gris cendré pâle, avec une raie d'un blanc jaunâtre au-dessus des stigmates. Les tubercules sont d'un noir luisant, portant chacun une aigrette de poils courts et jaunâtres. La tête est d'un gris jaunâtre un peu plus foncé que la raie latérale. Sur le milieu du dos on observe quelquefois l'apparence d'une raie longitudinale un peu rosée. Les stigmates sont peu distincts ; les pattes membraneuses sont roses ou d'un blanc rougeâtre ; les pattes écailleuses sont grises et quelquefois d'un gris un peu rose. Avant la dernière peau, elle est d'un gris sombre avec les poils d'un jaune un peu roux, et la bande latérale un peu plus blanche.

Elle passe l'hiver, et elle paraît dès les premiers beaux jours. A la fin d'avril elle est parvenue à toute sa grosseur. Cette espèce est beaucoup moins polyphage que les espèces voisines; elle vit presque exclusivement de graminées. Elle est assez commune en Espagne , en Portugal , en Toscane , et dans le midi de la France. On commence à la trouver aux environs de Lyon , d'oîi M. Merk a eu la complaisance de nous l'envoyer cette année (i 832).

CHÉLOMAIRES.

Elle file une coque assez lâche sous les pierres ou les plantes basses.

La chrysalide est de la grosseur de celle de Civica , mais moins alongée et d'un brun noirâtre.

L'insecte parfait éclôt quinze jours ou trois semaines après.

CHELONIAIRES.

CHELONIA HEBE. PI. i , fip,. 3.

Nigra pilis nuinerosis fasciculatls griseo-canis ; pilis lateralibus luteoferrugineis ; capite pedibusque nigris.

Eyprepia hebe. Ochs., Schmett. von Europ. , t. III, p. 33g.

Bombyx hebe. Linn. , Fab. , Wien. Verz. , Esp. , Bork.

Chelonia hebe. Boisd. , Ind. meth. , p. 43.

L'écaillé couleur de rose. Geoff. , Hist. des Ins. , t. II , p. 109.

L'écaillé rose. Ernst, pi. i43, fig. 189.

Arctia hebe. Schrank, Faun. Boic. , 2 , B. 9. , abth. S. iSa.

Écaille hébé. God. ,Pap. de France, Bomb., pi. 3i, fig. i, :>..

Elle est d'un noir de velours avec des tubercules de la même couleur, sur chacun desquels il y a des poils longs , épais et fascicules , d'un gris cendré sur le dos et sur les côtés , et d'un jaune roux le long des pattes. Les stigmates sont d'un noir mat peu distincts ; la tète, les pattes écailleuses et les pattes membraneuses sont de la couleur du corps.

On la trouve assez communément dans les fondrières sablonneuses inonflées pendant l'hiver et desséchées au printemps, ou sur les coteaux arides. Elle est commune dans nos provinces méridionales et dans les départements du centre ; mais elle est un peu plus rare aux environs de Paris. Elle est polyphage comme la plupart des Chelonia; cependant on la trouve plus fréquemment sur la mille-feuille [achillœa niillefoliuni) , le séneçon {senecio vulgaris) , le petit tithymale [Euph. cyparissias) , le myosotis annua , X ono^^orAe [onopordium acanthium). Pour l'élever avec succès en captivité, il faut qu'elle soit exposée aux rayons du soleil : très souvent malgré les soins qu'on lui porte elle meurt de la moisissure.

Elle passe l'hiver, et au mois d'avril on la trouve parvenue à toute sa grosseur. Sa métamorphose a lieu au commencement de mai dans une coque blanchâtre assez molle.

La chrysaUde est entièrement noire.

L'insecte parfait éclôt au bout de dix-huit à trente jours. Il habite une grande partie de l'Europe méridionale et tempérée.

CHELOMAIKES.

GHELONIA MATRONULA. PI. i , fig. 4.

Nigrapilisfasciculatis densis brunnels ; capite pedibusque veris fuscosnbferrugineis.

BoisD. , Ind. metli., p. 4^.

Eyprepia matronula. Schmett. von Europ., p. 327.

Noctua matronula. Linn., S. n. 1,2, 835 , 92.

Bombyx matronula. Fab. , Bork. , Illig. , Wien. Verz , etc.

— HuBN. , Bomb., tab. 32 et tab. 35. — Larv. lepid. , III ,

Bomb. , II , K , rf, fig". I , a.

La grande écaille brune. Ernst, Pap. d'Eur. , pi. 3 , Suppl. ,

Ecaille matrone. GoD., Pap. de France, Bomb. , pi. 24, fig. 5.

Lorsqu'elle est parvenue à toute sa grosseur, cette chenille a plus de rapports avec celle de Villica qu'avec aucune autre , mais elle est plus grosse, plus brune, et sur-tout plus alongée.

Son fond est noir avec les tubercules de la même couleur, munis chacun de poils longs et fascicules , d'un brun plus ou moins clair, et aussi épais que ceux diHebe, Les stigmates sont plus clairs que le fond , mais peu distincts ; la tête est d'un brun rougeâtre , ainsi que les pattes écailleuses ; les pattes membraneuses sont noirâtres avec la couronne grisâtre.

Avant sa dernière mue son dos est roussâtre. Elle varie à chaque mue à-peu-près comme toutes les chenilles de Chelonia; c'est-à-dire qu'en sortant de l'œuf elle est jaune avec les tubercules noirâtres. A la seconde mue le noir domine davantage , et le jaune disparaît peu à peu à chaque changement de peau. Dans sa jeunesse elle vit sur beaucoup d'arbrisseaux, tels que le nerprun ( rhamnus catharticus ) , le noisetier ( corylus avellana), le cerisier à grappes (prunus padus) , l'orme [ulmus campestris) , et quelquefois sur les plantes basses. Quand elle est à moitié de sa grosseur elle descend à terre, et elle ne vit que de plantes herbacées, telles que mille-feuille [achillœa millefolium) . pissenlit [leontodon taraxacum) , plantains [plantago), etc. Elle devient alors assez difficile à trouver, parce-

CHÉLONIAIRES.

qu'elle se tient presque toujours cachée. C'est la seule Chelonia qui mange pendant deux ans, et qui passe deux hivers. Les petites chenilles éclosent en juillet ; elles grossissent jusqu'à l'automne , après avoir subi plusieurs changements de peau : puis elles s'engourdissent jusqu'au printemps ; elles mangent de nouveau jusqu'à l'automne , époque à laquelle elles ont acquis presque toute leur grosseur ; elles passent l'hiver pour la seconde fois, changent de peau au printemps, et se métamorphosent au mois de mai dans une coque lâche sous la mousse ou les plantes basses.

La chrysalide est luisante d'un brun noir.

Le papillon éclôt trois semaines après. Il est assez rare en raison de la peine que Ton a à élever la chenille. Il se trouve sur-tout dans la Suisse allemande aux environs de Constance, en Saxe, en Franconie, en Souabe et en Autriche. On Ta aussi trouvé en France. M Feisthamel Ta pris en Lorraine, et on Ta retrouvé depuis aux environs de Nanci. Godart dit qu'il habite aussi la Franche-Comté.

GHKLOMAIRES.

CHELONIA CIVICA. PI. i , 1%. :» et G.

Nigra pi lis nigrisfasciculatis ; pilis aiiticis lateralibusqiie ferrugineis ; capite pedibusgue nigris.

Clielonia civica. Boisd. , Ind. meth. , p. 42- Eyprepia ciirialis. Ochs., Schmett. von Enrop., t. 3 , p. 826. Bombyx curialis. Borkh. , Enrop. schmett. , III , S. 192 , n" 07. Bombyx civica. Ht'BN. , Bomb. , tab. 32, fig. i4o, \t[\. Écaille civique. God. , Pap. de France, Bomb., pi. 34, fig". 3. L'écaillé brune. Geoff. , Hist. des Ins., t. 1. Bombyx aulica. Var. Esp. , III , tab. 80 , fig. 2 , 3. Er>'st, pi. suppl. loi, fig. 195, a, y bis.

Elle a quelques rapports avec celle de Caja; mais elle est plus petite, quoique aussi alongée ; les poils sont un peu plus roides , moins nombreux, et plus noirs. Le fond du corps est d'un noir obscur ; les quatre anneaux antérieurs sont garnis de poils d'un roux ferrugineux ; les huit autres ont les poils noirs , roides , un peu inclinés en arrière. Les côtés du ventre sont garnis de poils ferrugineux comme dans Caja. Les stigmates sont d'un blanc sale ; les pattes écailleuses et la tête sont d'un noir luisant; les pattes membraneuses sont d'un noir terne. Sur le premier anneau , tout près de la tête , elle a une petite collerette de poils noirs. Avant sa dernière peau tous les poils sont noirs, excepté ceux qui sont le long des pattes. Les poils de la partie postérieure sont aussi beaucoup plus longs que les autres.

Elle passe l'hiver engourdie dans la mousse; elle sort de sa retraite dès le mois de mars. A la mi-avril elle est parvenue à toute sa grosseur. Elle est polyphage comme ses congénères ; cependant elle semble préférer les liizula, Foseille sauvage {rumex acetosella), etc. En captivité nous la nourrissons très facilement avec la chicorée sauvage [ckhorium intyhus). Je ne connais aucune des chenilles de Clielonia qui soit aussi suiette à être piquée des ichneumons.

CllÉLONIAIRES.

Pour se métamorphoser elle file un tissu assez lâche sous les mousses ou les plantes basses.

La chrysalide est toute noire , plus petite , mais plus alongée que celle de Caja.

L'insecte parfait éclôt depuis le lo jusqu'au 3o juin. Il est rare, et ne se trouve que dans des localités assez circonscrites. Il habite l'Italie, l'Espagne, et la France. Les environs de Lyon, de Paris , et quelques parties de la Touraine, sont les pays où on Fa trouvé le plus fréquemment jusqu'à présent.

C'est dans les clairières des bois qu'il faut chercher la chenille.

CHÉLONIAIRES.

TRICHOSOMA CORSICUM. Rambur. PI. 4, fig. i , 2, 3, 4 et 5.

Supra nigrescens, linea dorsali albida, p'dis fasciculatis, mecUis fulvii, anticis posticisque nigrîs.

Plusieurs jours après sa naissance , cette chenille est d'un blanc-verdâtre un peu roussâtre ; chaque anneau porte une rangée demi - circulaire de tubercules noirâtres, surmontés chacun d'un long poil. La tête est noire. Après la troisième mue , la couleur devient très différente ; on voit une ligne blanchâtre sur le vaisseau dorsal , et le dos est occupé par une large bande noire. Les côtés et le ventre sont rougeâtres. Il part de chaque tubercule des poils médiocrement longs , noirâtres , mêlés de quelques autres qui sont blanchâtres.

Parvenue à toute sa grosseur, le vaisseau dorsal forme encore une raie blanchâtre ; une large bande noirâtre régne sur le dos, la couleur des côtés prend une teinte roussâtre ou blanchâtre, et l'on voit quelquefois une ligne jaunâtre maculaire , bordée de noir supérieurement , le long de la bande dorsale. Entre celle-ci et la base des pattes , il existe deux ou trois lignes noirâtres plus ou moins distinctes. Le ventre est de la couleur des côtés, un peu lavé de brunâtre.

Les trois premiers anneaux et les trois ou quatre derniers portent des touffes de poils noirâtres, plus pâles sur les côtés, dont quelques uns sont blanchâtres, plus longs. Sur les anneaux du milieu, ces touffes sont rousses ou fauves , plus pâles sur les côtés ; quelquefois cependant elles restent noires sur le dos, et sont seulement roussâtres sur les côtés. Les pattes sont roussâtres ; la tête , qui est rousse ou roussâtre , porte deux taches noires à son sommet, qui envahissent souvent toute sa surface.

Cette chenille est polyphage , et se trouve au mois de mai. Elle file entre les herbes une légère coque, brune ou noirâtre, pressée sur la chrysaUde. Celle-ci est courte , épaisse , d'un rouge obscur ; son extrémité postérieure , qui est très obtuse , se termine par une petite pointe.

CHÉLONIAIRES.

Chez la femelle le corps de la chrysalide est beaucoup plus mince que l'abdomen , dont les anneaux sont immobiles dans les deux sexes.

Cette intéressante espèce n'est pas rare dans l'île de Corse.

La chrysalide passe l'hiver, et l'insecte parfait éclôt depuis la fin de mars jusqu'au commencement de mai. Le mâle vole, pendant l'ardeur du soleil, à la recherche de la femelle comme les Orgya Antiqua, Gonostigma, etc.

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