‹ Collection iconographique et historique des chenilles; ou, Description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses, et des applications à l'agricultureChapitre 9 sur 12 · ioa 8'Jildc} xw9i · texte numérisé non relu

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. i Hol OU

GHELONIAIRES.

ARCTIA FULIGINOSA. Boisd, PI. 4, fig. G.

Nigraaut griseo-fusca, Unea dorsali sœpius interrupta, modo nulla , lutescentî; pilis fasciculatis griseo-nifis.

Chelonia fulîgînosa. Boisd., Ind. method., p. 4^.

Bombyx fuliginosa. Linn. , 5. iV. , 1 , 2 , 386 , 95 , etc.

Fab. , E. s. , 3 , III , ï , 486 , 246.

Noctua fidigiyiosa.YjSv. ^ Schmett.,^, tab. 86, Noct. , 7, fig. i.

L'ëcaille cramoisie. Ernst, Pap. d'Eur. , t. 4, pi- 1 54? ^S- 200 ,

a — e; pi. i55 , fig. 200 ,/ — h , p. i5o. Bombyx fuliginosa. Hubn., Bomb. , tab. 33 , fig. i45.— Larv.

lepid. , III , Bomb. II, fig. 2 , a.

Eyprepia fuliginosa. Ochs. , Schmett. von Europ. , III , p. 346. L'écaillé fuligineuse. God. , Pap. de France.

Cette chenille est noirâtre o-u d'un gris brun ; elle a sur le dos une ligne longitudinale d'un jaunâtre sale, souvent interrompue , et quelquefois à peine sensible ou même tout-à-fait nulle. Cette ligne s'arrête au premier anneau. Les stigmates sont ovoïdes blancs avec la bordure noire ; souvent i^ sont accompagnés d'une petite tache jaunâtre. Les touffes de poils sont tantôt d'un brun roux , tantôt d'un gris roux ou même cendrées ; elles deviennent plus longues en approchant de l'anus , et les poils qui les composent sont un peu dirigés de ce côté.

La tête et les vraies pattes sont d'un noir luisant ; les autres pattes sont noirâtres à la base, rousses à leur extrémité.

Elle file une coque ovoïde , lâche et molle , grise ou d'un brun roux ; elle va très souvent la placer sous le rebord des murs ou sous les écorces des vieux arbres.

Cette chenille est polyphage. EUe paraît deux fois dans l'année, en été et à la fin de l'automne. On la rencontre même pendant une partie de l'hiver.

On la trouve très souvent le long des murs, en écartant les herbes ou en retournant les pierres.

Ces dernières se métamorphosent au printemps , et le pa-

CHÉLONIAIRES.

pillon éclôt au commencement de mai ; tandis que celles que Ton trouve au mois d'août donnent leur papillon en septembre.

CHÉLONJAIRES.

CHELONIA MENDICA. PI. 5 , fig. i et 2.

jélbîdo-dnerea, dorso late obscuriori linea média, paUida, diviso, fnllsque fasciculato-stellatis nijis vel albîdo-mfis ; stigmatibus minutis albis.

BoiSD. , Ind. melh. , p. 43.

Eyprepîa mendica. Ochs., Svlim. vonEur., IV, 35i , n" 27.

Bombyx mendica. Linné, Fab., Illig.,Wien. Verz. ,Borkh.,

Panz., Naturf. , Rossr, Vieweg, Knoch. , Esp. , etc. HuBN. , Bonib. , tab. 34 5 fig- ^48, i49- Arctia mendica. Schrank, Faun. Boic, 2, B. 2 abth. S. i53 ,

Écaille mendianie. Gob. , Pap. de France, t. IV, pi. 27, fig". 1

et 2.

La mendiante. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 169, fig. 2o5.

Elle est d'un blanc sale un peu jaunâtre ou d'un blanc grisâtre, avec tout le dos couvert par une large bande, d'un gris cendré un peu noirâtre , divisée sur le vaisseau dorsal par une ligne de la couleur du fond. Les poils dont elle est couverte sont blonds ou rougeâtres , à -peu -près d'égale longueur , aigrettes , et implantés sur des tubercules médiocrement saillants. Sur chaque côté on remarque ordinairement, entre chaque anneau , de petits traits obliques paraissant plus foncés , formés par les replis de la peau. La tète est luisante et d'un roux clair. Les pattes sont de la couleur du fond, c'est-à-dire d'un blanc sale. Les stigmates sont petits et blanchâtres.

Dans sa jeunesse, elle est d'un blanc un peu jaunâtre, presque couleur d'os, avec les tubercules plus colorés. Après la troisième mue , le dos prend une couleur grisâtre , et cette teinte remplace les deux rangées de tubercules noirâtres du premier âge. A la dernière mue , les poils deviennent fauves et plus fascicules.

La chrysalide est renfermée dans une coque lâche, gri-

CHÉLONIAIRES.

sâtre, entremêlée de poils. Elle est d'un brun luisant, à anneaux immobiles , avec les stigmates grisâtres. Elle passe l'hiver et éclôt en mai.

La chenille se trouve en juillet et août dans une grande partie de l'Europe. Elle est polyphage , et se trouve sur presque toutes les plantes basses. Elle aime les décombres, le voisinage des murs et les lieux cultivés. Elle se métamorphose sous les pierres ou dans les crevasses des murailles.

CHELONIA MENTHASTRI. PI. S, fig. 3, 4 et 5.

Nic/ia velfusca, pilis stellato-fascicnlatis nîgro-fiiscis vel nifescentibus; stîgmatUnis albis.

BoiSD. , Ind. meth. , p. 43-

Eyprepia menthaslri. OcHS. , Schmett. von Europ. , IV, p. 354 ?

Bombyx menthastri. Linné, Fab. , Wien. Verz. , Illig. , Sco-

POL. , SCH^FF. , EsP. , BORKH., Lang. , ViEWEG , CtC.

HuBN. , Bomb., tab, 35 , fig. \So. , i53. — Ijarv. lepid. , III

Bomb. , II. Verœ , L , b , fig. i , a. Arctia menthaslri. ScHRANK,Ffl7/ji. Boic, 2, B. i abth. S. 263,

Écaille de la menthe. God. , Pap. de France, t. IV, pi. 27,

fig. 5 et 6.

La phalène tigre. Geoff. , Hist. des Ins., t. II , p. 1 18, n° 21. Ernst, Pap. d'Europe, pi. iSj, fig. ao4, et pi. i58, fig. 2o4-

Elle est de la taille de la Mendica, mais ses poils sont plus longs et plus nombreux. Le fond de sa couleur est d'un brun noirâtre plus ou moins obscur, mais ordinairement moins intense que dans Urticœ. Le dos est souvent un peu plus foncé que les côtés, et il est divisé parallèlement au vaisseau dorsal par une raie d'un blanc grisâtre , mais plus ordinairement jaunâtre, souvent teintée de rouge ou d'orangé, particulièrement sur le milieu des anneaux. Les poils sont presque toujours noirs ou d'un brun noirâtre ; cependant ils sont quelquefois d'un roux très vif ou d'un brun-roussâtre, fascicules, implantés sur des tubercules noirs. Les stigmates sont blancs, et la rangée de tubercules qui est placée au-dessus d'eux est parfois entourée d'une teinte jaunâtre ou un peu fauve, qui peut devenir assez prononcée pour former une raie latérale interrompue , ou même non interrompue, aussi prononcée que la dorsale. La tête est d'un noir luisant, marquée de brun ferrugineux au milieu et sur les côtés. Le dessous du corps est d'un noir-grisâtre obscur et livide , avec les pattes membraneuses

CHELONIAIRES.

plus pâles et un peu rosées sur leur couronne, et les pattes écailleuses brunes.

Dans le jeune âge, elle est blanchâtre avec les tubercules noirs, et la raie dorsale marquée, souvent lavée de rouge, ainsi que le premier et les deux derniers anneaux. De chaque côté de cette dernière , il y a deux rangées de tubercules noirs bien distincts. Plus âgée, elle est d'un grisâtre obscur ou olivâtre; et enfin, à la dernière mue, elle prend sa couleur ordinaire et devient beaucoup plus velue.

La chrysalide est renfermée dans une coque molle d'un gris obscur; elle est d'un noir-brun luisant, avec les stigmates blanchâtres et les anneaux immobiles.

L'insecte parfait éclôt en mai et juin.

La chenille se trouve dans presque toute l'Europe depuis la fin de juillet jusqu'à la fin de septembre. Elle vit dans les décombres, dans les lieux cultivés, dans les fossés des bois et le long des murs , etc. , sur presque toutes les plantes basses. On la rencontre souvent courant le long des chemins.

CHÉLONIAIRES.

CHELONIA LUBRIGIPEDA. PI. 6, fig. i et 2.

Pilosa, sordide albido-subvirescens, dorso late cinereo-fuscescente ; capite pilisque fasciculatîs rufis autfuscis.

BoiSD. , Lid. meth., p. 45.

Eyprepia lubricipeda. Ochs. , Schmett. von Europ. , IV, p. 35g,

Bombyx lubricipeda. Hubn., Bomb. , tab. 35, fig. i55, i56.

— Larv. lepid. III, , Bomb. , II, verœ L, 6 , fig. d, e. Fab., Ent. Syst., III, i, 4^» , i38. — Wien. Verz. , Esp. ,

IlLIG. , ScHiEFF. , WlLKES, BoRKH. , ROSSI , ViEWEG etC.

Arclia lubricipeda. Schrank, Faun. Boic. , 2 , B. abth. , S.

Sepp , Neederl. Ins. , II th. , tab. 1 1 , fig. i - 1 1. RoESEL, his. Bel., tab. 47, fig- 1-8.

La phalène lièvre. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 167, fig. 2o3,

Écaille lubricipède. God. , Pap. d e France , t. IV, pi. 27, fig. 3.

Elle a le port et la taille de Menthastri, et elle se rapproche de Mendica. Ses poils sont d'un brun plus ou moins roux, avec tout le dos d'un gris noirâtre plus ou moins sombre, et divisé sur le \ aisseau dorsal par une petite ligne d'un gris blanchâtre. Les parties latérales sont blanches ou blanchâtres, excepté le long des pattes où elles sont plus ou moins noirâtres. Le blanc est toujours plus pur sur le bord de la couleur dorsale ; de même que le noirâtre est plus foncé sur le bord du blanc. Les stigmates sont blancs , placés ordinairement sur un fond d'un noir un peu bleuâtre , qui envoie souvent dans les individus dont le blanc descend près des pattes , un trait oblique noirâtre sur chaque anneau. La tête est d'un roux clair. Le dessous du corps est d'un noir bleuâtre , avec les pattes d'une couleur pâle presque blanchâtre. Dans beaucoup d'individus les côtés sont blancs jusqu'aux pattes , et de chaque patte il part un trait noirâtre , oblique d'arrière en avant , et plus ou moins bien prononcé.

CHÉLONIAIRES.

crevasses des murailles une coque grisâtre entremêlée de ses poils.

La chrysalide est d'un brun noir, et diffère à peine de celle de Menthastri.

L'insecte parfait éclôt en mai et juin de l'année suivante. Il se trouve en Angleterre, dans ^e nord de la France et de l'Allemagne, et quelquefois dans le centre de l'Europe

fiOMBYClNES.

ORGYA FASCELINA. PL i3,%. i.

Fusca vel cinereo-fusca , pills obscuris vel flavescentihus ; fasciculis quinque niyris lateraliter albis ; penicillo anali nigro.

OcHS., Sclimett. von Europ., III, p. 2i4, n° 3.

Bombyx fascelina. Linn. , Syst. Nat. > I, p. 826, 55.

Fab. , Eut. Syst., III , 2 , 439 , 98. — Degeer , Illig. , Wien.

VeHZ. , RoESEL , BORKH. , MuLL. , CtC.

HuBN., Bomb., tab. 2i,fig. 81. — Larv. lepid. , III, Bomb.,

II , ver. D . a , b , fig. 2 , a.

La patte étendue agathe. Ernst , Papill. d'Europe, pi. 161 ,

fig. 209.

Bombyx porte-brosse, God. , Pap. de France, IV, pi. 23, fig. i .

Elle a le port de la Pudihunda. Son corps est noirâtre , souvent un peu jaunâtre sur les côtés, garni d'aigrettes de poils jaunâtres, entremêlés d'autres poils noirâtres plus longs. Ces aigrettes sont verticeliées et implantées sur des tubercules plus clairs que le fond. Les quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième anneaux portent chacun une brosse d'égale longueur. Les poils qui composent ces brosses sont blancs ou blanchâtres sur les côtés et noirs dans le milieu. Ils sont tous coupés de niveau comme dans les espèces congénères. Le onzième anneau est surmonté d'un pinceau de poils noirs plus court, moins long et moins pointu que dans Pudihunda. Le premier anneau porte de chaque côté, près de la tête, un petit faisceau de poils noirs, qui simule, lorsque la chenille marche, des espèces de cornes. Ces deux faisceaux sont plus ou moins prononcés, mais toujours beaucoup moins que dans les Gonostigma , Bupesris, Ântiqua, etc. Les stigmates sont d'un roux un peu briqueté. Le dessous du corps est noir, marqué de blanchâtre ou de blanc jaunâtre.

On trouve souvent une variété dont les aigrettes sont noirâtres, à peine entremêlées de quelques poils jaunes.

Avant la dernière mue, les trois dernières brosses sont blanches. Les petites chenilles naissent an mois de septembre, et

BOMBYCINES.

passeat l'hiver. Elles commencent à prendre de la nourriture dès le premier printemps. Dans les premiers jours de juin , elles sont ordinairement parvenues au terme de leur accroissement ; alors elles filent dans les feuilles une coque assez légère, d'un gris cendré, dans laquelle elles font entrer une partie de leurs poils.

La chrysalide est cylindrico-conique , d'un noir brun , avec les incisions ferrugineuses et les derniers anneaux de l'abdomen velus.

La chenille se trouve dans une grande partie de l'Europe méridionale et tempérée sur le genêt [spartium scoparium) , le prunellier, l'aubépine, l'hippophaé [hippophae rhamnoides) , la luzerne, le trèfle, etc. ; mais elle semble préférer le genêt.

L'insecte parfait éclôt au mois d'août.

Aux environs de Grenoble nous avons trouvé cette chenille jusqu'à la fin de septembre.

BOMBYCINES.

ORGYA PUDIBUNDA. PI. i?., fig. o. et 3.

Flavo-viridis pilis concotoribus incisurix trihris atris, fascicuiis quatuor dorsalibus ; peniciUo anali roseo.

OcHS. , Schniett. von Enrop. , HT, p. 209, n" i.

Bombyx piidibunda. Linn. , Sjst. Nat. ,1,2, 824 ■> '">4-

Fab. , Eut. Sjst., III , I, 43H, 97. — WiEN. Verz., Scopol. ,

SCH^FF. , BoRKH,, McLL., RoSSI , etC.

Sepp, Neederl. Ins. ^ ÏI th. , tab. 17-18, fig. i-i3.

Bombyx juglandis. Hubn., Bomb. , tab. 21 , fig. 84, 85. —

Lai V. lepid. , III , Bomb. , II , ver. D , 6 , fig. i , a. La patte étendue. Geoff. , Hist. des Ins. , t. II , p. ii 3, n" 1 5. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 160, fig. 207. Bombyx pudibond. God., Pap. de France, t. IV, pi. 22, fig. 2

et 3.

Cette belle chenille est ordinairement d'un vert-pomme ou d'un vert jaunâtre. Son corps est garni de poils de la même couleur. Les quatrième , cinquième , sixième et septième anneaux portent chacun une brosse d'égale longueur. Entre ces brosses les incisions sont d'un beau noir de velours, et paraissent plus ou moins larges , selon la position que prend la chenille. L'incision placée en arrière du septième anneau est noire comme celles qui la précédent, mais elle esf très peu apparente. Les huitième , neuvième et dixième anneaux sont marqués de chaque côté du dos d'une raie noire, souvent bordée de jaunâtre en dessus, et interrompue à chaque anneau. Le onzième anneau porte un faisceau assez long de poils d'un rose plus ou moins violet. Les côtés sont garnis de poils aigrettes , implantés sur de petits tubercules de la couleur du fond. La tête est d'un jaune un peu verdâtre, marquée antérieurement d'une excavation en forme de A renversé. Les stigmates sont blancs, cerclés de noir. Le dessous du corps est d un noir foncé , avec les pattes d'un vert plus ou moins jaunâtre.

On rencontre quelquefois une variété «jui est d'un vert foncé.

BOMBYCIKES.

Souvent ou en trouve une autre dont tout le corps est d'un gris violâtre , ainsi que les poils , mais les incisions et la raie noire latérale restant les mêmes, on la reconnaît facilement. Dans cette variété, le pinceau du onzième anneau est d'un rose noirâtre ou d'un violet obscur, et les stigmates sont en partie dépourvus de bordure.

Cette chenille est assez commune à l'automne sur les pommiers, sur les chênes, le noisetier, l'orme, le peuplier, etc., et quelquefois sur le noyer [juglans regîa). Lorsqu'elle est parvenue à son entier développement, elle file entre les feuilles, ou dans les bifurcations des branches , une coque légère, d'un jaune plus ou moins roussàtre , dans laquelle elle fait entrer ses poils.

La chrysalide est cylindrico-conique , un peu obtuse , d'un noir-brun luisant , avec les incisions plus claires , et les anneaux postérieurs rugueux et velus. Elle passe l'hiver, et 1 insecte parfait éclôt en mai de l'année suivante. Les petites chenilles naissent en juin.

JJOrgya pudibunda est commune dans une grande partie de l'Europe.

UOMBYCIN ES.

ORGYA TRIGOTEPHRAS . PI. i6,ng. i.

Nigra pilîs flavesccntîbus , (uherculis incisurisque rubris ; fasciculis quatuor dorsalibiis luteis ; penicîlUs antenncc-formibus analique niqris. ^'

BoiSD. , Ind. metfi. , p. 46-

Cantener , Pap. du Var, p. 80 , m Revue entom. , t. I.

Orgya erîcœ. Lefebv. , Ann. de la Soc. linn. de Paris.

Elle est ordinairement un peu plus petite que celle d'^n tiqua. Le fond de sa couleur est noir ou brunâtre, avec les poils jaunes. La tête est noire, garnie de poils jaunes. Le premier anneau porte de chaque côté près de la tête , comme dans les espèces du même genre, un petit tubercule roussâtre, surmonté d'une longue aigrette ou pinceau de poils noirâtres dilatés à leur sommet. Le onzième anneau offre une aigrette de poils semblables. Tous les anneaux ont en outre une rangée demi-circulaire de tubercules rouges ou rougeâtres , surmontés chacun d'une petite étoile de poils jaunes. Les incisions sont aussi marquées d'une petite bande transversale de la même couleur. Les quatrième , cinquième , sixième et septième anneaux portent chacun une brosse jaune , d'égale longueur. Dans quelques individus , les tubercules rouges de la rangée inférieure tendent à se réunir et forment quelquefois une raie latérale rouge. Le dessous du corps est d'une couleur livide.

Pour se métamorphoser, elle file une coque grisâtre, molle, entremêlée de soie et de poils.

La chrysalide est d'un noir assez brillant , garnie de quel- ({ues poils sur le dos. Son extrémité se termine par une pointe armée de soies crochues. La chrysalide de la femelle est plus grosse que celle du mâle, plus épaisse, et n'offre point de marques d'ailes.

L'insecte parfait éclôt au bout de quinze jours de métamorphose.

tH

410MBYC1NES.

La chenille vit sur plusieurs plantes très différentes, telles que le chêne vert, quercus ilex; le chêne liège, quercus suher ; les genêts , etc. On la trouve au printemps et dans Tété.

Meissonmer.

Cette espèce a été découverte en Provence , aux environs de Saint-Maximin , par M. le comte de Saporta. Elle a aussi été trouvée aux environs d'Hyères par MM. Meissonnier, Donzel, Cantener et Auran. M. Alexandre Lefebvre Ta rapportée de Sicile, et il eu a le premier donné la description dans les Annales de la Société llnnéenne, sous le nom diOrgya Ericœ.

noMBYciN i:s.

ORGYA GONOSTIGMA. IM. i6, H^. i et 3.

Fnsca vittis qiuifnor aurtuitîacis jntis cineiris; peiiicillis (inteiuuv-fortnibus analîque niyris; fasviciilis quatuor dursalibus fiitvis.

BoiSD. , Ivd. meth. , p. 46.

OcHs. , Scliin. von Europ., IV, p. 9.18, n° 5.

Bombyx gonostlsina. Fab. , Illig. , Scopol. , Esp. , Borkh. ,

ViEWEG , Brahm , etc.

HuBN., Bonib. , tab. 20, i'iQ. 78 , et taJj. Sg , fig. 253. — Larv.

lepid., III, Bomb. , II, veiœ D, a, fig. 2, a. Laria goiwstigma. Schkank, Faun. Boic. , 2, B. 2 abth. , S.

Bombyx gonostigma. God^ , Pap. de France, t. IV, pi. 24,

fig. 3 et 4- La soucieuse. Ernst, Pap. d'Europe, pi. i63, fig. 212.

Elle est souvent un peu plus grande que celle de XAtitiqua. Le fond de sa couleur est brunâtre ou noir, avec quatre bandes longitudinales d'un rouge aurore , dont deux dorsales et une latérale. Entre les bandes dorsales et latérale, les anneaux présentent quelques plis rouges plus ou moins apparents. Les poils sont d'un gris roussâtie, implantés sur tles tubercules d'un gris noirâtre. La tête est noire, luisante, marquée d'une impression en forme de V, d'un jaune brun, et garnie de poils roussâtres. Les quatrième, cinquième, sixième et septième anneaux portent chacun une brosse d'un jaune fauve ou rousse , coupée d'égale longueur. Le premier anneau a de chacune côté un long faisceau de poils noirs, dirigés en avant, dilatés à leur extrémité, et imitant des espèces d'antennes. Le onzième anneau offre un faisceau semblable , incliné en arrière. Outre ces caractères, les raies dorsales ne se continuent pas ordinairement sur les premiers anneaux en avant des brosses. Ces mêmes anneaux sont marqués de plis d'un rouge aurore. On remarque encore sur les raies dorsales une rangée de petites aigrettes d'un jaune pâle ou d'un blanc pur. La raie latérale est pins ou moins sinuée selon les po-

BOMliYCINES.

sitioiis que prend la chenille. Le dessous du ventre est d'un noir olivâtre, avec les pattes jaunâtres, marquées de brun sur leur face externe. Au-dessous de l'aigrette postérieure, les onzième et douzième anneaux sont marqués d'une raie transversale de la couleur des bandes.

Pour se métamorphoser, elle file une coque lâche d'un gris jaunâtre , qu elle place dans les feuilles ou dans les gerçures des écorces.

La chrysalide est d'un noir brun luisant, avec les incisions jaunâtres; elle est garnie de poiis d'un gris plus ou moins jaune. Chacun des trois derniers anneaux est marqué de deux taches blanchâtres.

L'insecte parfait éclôt pour la première fois à la fin de mai et au commencement de juin, et pour la seconde en août, septembre et octobre.

La chenille se trouve dans le centre et dans le nord de l'Europe, en mai, août et septembre, sur beaucoup d'arbres et arbrisseaux , particulièrement sur le pommier, le prunier, le prunellier, la ronce, le framboisier, l'églantier, le tilleul, le chêne, le peuplier, etc.

JiOMliVC! N K S.

ORGYA ANTIQUA. PI. i6, fiy. 4 et 5.

Modo palliJe cinerasceris, modo fusca, macuUs coceineis htt.^ruliter hisen'utis ; penicillis duobus autenna -forniibus , Jdobiis nicdils alterofjue anaii nigris j fasciculis (jîiatuor dovsalibus flav/s vel cincrris.

BoiSD. , IikI. mcih. , j). 4 6.

OcHS., Sclimett. von Europ., IV, p. au i , n° 6.

Bombyx antkjua. Linn., Fab., Wien. Verz. , ïllig., deGeer,

EsP. , BOUKH., MULL. , KOSS. , ViEWEG, BrAHM, LaNG, CtC.

HuBN. , Bomb., tab. 20, fig. 77, et tab. 54, fig. 235. — Larv.

lepid. , III , Bomb., II. Ferœ D, a, figf. i , a. Bombyx antique. God. , Pap. de France, t. IV, pi. 24, fiy. i

et 2.

L'ëtoilée. Geoff. , Ilist. des Ins. , t. II , p. 1 19 , n" 2!3. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 162, fig. 21 1, et pi. i63, fig. 221. Laria antiqiut. Schrank, Faun. Boic. , 2 , B. 2 abth. , S. i5i ,

Le fond de sa couleur est tantôt d'un gris-bleiiâtre très pâle, tantôt brun, tantôt noirâtre, et quelquefois blanchâtre, avec des poils aigfrettés grisâtres, implantés sur des tubercules. Le premier anneau offre de chacjue côté un long faisceau de poils inégaux, dirigés en avant, dilatés à leur extrémité , et imitant des espèces d'antennes. Le onzième anneau a un faisceau semblable incliné en arrière ; le cinquième en présente aussi un de chaque côté. Les quatrième , cin- ([uième, sixième et septième portent chacun une brosse d'égale longueur , qui est tantôt blanche , tantôt grise , tantôt jaune, souvent rousse, et quelquefois noirâtre. Sur chaque côté du corps , on remarque une rangée de tubercules rouges ou d'un rouge rose , supportant de petites aigrettes. Audessous de cette rangée, on en voit une autre, composée de tubercules rougeâtres ou d'un gris rougeâtre, donnant naissance à des aigrettes plus fournies. Le dos entre chaque brosse a les incisions noires ; et depuis la dernière brosse jusqu'à la queue le fond devient plus obscur, et présente sur

IIOMBYCINES.

chaque anneau deux tubercules rouges qui , eu s'aliguant avec ceux de la rangée latérale, forment une bande demi-circulaire. Les trois premiers anneaux ont aussi chacun une rangée demi-circulaire de tubercules rouges ou rougeâtres. La tête est noire ; les stigmates ne sont pas distincts. Quelquefois vers les pattes il y a une raie jaunâtre, interrompue par les tubercules de la seconde rangée. Tout-à-fait à la base des pattes, il y a une troisième rangée de tubercules grisâtres portant des poils aigrettes. Le dessous du corps est d'un gris noirâtre, avec les pattes plus pâles, lavées de brun sur leur côté externe.

Pour se métamorphoser, elle file une coque blanchâtre, lâche, entremêlée de ses poils.

^ja chrysalide est noirâtre, velue, avec les anneaux du ventre d'un blanc jaunâtre ou verdâtre en dessous.

L'insecte parfait éclôt en juin pour la première époque , et en août, septembre et octobre pour la seconde ; mais il est à croire qu'il y a plusieurs générations pendant l'automne. Linné assure que le mâle porte la femelle d'arbre en arbre.

On trouve la chenille depuis le mois de mai jusqu'en octobre, dans une grande partie de l'Europe, sur presque tous les arbres et les arbrisseaux. Elle est quelquefois si commune qu elle dépouille certains arbres de leurs feuilles.

Les œuls passent l'hiver et éclosent au printemps. Après la première mue les petites chenilles se dispersent.

BOMBYCINES.

LIPARIS CHRYSOftRHiEA. PI. 8 , fig. i et 2.

Nigro-fusca pilis subfasciculatis rufescentibus, macuUs dorsalibus i^bris, maculisque biseriatts albis.

BoisD. , Ind. meth. , p. 46.

OcHS. , Schinett. von Europ. , III, p. 202.

Bombyx cluysorrhœa. Hubner, Bomb. , 18, fig. 67 — 58,

fig. 248 , 249- — Larv. lepid. , III , Bomb. , II , C. a , fig. i ,

LiNN. , S. N.,l, 2, 822, 45.

Fab., Eut. S., lïl, 1,458, 160. — WiEN. Verz. , Illig., Scop.,

RoESEL , WiLKES, BoRKH., MULLER , ViEWEG , etC.

Laria chrysonhœa. Schr. , Faun. J?. , 2, B. 2 , abth. S. 1 5o, n° 3. La phalène blanche à cul brun. Geoff. , Hist. des Ins. , t. II ,

p. II 7, n" 20.

Ernst, Pap. d'Europe, pi. i35, fig. 182, a — f. Bombyx cul-brun. God. , Pap. de France, IV, Bomb. , pi. 27,

fig. 3,p 273.

Le fond de sa couleur est d'un brun noirâtre , avec six rangées de tubercules de la même couleur, surmontés de poils aigrettes roussâtres. Elle a sur le dos , à partir du troisième anneau, deux rangées de taches blanches. Sur le neuvième et le dixième, et quelquefois sur le huitième et le septième anneau, il y a une tache arrondie d'un rouge cinabre , placée entre deux petits faisceaux très courts de poils roussâtres. Sur les autres anneaux ces petits faisceaux existent de même entre les taches blanches. Sur le premier, le second et le troisième anneau , il y a quelques plis transversaux rougeâtres peu apparents et comme vésiculeux. Les taches blanches sont bordées de chaque côté par un petit pinceau roussâtre ou brunâtre. Les deux taches rouges du neuvième et du dixième anneau sont comme vésiculeuses , un peu rétractiles, et plus vives que les autres. La tête est d'un noir brunâtre. Les stigmates sont à peine distincts. Le dessous du corps est noir, strié de jaune transversalement. Toutes les pattes sont noirâtres avec l'extrémité d'un brun clair.

IIOMBYCINKS.

Quelquefois les taches rouges sont divisées par une ligne dorsale brune, ce qui semble former deux raies rouges mal arrêtées.

C'est dans le courant de juin qu'elle se métamorphose. Elle file , entre les feuilles ou dans les bifurcations des branches , une coque molle, grisâtre, entremêlée de quelques poils.

La chrysalide est noirâtre, parsemée d'un duvet ferrugineux.

Cette chenille est extrêmement commune, et elle fait beaucoup de dégâts sur les arbres fruitiers , qu'elle dépouille souvent de toutes leurs feuilles. Elle vit aussi en familles nombreuses sur tous les arbres forestiers. C'est en partie pour elle que l'on a ordonné l'échenillage.

Les œufs éclosent en septembre ; les petites chenilles passent l'hiver en commun sous une tente soyeuse, divisée en autant de cellules qu'il y a d'individus. Dès que les arbres fruitiers , tels que pruniers , abricotiers , etc. , commencent à fleurir, elles sortent de leur retraite , dévorent toutes les fleurs ou les jeunes feuilles qui sont dans le voisinage de leur habitation ; aussitôt que la nuit approche , ou s'il vient à tomber de l'eau, elles se mettent à l'abri dans leur tente. Quand il n'y a plus rien à manger sur la branche où elles s'étaient établies , elles en choisissent une nouvelle, et y dressent en peu de temps une nouvelle tente. Après la dernière mue elles quittent leur demeure pour n'y jamais rentrer, et elles se répandent sur toutes les branches de l'arbre.

L'échenillage est un bon moyen de détruire cette espèce ; mais il faut le pratiquer à la fin de l'hiver, et ne pas attendre comme on le fait souvent que les petites chenilles soient sorties de leur retraite. Enduire les nids avec de l'huile, de l'eau de chaux, ou de l'eau dans laquelle on a mis un cinquantième d'acide sulfurique , est encore un moyen qui a de grands succès. Nous recommandons aussi aux agriculteurs, ainsi que nous l'avons déjà fait en parlant de la Livrée, de brûler les nids en passant rapidement une poignée de paille allumée sur Ja branche qui les supporte.

liOMP.YCINES.

LIPARIS AURIFLUA. PI. 8, li{;. 3 et 4.

JS'ujra pilis litfjricanlibus, linea dorsali yenn'na alteraque lalerali luhris ; inaculis albis hiseriatis.

BoiSD. , Incl. nietli. , p. l[G.

Oci\s. ^ Schinett. von Euvop., Ill, p. 2o5.

Bombyx aiivlfliia. Hubn. Bomb. , 18, fi(;. 68, G9. — Larv.

lepiil. , III , lîomb. II , C «, fig. -2, a, b , c. Fab. , Eut. S. , m, i, 459, 161. WiEN. Vehz., Illig., ISoesei.,

RouRH. , ViEWEG, Rkahm, etc.

Laria auiiflaa. Schrank, Faun. B., 2, R. 2, abth. S. i5i ,

n''4- La phalène blanche à cul jaune. Eunst, Papillon d'Europe ,

pi. i36, fig. i83, rt — f.

Rombyx cul-doré. Gor». , Pap. de France, IV^, Bomb. , pi. 27,

Elle est de la taille de celle de ClnysoiThœa, et elle lui ressemble un peu, quoique très différente. Elle est d'un brun nonavec les poils plus doux et d'un gris noirâtre. Elle a sur le dos, à partir du premier anneau, deux rangées de taches d'un blanc pur, un peu pulvérulentes et comme farineuses. Entre ces deux rangées de taches il y a nue double ligne d'un rouge vif, qui se dilate en croissant sur le quatrième anneau, lequel ainsi que le suivant est relevé en bosse charnue. Sur le neuvième et le dixième anneau, il y a aussi entre les deux lignes rouges deux très petites taches rouges un peu rétractiles. Les tubercules des côtés sont rouges ou d'un ferrugineux rouge , liés l'un à l'autre par une raie latérale rouge plus ou moins prononcée. H y a sur le premier anneau deux ou trois traits d'un jaune rougeàtre. Les stigmates ne sont pas distincts. La tète est d'un noir foncé. Le dessous du corps est noirâtre avec les pattes blanchâtres.

Dans sa jeunesse le rouge et le blanc sont d'une couleur un peu moins pure. Elle subit sa métamorphose à la fin de juin, et reste environ trois semaines sous l'état de nymphe.

BOMBYCINES.

La chrysalide est noirâtre, parsemée d'un petit duvet jaunâtre , avec les incisions un peu ferrugineuses.

Les œufs éclosent aussi en septembre, et les petites chenilles passent Thiver dans une tente commune.

Cette chenille , étant moins commune que celle de Chrysorrhœa, est beaucoup moins nuisible; d'ailleurs elle habite principalement les bois et les haies d'épine. On la trouve sur le chêne, \e charme, \e saule, \e prunellier , le peuplier, et sur-tout sur Xaubépine.

BOMBYCINES.

LIPARIS SALICIS. PI. 9,fig. i^.

Chierea , dorso nigro macuUs albis rotundatls , serîatim catenatis ; tuberculis pilîferis ferrugineis.

BoiSD., Ind. method., p. 46.

OcHS. , Schmett. von Europ., III , p. 198.

Eombyx sallcis.HvDN., Bomb., i8,fig. 70. — Larv. lepitl. ,

IIÏ, Bomb., II, C. b , fig. i , a.

Linné, 6". iV. , I, 2, 822, 46.

FAB.,£n?. .Ç.jIII, 1,459, i63.

BoRKH. , Europ. schmett., III th., S. 292, n° iio. — Wien.

VeRZ. , ViEWEG, EsP, , ROESEL , HuFNAG. , IlLIG , RoSSI ,

Lang , etc.

Sepp , Neederl. Ins., tab. IV, fig. i — 8. L'apparent. Geoff. , Hist. des Ins., t. II, p. 116, n° 19. Ernst, Pap. d'Europe, pi. i35, fig. a — d. Bombyx du saule. God., Pap. de France, IV, Bomb, , pi. 27,

fig. 2, p. 271.

Laria salicis. Schrank, Faun. B. , 2 , B. 2, abth. S. i5o, n" 2.

Le dos est noirâtre avec deux lignes jaunes, quelquefois blanchâtres, interrompues et renfermant entre elles deux , une; série de grosses taches dorsales , arrondies , blanches ou d'un blanc un peu jaune. Chacune de ces taches est divisée en deux par les incisions. Les côtés sont d'un blanc bleuâtre ou grisâtre plus ou moins marbré de noirâtre , avec deux rangées de jietits tubercules d'un ferrugineux clair, surmontés de poils roussâtres. Les taches dorsales, qui sont comme enchaînées, sont séparées l'une de l'autre par des tubercules semblables à ceux des côtés. La tête est d'un cendré noirâtre, garnie de poils d'un gris blanchâtre. Le dessous du corps est d'un brun lavé de pourpre, avec les pattes membraneuses fauves.

Les petites chenilles éclosent à la fin d'avril. Dans leur jeunesse les taches dorsales sont plus jaunes, et le plus souvent elles ne se touchent pas.

En juin elles filent une coque dans des feuilles qu'elles lient avec des fils de soie, ou dans les rides des écorces.

BOMBYCINES.

La chrysalide est noire avec des petits bouquets de poils jaunes. L'état i(p|nymphe dure de quinze à vingt jours.

Cette chenille est très commune sur les saules et les peupliers dans une grande partie de l'Europe.

Les œufs qui sont verdâtres sont disposés par rosaces sur le tronc des peupliers et des saules , et recouverts par un enduit d'un blanc luisant ; ce qui pourrait les faire comparer trivialement à un crachat.

Dans les localités où elle est assez commune pour dépouiller les arbres de leurs feuilles , on peut en diminuer beaucoup le nombre en enlevant pendant l'hiver ces plaques luisantes qui renferment une ponte tout entière.

BOMBYCINES.

LIPARIS DISPAR. PI. 9, fig. 3 et 4.

Nigricans cinereo reticulata ttiberculis pîliferis, anticis cjaneù, alteris ferrugineis.

BoisD. , Ind. me^. , p. 46.

OcHS. , Schmett. von Europ., III, p. igS.

Bombyx dispar. Hubn. , Bomb., 19, fig. yS et 76. — Larv.

lepid., III, Bomb., II, C. c, f, 2, a, b, c. Linné, 5". iV. , I, 2, 821 , 44* Fab. , Ent. S., III , I, 437 , 94- BoRKH., Europ. schmett., III th., S. 3i2, n° 118. — Wien.

VeRZ. , PaNZER , VlEWEG , BrAHM , EsP. , ROESEL, SCH^FF. ,

Illig. , etc.

Sepp , Neederl. Ins., Iiab. II, III , fig. i — i5. Le zigzag. Geoff., Hist. des Ins. , t. II , p. 1 12 , n° 14. Ernst, Pap. d'Europe, pi. i38, fig. 186 , a — g. Bombyx disparate. God. , Pap. de France, IV, Bomb., pi. 25 ,

fig. I et 2 , p. 256.

Laria dispar. Schrank. , Faun. B. , 2 , B. 2 , abth. S. i5 r, n° 6.

Le fond de sa couleur est d'un brun noirâtre finement réticulé et vermiculé de gris, ou de gris jaunâtre, sur-tout sur le dos. Les tubercules des cinq premiers anneaux sont d'un bleu barbeau ; ceux des anneaux suivants sont ferrugineux. Sur les uns et les autres sont implantés des poils assez roides d'une couleur roussâtre. La tète est grosse , réticulée de gris, et marquée dans son milieu d'une tache triangulaire jaunâtre. La partie antérieure du premier anneau porte de chaque côté un tubercule saillant, surmonté par des poils un peu plus longs que les autres , d'un brun noirâtre , qui forment des espèces de moustaches assez remarquables. Le dessous du corps est d'un grisâtre plus ou moins obscur, avec les pattes d'un fauve brun.

Les petites chenilles naissent au mois de mai ; dans le courant de juillet elles ont acquis leur entier développement. Elles filent alors dans les crevasses des arbres , sous la cor-

BOMBYCIiNES.

niche des murs , etc. , un réseau extrêmement léger, dans lequel la chrysalide est à peine renfermée ; souvent, même elle n'est guère attachée que par la queuf .

Celle-ci est d'un brun noirâtre, avec les incisions plus claires et les anneaux garnis de petites étoiles de poils roussâtres. La queue ou extrémité anale finit en une pointe large, terminée par deux faisceaux de petits crctehets ferrugineux.

Le papillon paraît au bout de quinze à vingt-cinq jours.

Cette chenille vit sur presque tous les arbres , soit forestiers ou autres. Comme elle est très commune elle occasione souvent de grands dommages aux arbres fruitiers. Nous avons vu en 182.3 tous les arbres de la forêt de Sénart et de Fontainebleau entièrement dépouillés de leurs feuilles par cette chenille. On aurait pu se croire au milieu de l'hiver. INe trouvant plus rien à manger, elles couraient à terre dans toutes les directions pour chercher ailleurs leur nourriture. Elle se tient souvent une partie du jour dans les gerçures des écorces. Il faut la toucher avec précaution, parcequelle occasione quelquefois de légères démangeaisons , mais qui n'ont rien de dangereux.

Les œufs sont disposés sur les troncs d'arbres par paquets, recouverts d'une espèce d'étoupe soyeuse d'une teinte roussâtre , ressemblant assez par la couleur à un morceau d'amadou.

En enlevant ces paquets pendant l'hiver avec un grattoir ou tout autre instrument, on détruit une énorme quantité d'œufs ; et en répétant cette opération plusieurs années de suite, on réduit le nombre de cette espèce au point qu'elle ne peut plus nuire.

BOMBYCINES.

LIPARIS MONAGHA. PI. 18, fig. 3, 4 et 5.

Pilosa, cinereo-albida vel cinereo-virescens, fascia dorsali lata utrinque sinuata, ultra médium intenixpta , vel obsoleta tuberculisque piliferis , fuscis ; tuberculis duobus anticîs cyaneis.

BoisD. , Ind. meth. , p. 46.

OcHs. , Schmett. von Europ., IV, p. 192, n° l^.

Bombyx monacha. Linn. , Syst. Nat, 1 , 2 , 821 , 43-

Fab. , Etit. Syst. , III , 1 , 446, 1 ) 9. — Illig. , Scor. , ScHiEFF. ,

EsP. , BoRKH. , View. , Brahm , etc.

HuBN. , Bomb. , tab. 19 , fig, 74. — Larv. lepid. , III , Bomb. ,

II, verœ G, c ,f, 2 , a, \ ^ a, b.

Laria monacha. Schrauk, Faun. Boic.,2, B, i abth. S. a56 ,

Kleeman , tab. 33, figf. i-6.

Seep, Need. Ins. , tab. 19, fig. 1-6.

Bombyx moine. God. , Pap. de France, IV, pt 26 , fig. 3 et 4- Le zigzag à ventre rouge. Ernst, Pap. d'Europe, pi. i3j,

fig. i85, a-2.

Elle ressemble un peu à celle de Dispar, mais elle a une forme un peu plus raccourcie. Le fond de sa couleur est d'un gris presque blanc , tirant souvent sur le verdâtre , légèrement sablé et vermiculé de noirâtre principalement sur les côtés , avec des tubercules portant des poils bruns, étoiles et assez rciides. Le dos est couvert par une bande brunâtre , dilatée transversalement et comme échelonnée , à partir du quatrième anneau inclusivement. Cette bande disparaît tout-à-coup , ou au moins en partie , sur le huitième anneau ; puis elle reparaît sur les neuvième , dixième et onzième. Sur le milieu du second anneau, où elle est d'un bleu noir et marquée de deux tubercules bleus , elle se dilate un peu en forme de cœur. Sur le neuvième et le dixième elle est ordinairement marquée d'un tubercule rouge ou ferrugineux. Outre cela , les côtés offrent deux séries de tubercules , dont ceux de la supérieure sont obscurs et ceux de l'inférieure blanchâtres. Entre ces deux

BOMBYCINES.

rangées sont les stigmates , qui sont d'un gris blanchâtre ou jaunâtre, à bordure un peu plus obscure et assez peu distincts. On voit souvent encore une raie latérale noirâtre interrompue par les tubercules de la première rangée. Le premier anneau offre de chaque côté , comme dans le Dispar, une longue aigrette étoilée en forme de moustache, portée sur un tubercule long et presque pédicule.

La tête est velue , d'un brun roussâtre , marquée d'une ligne médiane et de linéaments grisâtres. Le dessous du ventre est d une couleur verdâtre , ainsi que les pattes membraneuses ; les pattes écailleuses sont un peu roussâtres.

La chrysalide est d'un brun-bronzé luisant , garnie circulairement de petits faisceaux de poils roses. Elle porte en outre deux petits bouquets de poils noirs à la partie antérieure de la tête et deux semblables sur le corselet. Son extrémité anale se termine par une pointe noire assez longue , cylindrique , armée de soies crochues. »

On trouve la chenille dans le courant de juin et au commencement de juillet sur plusieurs arbres forestiers, mais particulièrement sur le hêtre ^ fagus sylvatica; sur le chêne, quercus î'obur, et sur le Tpm,pinus sylvestris.

Il est des années où elle est si commune dans certaines parties de l'Allemagne , qu'elle dépouille entièrement les pins de leur feuillage. Pendant le jour elle se tient souvent dans les crevasses des arbres , et elle est d'autant plus difficile à apercevoir qu'elle se confond par sa couleur avec celle des écorces.

Sa métamorphose a beaucoup d'analogie avec celle de Dispar. Elle file à peine un léger tissu pour maintenir sa chrysalide , qui quelquefois est sortie du réseau et suspendue par les soies crochues qui la terminent.

L'insecte parfait éclôt au bout de quinze à vingt jours. Il est commun dans le nord de l'Europe.

BOMBYCINES.

BOMBYX POPULI. PI. i8, fig. i et 2.

Villosa, cinerea, fascia lata, clorsali , obscuriori, utrinque strangulata , annulatimque luteo vel albido quadripimctata ; sœpius linea nigra sinuosa taterali nigra; annulo antico collari rubro interrupto.

BoiSD. , Ind. meth., p. 4 8.

OcHS., Schmett. von Europ., IV, p. 276, n" i5.

Bombyx popuU. Linn. , Syst. Nat., I, 2, 818, 34-

Fab., £"«<. Syst. , III, I, 429, n" 70. — Wien. Verz. , Illig. ,

SCH^FF. , EsP., ScHRANK, BoRKH. , ViEWEG , LaNG , CtC.

HuBN. , Bomb., tab. 36, fig. i36. — Larv, lep. , III,Bomb.,

II , verœ M, 6, fig. i, a, 6, c.

Bombyx du peuplier. God. , Pap. de France, t. IV, pi. lo,

fig. 74.

La phalène du peuplier. Ernst, Pap. d'Europe, pi. i83,

fig. 236.

Elle varie beaucoup pour la couleur , qui est tantôt d'un cendré blanchâtre , tantôt d'un gris bleuâtre , et quelquefois d'un gris obscur , avec un semé ou un pointillé noirâtre plus ou moins apparent. Son dos est longé , dans les individus où le dessin est bien prononcé, par une large bande longitudinale d'un gris-noirâtre obscur, très fortemeùt étranglée et comme interrompue dans les incisions ; de manière à former une suite de losanges , ordinairement encadrés de noirâtre, et marqués chacun de quatre points jaunes ou blanchâtres. Le long des pattes elle a le plus souvent une raie noirâtre en feston plus ou moins interrompue, et pouvant disparaître. Dans certains individus on voit aussi , outre cette raie et la bande dorsale , des atomes jaunâtres plus ou moins nombreux, formant une raie continue, souvent mal écrite. Mais dans beaucoup d'autres le dessin que nous venons de mentionner n'est pas distinct ; tout le dessus de la chenille est presque d'une teinte uniforme, avec des atomes plus obscurs et les points jaunâtres ou blanchâtres dont nous avons parlé plus ou moins visibles. Dans quelques autres tout le corps est marbré de

BOMBYCINES.

noirâtre et de blanchâtre. Mais un caractère qui la fera reconnaître au premier coup d'œil de toutes les autres chenilles de la même tribu , c'est un collier interrompu d'un rouge de brique qu'elle porte sur le bord antérieur du premier anneau. Les poils sont fins et grisâtres , très peu abondants sur le dos , et assez nombreux le long des pattes.

La tête est tantôt plus pâle que le fond et quelquefois plus obscure. Le ventre est aplati comme dans les Lasiocampa, d'un verdâtre obscur, avec une tache noire entre chaque paire de pattes membraneuses.

On la trouve pendant le mois de mai sur le chêne, quercus robur; les ^ew^\\evs> , -populus tremula et nigra; le châtaignier, fagus castanea; le hêtre, fagus sylvatica; l'érable faux -platane, acer platanoides , etc. Dans les temps de pluie, elle descend souvent le long des arbres , et se tient alongée et aplatie dans les crevasses des écorces.

Les petites chenilles sortent de l'œuf au printemps et croissent assez rapidement.

Pour se métamorphoser, elle fait une coque ovoïde, très dure , d'une couleur terreuse , collée fortement à l'écorce des arbres.

La chrysalide est cylindrico-conique , obtuse , avec l'extrémité anale garnie de cils roux. Lorsqu'elle est nouvellement transformée , elle est verdâtre , avec les anneaux d'un jaune roux ; plus tard elle devient noirâtre.

L'insecte parfait éclôt en octobre, novembre, et quelquefois plus tard. Il se trouve dans presque toute l'Europe.

BOMBYCfNES.

BOMBYX CASTBENSLS. PI. 3, fig. i et 2.

Villosa, vittis fulvis iiiyro punctatis vîttisgue cœruleis ; capite impunctalo ventre albido myro marmorato.

HuBN. , Bomb., tab. 4o, fig. 177. — Larv. lepid., III, Bomb. ,

II , Q. a, 6 , fig. 2 , a.

BoisD. , hid. metli. , p. 49« LiNN. , S. N., I, 2, 818, 36. — Faun. Suec. , éd. 2, 292, 1 102.

B. neustria. Var.

F\B., Ent. S., m, 1,432,80.

BoRKH., Europ. scliniett., III th., S. 107, n° 29. — Illig.',

WlEN. V^ERZ. , SCH^EFF. , ViEWEG , EsP. , BrAHM, CtC.

Lasiocampa neustria. Schrank, Faun. B., 2, B. 2, abth. S.

Gastropacha castrensis. Ochs, Schmett. von Europ., III , p. 294. La livrée des prés. Eknst, Pap. d'Europe, pi. 181, fig. 233 ,

Bombyx castrense, God. , Pap. de France , IV, Bomb. , pi. 1 3 ,

Elle se rapproche par la forme et un peu par les couleurs de la chenille de Neustria. Elle est de même peu fournie de poils. Les bandes d'un fauve roux placées sur le dos sont tachetées de noir. La raie qui couvre le vaisseau dorsal est d'un blanc jaunâtre ou brunâtre. Les côtés sont bleus, pointillés de noir, et offrent, beaucoup au-dessus des stigmates, une bande rousse bordée de noir de chaque côté et marquée d'un point noir assez gros sur chaque anneau, plus apparent que dans Neustria. Les stigmates sont noirs, placés sur une raie rousse plus ou moins apparente. La tête est velue, d'un gris cendré. Le ventre est blanc avec des grosses taches ou marbrures noires. Les pattes écailleuses sont d'un noir luisant ; les pattes memljraneuses sont fauves, marquées en dehors d'mie tache bleuâtre. Elle est plus belle que la Livrée , et s'en distingue facilement par le manque de taches sur la tête et sur le premier anneau, par l'absence d'éminence sur le der-

BOMBYCINES.

nier anneau, par son ventre blanc marbré de noir, etc.

Dans sa jeunesse elle vit en société nombreuse sous des tentes de soie, ce qui lui a sans doute fait donner le nom de Castrensis.

Parvenue à Fâge adulte, elle se répand dans les environs et vit presque solitaire. Elle est ordinairement parvenue à toute sa taille au commencement de juillet. Pour subir sa métamorphose elle file, sous le feuillage des plantes basses, une coque qui ressemble complètement à celle de Neustria.

La chrysalide a aussi la même forme que celle de Neust7'ia; elle est de même saupoudrée de jaune pâle.

L'insecte parfait éclôt dans le courant d'août.

La chenille est beaucoup moins commune que celle de Neustiia ; elle ne se trouve pas dans le nord de TEurope. Elle se plaît dans les lieux arides et sablonneux ; elle se nourrit sur une infinité de plantes basses , telles que helianthemum guttatwn et vulgare, euphorbia cyparissias , erodium. cicutarium, etc. Lorsqu'on l'élève chez soi il faut la nourrir avec Veuphorbia cyparissias ou Xhélianthètne.

Les œufs de ce bombyx sont aussi disposés par anneaux autour des tiges.

Cette espèce ne vit jamais sur les arbres ; elle est tout-à-fait terrestre. Elle est commune aux environs de Paris.

BOMBYCINES.

BOMBYX NEUSTRIA. PL 3, fig. 4, 5 et 6.

Villosa vîttis fulvis et ccendeis, linea dorsali aiba capite nicjro bipunctato; ventre nigro fusco.

HuBNER , Bomb. , tab. 4o, fig;. 1 79. — Larv. lepid. , III , Bomb. ,

II , Q. a, 6, fig. I, a.

BoiSD. , Ind. metli. , p. 49»

LlNN., ^.iV.,I, 2,818, 34.

Fab. , Ent. .S. , III , I, 432 , 79.

BoRRH., jEuro/?. sc/ime«., III th., S. io3, n° 28. — Ili,ig.,Esp. ,

WlEN. VeRZ. , ScHjEFF. , DONOVAN , MuLLER , ViEWEG , HUFNAGEL, etc.

Gastropacha neustria. Ochs. , Sclimett. vonEurop., III, p. 296. Lasiocampa neustria. Schrank, Faun., B. 1^ B. 2, abth. S.

La livrée. Geoff., Hist. des Ins., t. II, p. 114511° 16. . Ernst, pi. 180 , figf. 23i , a — n.

Bombyx neustrien. God., Pap. de France, IV. Bomb. , pi. i3,

Elle est noirâtre , garnie de poils un peu roussâtres ; elle a sur le vaisseau dorsal une bande blanche , et le long de chaque côté trois bandes d'un roux fauve , dont les deux supérieures séparées l'une de l'autre par une raie noire, et séparées de celle qui est au-dessus des stigmates par une bande bleue plus large que les autres. Les stigmates sont roussâtres , placés sur un fond bleuâtre. Au-dessous d'eux, tout-à-fait à la base des pattes , on voit le plus souvent une raie rousse plus ou moins prononcée. La tète est d'un bleu cendré marquée de deux points noirs. Il y a deux points semblables sur le premier anneau. Le onzième anneau offre une petite éminence bifide d'un gris noirâtre ou presque noire , partagée par la raie dorsale. Le ventre est noirâtre et présente à chaque segment une tache plus obscure. Les pattes sont d'un gris noirâtre foncé ; les membraneuses ont la couronne d'un blanc sale.

Les petites chenilles éclosent au })rintemps ; jusqu'à l'âge

liOMBYCINES.

adulio elles vivent en société nombreuse sous une tente de soie.

En juin elles sont parvenues à leur entier développement. Elles filent alors entre les feuilles , sous la corniche des murs , etc. , une coque molle , ovale , blanche , saupoudrée d'une poussière jaune qui ressemble à de la fleur de soufre.

La chrysalide est d'un noir brun, saupoudrée de jaune pâle, avec les stigmates d'un noir obscur, et la partie postérieure brusquement atténuée et terminée en une pointe alongée.

Ce bombyx éclôt vers le commencement de juillet.

La femelle dépose ses œufs par anneaux autour des petites branches d'arbres sur une couche d'enduit brunâtre. Les bi-asselets qui en résultent ont quelquefois plus d'un pouce de largeur, et résistent au froid le plus intense.

La chenille est extrêmement commune par toute l'Europe ; elle vit sur presque tous les arbres , mais elle préfère les arbres fruitiers, qu'elle dépouille souvent de tout leur feuillage.

C'est au printemps qu'il faut la détruire , en enlevant avec un échenilloir les toiles qui la renferment , ou mieux encore en les brûlant sur l'arbre avec une poignée de paille allumée, que l'on passe rapidement pour ne point endommager ses branches. On peut aussi enduire ces nids avec de l'huile ou une solution de potasse ; mais le meilleur moyen c'est de les brûler. En sacrifiant une petite branche avec l'échenilloir, on préserve l'arbre entier s'il n'y a qu'un seul nid.

On pourrait croire d'après son nom que ce bombyx est propre à la Normandie, tandis qu'il n'y est ni plus ni moins commun qu'ailleurs. Le nom de Neustria a été donné à la chenille par Charleton, qui l'envoya à Moufet.

Les jardiniers l'ont appelée Livrée, parcequ'en effet elle ressemble assez à un ruban.

BOMBYCINES.

BOMBYX CRATiEGI. PI. 4, fig. i , 2, 3, 4 et 5.

Fiisca subvillosa , punctis dorsalibus fulvo-ferrugineis , sœpluscjue faS' cia lateralî vel punctis , albis.

HuBN. Bomb. , tab. 36 , fig. 162. — Larv. lepid., III , Bomb. ,

II, M. 6, fig. I, a, b , c.

BoiSD. , Ind. meth. , p. 48 .

LiNN.,5. iV.,I, 2, 823,48.

BoRKH,, Europ. schmetL, III th., S. 127, n" 34- — Wien.

VeRZ. , IlLIG. , ScHiEFF. , DONOVAN , EsP. , FuESSL. , LanG ,

Brahm, etc.

Gaslropacha cratœgi. Ochs. , Sclunett. von Europ. , III , p. 278. Bombyx mali. Fab. , Ent. 5'. , III, i, 460 , 166. — 4^4 5 85. Sepp, Ins., II, th. V. tab. 25, fig. i — 8. Bombyx de l'aubépine. God. , Lépid. de France, IV. Bomb. y

pi. i2,fi{j. 3, 4, p. 122.

La queue fourchue. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 182, fig. 235,

Elle est à-peu-près de la taille et de la forme de celle de Neustria. Ses poils sont assez rares et d'une couleur roussâtre. Son fond est brunâtre avec une bande blanche sur chaque côté. Cette bande est sinuée sur le côté qui regarde le vaisseau dorsal ; celui qui regarde les stigmates est aussi un peu irrégulier. Le fond brun compris entre les deux bandes blanches forme le plus souvent comme une suite de losanges découpées sur un fond blanc. Sur chaque anneau , ou plutôt sur chaque losange, on remarque deux petites taches d'un roux ferrugineux et une petite raie transverse souvent interrompue, de la même couleur. Dans les incisions , les losanges ont une teinte un peu bleuâtre. Le dessus du premier anneau est un peu roussâtre , ainsi que le dernier, qui est en outre ponctué de noirâtre. Sur les côtés au-dessous des bandes , il y a deux rangs de petits tubercules d'un ferrugineux roussâtre. Les stigmates sont d'un gris noirâtre. La tête est d'un noir luisant avec la lèvre supérieure un peu jaunâtre. Le dessous du corps est noirâtre

BOMBYCINES.

ainsi que les pattes écallleuses. Les pattes membraneuses sont d'un brun rougeâtre. Quelquefois les deux bandes blanches sont légèrement pointillées de brun. Avant la dernière mue les bandes blanches sont plus étroites, et les losanges qui couvrent le dos sont moins bien dessinées.

Cette chenille varie extrêmement , aussi en avons-nous fait figurer cinq variétés. Celle que nous venons de décrire est la plus ordinaire.

La seconde variété n'offre , au lieu de bandes blanches , que deux raies étroites , interrompues à chaque anneau et formées par des points blancs.

La troisième variété n'a ni bandes ni raies blanches interrompues; seulement sur chaque anneau on observe deux petits points blancs qui en tiennent lieu.

La quatrième variété a deux raies blanches latérales plus étroites que Tespéce ordinaire, mais ses incisions sont d'un jaune orangé pâle.

La cinquième variété n a ni points ni raies blanches ; ses incisions sont d'un jaune orangé, et elle ressemble alors un peu aux jeunes individus de Bombyx Rubi, ou à la chenille d'£mydia Jacobece.

Toutes ces variétés peuvent se distinguer facilement à l'aide des points d'un roux ferrugineux , lesquels ne s'effacent jamais.

Elle est parvenue à toute sa taille à la fin de mai ; elle file entre les feuilles ou dans les crevasses des écorces une coque dure, ovale, d'un gris jaunâtre sale.

La chrysalide est raccourcie , d'un brun clair, avec les stigmates noirs. L'insecte parfait éclôt à la fin d'août ou au commencement de septembre.

La chenille vit ordinairement en famille sur Yépine, le prunellier, le pommier sauvage, etc. Après la dernière mue elles se dispersent, et on les rencontre non seulement sur les épines, mais sur le bouleau, le chêne , le cerisier, le saule , etc. Elle se trouve dans une grande partie de l'Europe, dans les bois et sur les buissons d'épine.

BOMBYCINES.

BOMBYX PROCESSïONEA. PI. .

P'dosa, supra cinereo-fusca , lateraliter pallide cinerea, subtus sordide Jlavescens , tuberculis piliferis rubris.

HuBN., Bomb. ,tab. 36, fig. iSg, i6o. — Larv. lepid., III,

Bomb. , II , verce , M , a , figf. 2 , a. LiNN. , Syst.Nat., I, 2,819, 87. — Fab., Esp., Wien. Verz. ,

Illig. , BoRKH. , View. , etc.

Elle est un tiers plus petite que Neustria et espèces voisines. Son dos est d'une couleur noirâtre, avec les côtés d'un cendré pâle , et le dessous du ventre d'un jaunâtre pâle. Elle est outre cela marquée sur chaque anneau d'une rangée circulaire de petits tubercules rougeâtres , d'où naissent de longs poils blancs, fins et assez roides, et dont chacun se termine en crochet à l'extrémité. La tète est grosse et d'un noir assez foncé. Les stigmates sont noirs. Quand elle est parvenue à toute sa taille, les tubercules placés sur les neuf derniers anneaux forment, par leur réunion, sur le milieu du dos un petit ovale rouge trans verse.

Cette espèce est si remarquable par ses mœurs , qu'elle a été étudiée à fond par plusieurs naturalistes du siècle dernier, et tout ce que nous allons en dire est extrait des Mémoires de Réaumur. « Chaque couvée compose une famille de sept à huit cents individus , qui ne doivent se séparer que sous la forme de papillons. Tant que les chenilles sont jeunes, elles n'ont point d'établissement fixe ; les différentes familles campent tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, sur le même arbre où elles sont nées: elles filent ensemble pour former des nids qui leur servent d'asile. A mesure qu'elles changent de peau, elles quittent leur ancien établissement pour en aller former un ailleurs. Quand elles sont parvenues au terme de leur accroissement , qui n'est point éloigné de celui de leur métamorphose en chrysalide, l'habitation qu'elles choisissent aloi^s est fixe. Les nids propres à contenir des familles si nombreuses doivent être assez considérables; il y en a qui ont jusqu'à dix-huit ou vingt

BOMBYCINES.

pouces de longueur, sur six à sept de largeur : ils sont souvent appliqués contre le tronc des chênes , quelquefois proche de la terre , quelquefois à sept ou huit pieds de haut ; il y en a aussi d'appliqués contre une des principales branches. Leur figure n'a rien de singulier ni de bien constant. Ils forment à l'endroit où ils sont appliqués une bosse pareille aux nodosités que l'on voit sur l'écorce de ces arbres. Plusieurs couches de toile, appliquées les unes sur les autres, forment les parois du nid. Entre le tronc de l'arbre et ces parois est la cavité où les chenilles vont se renfermer de temps en temps, qui n'est partagée par aucune cloison; de. sorte que le nid n'est qu'une espèce de poche. Au haut de la toile , près du tronc, est un trou par où les chenilles entrent et sortent à leur gré.

« Quand ces insectes quittent leur logement pour aller s'établir ailleurs , leur marche est faite avec un ordre trop singulier, pour n'avoir pas mérité d'être remarqué par leurs premiers observateurs. Au moment qu'ils sortent de leur habitation , une chenille va la première et ouvre la marche ; les autres la suivent h la file , en formant une espèce de cordon. La première est toujours seule ; les autres sont quelquefois deux, trois, quatre de front. Elles observent un alignement si parfait, que la tête de l'une ne passe pas celle de l'autre. Quand la conductrice s'arrête, la troupe qui la suit n'avance point ; elle attend que celle qui est à la tête se détermine à marcher pour la suivre; c'est dans cet ordre qu'on les voit souvent traverser les chemins, ou passer d'un arbre à l'autre, quand elles ne trouvent plus de quoi vivre sur celui qu'elles abandonnent. Ont-elles trouvé une branche de chêne couverte de feuilles fraîches , alors les rangs se forment autrement , ils se fortifient ; les chenilles se distribuent sur les feuilles , et elles sont si contiguës les unes aux autres , que leur corps se touche dans toute sa longueur. Ont - elles terminé leur repas , elles regagnent leur nid dans le même ordre ; une d'entre elles se met en mouvement , une seconde la suit en queue, ime troisième suit celle-ci, et ainsi de suite; elles commencent à défiler, toujours si près les unes des autres qu'il n'y a pas

BOMBYCINES.

plus d'espace entre les différents rangs qu'entre les chenilles de chaque rang. Souvent le petit corps d'armée fait une infinité d'évolutions tout-à-fait singulières ; il se forme sous une infinité de figures différentes , mais il est toujours conduit par une seule chenille. La tète du corps est toujours angulaire, le reste est tantôt plus , tantôt moins développé ; il y a quelquefois des rangs de quinze à vingt chenilles : c'est un vrai spectacle pour qui peut aimer celui de la nature , que se trouver dans les jours chauds de l'été , vers le coucher du soleil, dans un bois où il y a des nids de Processionnaires. Ainsi c'est pendant la nuit qu'elles se promènent, qu'elles rongent les feuilles fraîches. Pendant le jour, et sur-tout lorsqu'il fait chaud, elles se tiennent en repos dans leurs nids. On eh trouve pourtant quelquefois en plein midi à peu de distance de leur asile, sur des troncs ou sur des branches de chêne , pour prendre le frais ; mais alors elles y sont ordinairement plaquées les unes contre les autres, sans se donner aucun mouvement; d'où il arrive qu'il est difficile de les apercevoir, quoiqu'elles y occupent une assez grande surface. Quelquefois, au lieu d'être simplement couchées les unes à côté des autres , elles^sont les unes sur les autres et comme enlacées ; les supérieures se contournent sur les inférieures, et elles forment ainsi diverses masses assez singulières. Quand elles sont dans leur nid , elles y sont aussi arrangées de quelques unes de ces manières ; elles s'y vident d'une partie de leurs excréments, qui tombent au fond ; elles n'évitent pourtant pas d'en faire tomber sur la toile des parois, peut-être même le cherchent-elles ; ils s'y embarrassent, et servent à épaissir et fortifier l'enveloppe du nid. En commençant le nid qui doit leur servir de dernière retraite , elles lui donnent , au moins en largeur et en épaisseur, toutes les dimensions qu'il doit avoir; il leur arrive quelquefois de l'alonger quand elles ne lui trouvent pas assez de capacité.

« Il est rare que l'on voie dans le jour quelques unes de ces chenilles occupées à travailler. La nuit , qui est le temps pendant lequel elles mangent, est aussi apparemment celui

BOMBYCINES.

du fort de leur travail. Elles ont encore une fois à changer de peau, après avoir commencé à se faire le dernier nid. Lorsque ce temps est arrivé , elles cramponnent leurs pattes contre la surface intérieure de la toile ; la dépouille y reste accrochée ; plusieurs centaines de dépouilles pareilles qui se trouvent successivement attachées à la toile épaississent et fortifient Tenveloppe , d'autant plus que les chenilles les lient avec de nouveaux fils , et le tissu , qui est d'abord transparent , au bout de quelques jours est entièrement opaque. C'est dans ce même nid que les chenilles doivent chacune se filer une coque particulière pour y prendre la forme de chrysalide. »

Leurs coques sont d'un gris-roussâtre obscur, et leur assemblage forme une espèce de gâteau , où elles sont rangées parallèlement les unes aux autres , et dont l'épaisseur est égale à la longueur d'une coque. Lorsque le nid se trouve trop étroit pour pouvoir contenir toute cette réunion de coques accolées Tune à l'autre , elles en font un second ou un troisième contigus au premier.

La chrysalide est assez courte , cylindrico-conique , obtuse , jaunâtre, molle, avec l'extrémité postérieure terminée par plusieurs petites pointes courbes recourbées.

L'éclosion a lieu vers le milieu d'août, au bout de vingthuit ou trente jours de métamorphose.

Cette espèce se trouve dans les bois de chênes d'une grande partie de l'Europe.

La chenille de la Processionnaire est une de celles qu'il faut toucher avec précaution , si l'on veut éviter de fortes démangeaisons aux mains et au visage. Les nids les plus dangereux sont ceux dont les Bombyx sont éclos, parceque leurs dépouilles étant desséchées, elles se brisent avec la plus grande facilité , et se réduisent en une poussière Xrès fine , qui s'attache aux mains et au visage.

Les lotions d'eau acidulée , ou additionnée de quelques gouttes d'extrait de saturne , ou de quelques gouttes d'alcali volatil , sont employées avec succès pour faire cesser ces sortes d'éruptions.

BOMSîYCIPJKS.

BOMBYX DUMEÏI. PI. j5,fig. i, 2, 3 et 4.

Fusca, pilis fulvis instructa, dorso sœpiussubcineiascenti-fuscofasciis annulatim transversis, interruplis, nigris.

BoisD. , Ind. metfi., p. 48.

Gastropacha dumeti. OcHS., Schmett. von Europ. , III, p. 273,

Bombyx dumeti. Hubn., Bomb. , tab. 37, fig. 164. — Larv.

lepid. , Bomb. , II , N , 6, fig. i , a. LiNN. , Syst. Nat. , 1 , 2 , 8 1 5 , 26. Fab., Eut. Syst., III, I, 427, 63. — Wien. Verz.,Ilhg.,

SuLZ. , BoRKH. , etc.

Esp. , Schmett. , III th. , tab. i4 , fig. 3. Lasiocampa dumetî. Schrank, Faun. Baie, 2, B. i abth. ,

La brune du pissenlit. Ernst, Papillons d'Europe, pi. 177,

fig. 227, a-f/.

Bombyx des buissons. GoD., Pap. de France, IV, pi. lo, fig. 1.

Elle a le port et un peu \e faciès de la chenille de Quercus, mais elle est beaucoup moins velue. Le fond de sa couleur est d'un brunâtre obscur, quelquefois avec un reflet ardoisé un peu violâtre, et souvent avec le dos lavé d'un grisâtre plus ou moins sale. Ses poils sont peu nombreux, assez soyeux, assez courts, d'un blond rouge, entremêlés de quelques autres très rares et d'un blond pâle. Chaque segment est marqué de quatre taches noires, transversales, alongées, placées dans les incisions , au commencement et à la fin de chaque anneau. Les deux qui sont situées sur le bord postérieur des anneaux sont le plus ordinairement marquées d'un point d'un blanc grisâtre, et elles deviennent bien visibles lorsque la chenille se roule sur elle-même ; celles au contraire qui sont placées sur le bord antérieur sont presque toujours bordées en avant par une bande transverse, d'un gris-blanchâtre sale. Les côtés, le dessous du corps et les pattes sont d'un noir-plombé livide. Les stigmates sont noirs et assez petits La tête est noirâtre , velue ,

BOMBYCINES.

assez petite , et un peu échancrée eu C(eur. Outre ces caractères , le dessus des anneaux offre quelques plis transversaux noirâtres , et les incisions ont un reflet d'un bleuâtre plombé.

Avant la dernière mue, les taches antérieures ne sont pas bordées en avant par du blanc grisâtre , et le dessus des anneaux est moins grisâtre.

La chrysalide est d'un brun-rougeâtre clair, ou noirâtre ; le dernier anneau est terminé par une large pointe lancéolée , noire , dentée des deux côtés. Le dessous de la poitrine est marqué de deux mamelons noirs assez saillants. Les stigmates sont noirâtres.

Cette chenille est parvenue à toute sa taille dans les premiers jours de juin. Il est difficile de la trouver lorsqu'on ne sait pas qu'elle a l'habitude de se tenir cachée. C'est dans les parcs, les allées des bois et dans les prairies voisines des forêts qu'il faut la chercher. Elle vit sur plusieurs chicoracées , particulièrement sur le pissenlit, leontodon taraxocum, Yhipochœn's radicata , le hieracium ■pilosella. Lorsque l'on aperçoit des feuilles rongées , on est à-peu-près certain de la rencontrer ; mais pour cela il faut chercher sous les plantes basses à quelque distance de la plante mangée jusqu'à ce que l'on trouve ses crottes.

Pour se chrysalider , elle entre en terre à une certaine profondeur dans une galerie qu'elle se creuse à la manière des taupes. Elle ne fait pas de coque proprement dite.

L'insecte parfait éclôt dans le courant d'octobre. Le mâle vole en plein jour comme celui de Quercns. Il se trouve dans le centre et dans le midi de l'Europe.

BOMBYCINES.

BOMBYX QUERCUS. PI. 5 , %. i et -x.

Tomentoso-qriseo-fuscescens, incisuris nigris puncto dorsali alho , linea laterali ferruginea obsoleta ; stigmatibus albidis.

HuBN., Bomb. , tab. 3g, fig". 172. — Larv. lepid., ITI , Bomb. ,

II, %. 2,0, 6, c.

LiNN., 5. iV., I, 2, 81 4, 25.

Fab.,£/?^5.,III, 1,423,53.

BoRKH. , Europ. sclimett., III th., S. 84, n" 22. Ocws. , Scliniett. von Europ. , III, p. 266, n° 11. — Illig. ,

WiEN. Verz., Scop. , Esp. , Panz. , Naturf. ,ViEWEG, etc. BoisD.', Ind. metli., p. 48.

Bombyx du chêne. God. , Pap. de France, Bomb. IV, pi. g,

Le minime à bande. Geoff. , Ilist. des Ins., t. II, p. m. Ernst, Pap. d'Europe , pi. 174 , iig. 225 , a; pi. 275 et 276. Lasiocampa quercus. Schrank, Faiin. B. 2, B. i,abth. S. 127.

VARIÉTÉ

Bombyx sparlii. Hubn. , Bomb., t. 3g, fig. 173, tab. 52. Ernst, Pap, d'Europe, pi. 174? fig. 225, gf-^ ft; pi. 175,

fig. 225, i — k.

Lasiocampa roboris. Schrank. , Faun. B. 2 , B. i, abth. S. 275.

Cette chenille est couverte de poils serrés et comme drapés d'un gris brun, dont les uns sont courts et roides, et les autres médiocrement longs et plus soyeux. Lorsqu'elle marche et qu'elle écarte ses anneaux, ses incisions qui sont d'un noir de velours deviennent très visibles ; chacune d'elles est marquée d'un point blanc, placé sur le vaisseau dorsal. Un peu au-dessus des stigmates on remarque ordinairement une espèce de bande maculaire, blanche, interrompue sur chaque anneau, et quelquefois teintée d'un peu de ferrugineux. Cette bande blanche, qui, du reste, varie un peu, n'existe guère que vers les incisions. Les stigmates sont blancs et bien distincts. Le premier et le dernier anneau sont d'une teinte plus roussâtre

BOMBYGINES.

que les autres. La tête est un peu ferrugineuse, et marquée en avant d'une tache d'un gris jaunâtre en forme de spatule. Entre les pattes et les stigmates on voit encore une raie ferrugineuse , plus ou moins prononcée. Le dessous du corps est noirâtre ; les pattes écailleuses sont luisantes et d'une couleur feuille-morte ; les membraneuses sont brunes variées de ferrugineux.

Dans sa jeunesse, elle est d'un gris blanchâtre sur le dos.

Elle passe l'hiver collée contre les tiges des arbustes , et au printemps elle change de peau. Dès que les feuilles commencent à paraître, elle quitte sa retraite pour se nourrir des bourgeons à moitié épanouis. Au mois de juin elle est ordinairement parvenue à toute sa grosseur; alors elle file une coque d'un brun noirâtre, ressemblant un peu à un gland sorti de sa cupule , souvent un peu concave inférieurement , d'un tissu très serré , très gommé et très dur, et d'un gris jaunâtre luisant en dedans.

C'est sous les pierres , les feuilles sèches à la surface de la terre, dans les trous de murailles, dans les crevasses des écorces , etc. , qu'elle place sa coque.

La chrysalide est raccourcie, ferrugineuse, assez molle, avec les stigmates noirâtres.

L'insecte parfait éclôt ordinairement en juillet.

Cette chenille est commune par toute l'Europe , mais pas assez pour faire du dégât. Elle vit sur les groseilliers, les lilas, Vosier, Xorme, le troène, Vépine, le prunellier, le genêt, la ronce, etc. Ses poils se détachent assez facilement , et lorsqu'on la touche ils pénétrent un peu dans la peau et occasionent quelques légères démangeaisons, qui n'ont aucune suite. Dans tous les cas, on les apaise promptement en se lavant les mains avec un peu d'eau et de vinaigre.

BOMBYCINES.

BOMBYX TRIFOLII. PI. 5 , fî^j. 3.

Tomeiitoso-luteo-fulvescens , incisuris nhjro-cyaneis albido-cyanescente tripunctatis, lunula occipitall auranliaca.

HuBNER, Bomb. , tab. 89, fig. 171. — Larv. lepitl., II[,

Bomb., II, fig. 1 , a.

BoRKH., Europ. sclimett. , III, th. S. 8g, 90, n" 23. Fab., Ent. 6". , III, I, 4 23, 52.

Sepp, Ins. , II th. , tab. XITI , XIV, fi,^. 1 . OcHS., Schmetl. von Europ.., III, p. 262. — Illig., Vieweg,

WiEN. Verz. , Nature. , Rossi , etc.

BoiSD. , Index methodicus , p. 48.

Lasiocampa trîfolu. Schrank , Fau?i., Z?. 2 , B. i, abth. S. 276.

Bombyx du trèfle. God, , Pap. de France, Bomb. , IV, pi. 9,

fig. 82. 3, 4 et 5, p. 99.

Le petit minime à bande. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 176,

fig. 226,0! , b , c.

VARIÉTÉ

Bombyx medicaginis. Borkh. , Rhein. magaz. , I , B. S. 363 ,

OcHs. , Schmelt. von Europ. , III, p. 265. Le petit minime à bande. Ernst, Pap. d'Europe, pi. 176,

fig. 226, c, d,f, gr, i.

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