‹ Collection Jacques DoucetChapitre 4 sur 20 · CHARLES-NICOLAS · texte numérisé non relu

CHARLES-NICOLAS

Illumination des Ecuries de Versailles

à V occasion du second mariage

du Dauphin (g février 1J4J).

Le spectateur, tournant le dos au Château, embrasse toute l'avantcour, dont les balustres sont garnis d'une ligne de pots-à-feu ; plus loin, la place Royale, ornée d'ifs illuminés ; et, au fond, les deux Ecuries, dont les façades sont dessinées par des lumières et les entablements couronnés de girandoles. Une architecture simulée, de semblable décoration, relie entre eux les bâtiments des deux Ecuries, d'un côté à l'autre de la Grande Avenue (aujourd'hui avenue de Paris). Une foule nombreuse remplit la place Royale ; des carrosses sortent du bâtiment figuré à droite, dont la porte est ouverte. Dans l'avant-cour du château, où vont et viennent des groupes de personnages, un carrosse attelé de six chevaux, encadré de cavaliers portant des torches, s'avance vers le château, au milieu d'une haie de spectateurs.

Dessin à la plume et au lavis ; les lumières à la gouache.

Haut., 445 millim.; larg., 905 millim.

Salon de 1750 (sans n°). — Gravé par Ingram [Catalogue de l'œuvre de Ch.-Nic. Cochin le fils, par Jombert, Paris, 1770, n° 161 ; Chalcographie du Louvre, n° 4034).

On lit, dans un encadrement ménagé au-dessous du dessin et coupé d'un cartouche aux armes royales : Vue général (sic) de la grande illumination des écuries de Versailles à l'occasion du mariage de S. M. Louis XV. Cette indication est inacceptable : le mariage de Louis XV fut célébré à Fontainebleau, et il n'y eut aucune fête à Versailles à cette occasion. Il s'agit ici des fêtes données à l'occasion du second mariage du Dauphin, fils de Louis XV, avec Marie-Josèphe de Saxe. Le dessin a vraisemblablement été gratiné d'un titre à une époque où le souvenir de ce qu'il représente s'était perdu.

Au Salon de 1750, Cochin exposait deux dessins consacrés à cet événement : le Roy tenant grand appartement dans la grande galerie de Versailles et les Illuminations des deux grandes écuries de Versailles, jointes ensemble par des arcades de lumières. Le livret ajoute : « Les deux dessins se gravent actuellement ». En effet, le premier a été gravé par Cochin le père, et le second — celui qui nous intéresse ici — par Ingram. Dans le catalogue de la Chalcographie, l'estampe est donnée comme anonyme (n° 4034), sans doute parce qu'elle est avant toute lettre; c'est le catalogue publié par Jombert qui dévoile le nom d'Ingram.

On remarquera que le dessin, préparé spécialement pour la gravure, est en sens inverse de l'estampe; leurs dimensions sont identiques. D'après le Mercure (février 1745, p. 177), l'illumination eut lieu, pour la première fois, le jour du mariage, à l'issue du bal paré donné dans le manège de la Grande Écurie. Ce bâtiment se trouve à gauche, quand on tourne le dos au château. Sur l'estampe, il occupe sa situation véritable.

Cadre style Louis XV; au fronton, les armes royales.

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