ÉCOLE ESPAGNOLE
Lacollectîon formée par M. E.Pacully ne comprend qu'un très petit nombre de deux rangs de perles ornent son col et sa poi[rine; une haute collerette d'ouvrages appartenant à l'Ecole espagnoîe.mais ces ouvrages sont de choix, en point de Flandre, entoure son joli visage, aux traits doux et fins. Sa
chevelure, d'un blond doré, est surmontée d'un toquet à la hongroise, décore de grosses perles er d'un bouquet de plumes, au milieu desquelles brillent un rubis, un saphir Cl une perle d'une grosseurénorme.
Sanchez Gocllo, Felipe de Liane cl Bartolomeo Gonzalez ont tour à lour eu pour modèle cette gracieuse princesse, que Rubens devait peindre dansson dgemùr. LemuséeduPrado conserve plusieurs portraits de l'inlanie. Mais aucun n'est plus vivant et plus délicatement peint que celui dont nous nous occupons ei qui est l'un des meilleurs, à notreavis, qu'ait exécuiéBariolomeoGonzale2,peintre en titre d'office du roi Philippe III et dont les ouvrages n'ont pas été sans influence sur Velazque/,.
Ce portrait a fait partie de la célèbre galerie de l'infant D. Sébastien de Bourbon.
Jésus bénissant les saintes Femmes, par Pedro de Cohdoba.
Entouré des apôtres Pierre, Paul, Judas Taddée et Jean, le Christ est représenté donnant sa bénédiction au groupe prosterné des saintes Femmes; on y remarque la Vierge, Madeleine, Marie Cleophas ei Marie Salomé. Chacune des têtes de ces saints personnages se détache sur un nimbe d'or où se lit, estampé, le nom du personnage; le fond d'or du tableau, frappé et quadrillé de gau* frures d'or, imite l'aspect d'une tenture de cuir de Cordoue.
C'est un rare et précieux spécimen de l'art primitif espagnol que cette peinture, fragment de prédelle, de dyptique ou d'oratoire portatif. Elle est exécutée sur cuJr. comme les peintures de l'Alhambra qui datent approximativement de la même époque, et porte en beaux caractères gothiques la signature de Pedro de Cordoba, avec la date de 14-5, la même qui se lit sur le tableau votif, conservé à la cathédrale de Cordoue et qui représente l'Annonciation.
L'un et l'autre ouvrage sont empreints d'un même et profond sentiment religieux et reflètent puissamment le style, le coloris et le mode de composer que Pedro de Cordoba rapporta d'Italie où il étudia les oeuvres des peintresdu quattrocento, siennois, ombriens et florentins.
Dimensions : Haut. 6?' cent. ; larg.4Sccnt. Forme cintrée.
Portrait de f infante Isabelle- Claire-Eugénie, fille de Philippe II, par Bartolomeo Gonzalez.
L'infante Isabelle-Claire-Eugénie, fille de Philippe II et qui devint la
Gonzalez Bartolo.meo. — L'Infante Isabel-Clara-Eugenia.
(.Musifc du Prado |
Dimensions : H;iut. 64 cent, j larg. 55 cent.
Saint André martyr^
par José de Riuera.
Le saint est représenté debout, en buste prolongé, tout le côié droit du corps nu, ainsi que le bras, étendu sur la poitrine, la main montrant la ' lessure que lui ont faite ses bourjaux. Une draperie de couleur sombre recouvre l'autre épaule et le bas du corps. La main gauche, levée vers le ciel, tient le couteau, instrument de son martyre.
Ribera a empreint le visage du saint d'une expression de résignation et d'abnégation absolues, aussi bienquc d'un sentiment de foi ardent, passionné, profondément chrétien.
C'est bien là le martyr, mourant
femme de Parchiduc Albert et gouvernante des Pays-Bas, est représentée à pour sa croyance, et offrant son supplice et sa vie en holocauste à Dieu,
l'âge d'environ 20 ans, presque en buste et véiue d'un costume d'une élé- Ainsi que dans toutes ses représentations du même ordre, le grand
gante et somptueuse richesse. Sa robe de satin blanc est recouverte de réaliste qu'est Ribera s'est complu, ici, à peindre un vieillard, aux traits
broderies d'or; un collier de pierres précieuses et un second collier formé ascétiques, aux formes émaciées et déjà caduques; et il en a comme burmé
chaque ride, chaque signe de caducité, chaque stigm.e de décrépitude, superbe portrait, d'ur,e tor^alité blonde admirable et d'une facture magis- Cette belle peinture, d'une conservation parfaite, pone en toutes lettres traie.
l'inscription suivante :
JOSEPH DE RIBERA, espauol, f\ tOJy.
Elle a été acquise à la vente de la galerie de l'infant Don Sébastien de Bourbon. , , ^.^^
Dimensions : Haut, i m. 24; larg. i màtre.
Portrait d'un jeune homme, par Francisco Goya. Était-ce un poète, un littérateur que ce jeune homme? Présidaii-ii
quelque cercle littéraire ou encore, comme semblent l'indiquer k-s accessoires de bureau placés devant lui
sur une table (encrier, plumes, sonnette), n'occupait-il pas quelque poste
élevé dans la hiérarchie administrative ?
Il nous est malheureusement impossible
d'établir son exacte identité non plus que
savéritablefonction sociale. Mais, qu'importe? 11 est absolument charmant ce
jeune homme, avec sa chevelure poudrée
à frimas et sa coiffure à Toiseau. 11 est
vêtu d'un habit coupé à la mode du temps,
de couleur sombre, d'un gilet fond blanc.
à rayures espacées, tramées de soie
bleue, en point d'épines, et une ample
cravate de satin noir ferme le col de sa
chemise en fine batiste. Sa physionomie
est extrêmement intelligente et fine,
même elle parait quelque peu hautaine
et railleuse, grâce surtout à deux yeux noirs, spirituels, vifs et très pénétrants. En l'étudiant de près, nous lui trouvons un air de famille avec Goya lui-même.
Serait-ce point là le portrait de son fils Xavier, portrait qui existe, sans que nous sachions où il se trouve. Mais, quelque vague que soit notre hypothèse, le portrait dont nous nous occupons est certainement l'un des meilleurs et l'un des plus harmonieux, dans sa sobre et ferme tonalité, qui soit sorti du pinceau de Goya.
M. Pacullv a acquis ce chef-d'œuvre de la famille même du modèle; elle conserve encore, nous assure-t-on, les lettres que Goya échangea, à l'occasion de leurs relations, avec Ruiz y Prado.
Cette toile porte ta signature de Goya et mesure : Haut. 7? cent., larg. 41; cent.
V Adoration des Mages.
Œuvre anonyme flamande ou bas-rhénane du commencement du xvi" siècle.
Enavant d'un portique destyle Renaissance, décoré de deux colonnes de
marbre rouge et éclairé par une large baie s'ouvrant sur la campagne, la Vierge est assise, tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux. Un roi-mage, le plus âgé, est agenouillé, les mains jointes, devant la mère et l'Enfant divin qui le bénit. Un second mage présente à saint Joseph, qui le reçoit avec admiration, un ciboire gothique richement ciselé; débouta la gauche de cette scène, un troisième personnage qui nous paraît être un page, découvre de son enveloppe un vase d'orfèvrerie de style gothique allemand. En arrière de ce groupe se déroule un profond et lointain paysage, où coule une rivière et que domine une haute colline surmontée d'un burg et d'une église aux clochers efHIés. L'absence du roi nègre est à noter dans cette composition assez confusément présentée.
Bien qu'exécutée en Espagne pour quelque couvent de la Vieille-Castille, V Adoration des Mages n'appartient pas à l'école espagnole. Elle est l'œuvre de quelque peintre flamand — peut-être même bas-rhénan — travaillant dans la Péninsule dans les premières années du xvi« siècle. Son nom est inconnu et le demeurera sans doute toujours, car son ouvrage manque totalement de caractère personnel et d'originalité; par contre, il fourmille d'emprunts et de réminiscences venus d'œuvres anté-
RiBERA. — Saint Paul, ermite.
(Mus^C du Louvre.)
Portrait en pied de Ruî:( y Prado, par Francisco Goya. rieures, italiennes et flamandes. On sent que l'auteur de l'.4^orafîo;i est un
,^ . ,, . • j n • A \ c ,• . A^ «^„u« ^,> gothique attardé, vivant moins sur ses propres facultés créatrices que sur
Ruiz y Prado, ami de Goya, avait exercé les fonctions de maire ou^'^ ' ,..^-ijt7k-,^
.,,,...,., c ' • • • P ■ . . . ^« ,«!««. «t ses souvenirs des maîtres admirés, qu'il s agisse de Oentile da faonano,
d alcade de Madrid. Son portrait, traite par lartistc avec tout son talent et ^ , -t., ■ - d c„
. , / . / u . I ■ A -, « . ^„ .u;o« ..^ de Pesellino ou de Memling, de Van der Goes ou de Thierri Bouts, bon
son esprit, le représente debout, la main droite caressant son chien, un ^'
, . . j -n !■ - , 1 ^„ .■„ A'. «„ exécution est entièrement flamande et atteste que 1 éducation au peintre
doguin dodu et grassouillet, 1 autre s appuvant sur le dossier dune ^ . ,. j l j
, . ... ■ / u J ■ J ,4 s'est faite dans une école du Nord; ses étoffes, toutes enrichies de brodechaise; sa iambe gauche est croisée sur sa jambe droite dans une attitude » «^»i i«>"^ "'^"^ ""»^ ^«-^'^ ^" '■•"•"' , , ^ , •
, . , , .1 V J -1 L u' ui • u ji ries d'or, de biioux et de perles, sont souples et chaudes de coloris ; par
pleine de naturel et d abandon; il porte un habit bleu, a boutons d or, "^* ^'"' " ^ij^ua ^i u^ ^>.. , j. ,
croisé sur la poitrine, une culotte de casimir blanc, nouée d'un ruban contrôles têtes sont, comme modelé, faiblement traitées et quelque peu
au-dessous du genou, des bas de soie blancs et il est chaussé d'escar- rudimentaires et dures d'aspect.
01 'LJi/ t lu- 'ji- Aioutons aue cette oeinture sur bois a été coloriée par l'artiste sur une
pins. Son chapeau, a bords relevés, est posé sur la chaise auprès de lui. /i-ivuiuna 4uc ^.ciic pcnnun, ^m i^^i^ a ^, ^
Son visage respire la bonté et l'intelligence; ses traits sont forts et beaux, préparation en grisaille.
et ses grands yeux jettent un vif éclat sur cette digne et belle physionomie. p . pp,Q„T.
C'est un type parfait du caballero que Goya nous a transmis dans ce