FER DE LEVIS ET KENNEBEC
il nous sera probablement douné d'assister à l'inauguration des premiers vingt-cinq milles. Espérons
! que le père de famille sera de la
touché des efforts et du du petit bonhomme de che min, il ajoutera quelques dragées à sa bénédiction première. Nous pouvons lui garantir à l'avance que ce qu'il sèmera sur cette route ne sera pas mangé par les oiseaux du ciel, mais lui rapportera au contraire plus qu'au centuple.
| Suis-je bien informé? Onune dit | que l'octroi de $2,500 par mille, que
fête et que t
| j'appelle un peu à la légi ‘re UE SIM
| ple bénédiction (les bénédictions du gouvernement ne doivet it elles pas se résoudre en pluie d'or?} va étre porté à 86,000 par mille. Avec de | pareilles dragées le chemin ne fera qu ‘une courte halte à Sainte-M: rie, le temps de se rafraîchir (l'hiver lui en
amplement les moyens) et à sa seconde étape ils’arrôtera aux frontières, après avoir tra versé la plantureuse vallée de la Beauce,les riches par oisses des ainte- Marie, Saint-Joseph, Saint-François et Saint-Georges.
Entre Saint- Georges et la frontière le tracé n'a pas encore été définitivement localisé, mais d'après Le rapport des chasseurs et des explorateurs de bois, c’est par Metgermette que le passage es: le plus facile et le plus avantageux. Atout hasard, le débouché de la voie sur la frontière ne saurait être éloigné que de quelques milles des nouveaux 6établissoements, en sorte qu'au lieu de deux ou trois jours ii ne nous faudra plus pour fran chir la distance qui nous en sépare.
| Aller à Metgermette s'appelle au-
jourd'hui une excursion, un voya- | ge, on s'embrasseentre parents, ente amis et amies, il Ÿ a presque des larmes au départ, demain on
RS
nt donné 1 des pre- Espérons era de la orts et du ne de chelragées à Nous pou- 6 que GG {e ne sera du ciel, contraire
htie dil mille, que 6 Une Sim ictions du elles pas ?} va étre
Avec de nue fera e-Marie, le iver luien ement les ape ils’ars AVOIr tralée de la de Sainte- François
frontière 5 définitires Le rapexploratgermette icile et le asard, le frontière de quelétablissede deux idra plus our fran Ph sépare, pelle auui voyaenlts, eh-
presque mail ON
Pan A mr
D PISTE RTS
appellera cela faire une course, une promenade. On ne se dira plus en partant que ces mots «Tiens, je sors »
oubien «je vais diner chez Vannier »
ou bien encore «je vais faire un tour à la pêche, je reviens tout à l'heure, veille au pot-au-feu, je t’äpporte à l'instant des truites du lac Abénakisoy—4« Veux-tu une tranche de venaison? il y a deux orignaux qui attendent dans leur ravage, au troisième rang de Gayhurst, est-ce un filet où un morceau d’aloyau qu'il te faut? dis. » Oh! les beaux dimanches que nous passerons 11! sur les bords du lac Abénakis, le gros bout de nos perches de ligne passé dans l'œil de la poële à frire, le petit bout tendu au-dessus dn lac, —ici le beurre pétille en même temps qu'à l'autre bout la truite sautille et frétille, qui peut jamais demander plus ?
Dans la construction d’un chemin de fer d'une longueur de vingt-cinq milles, les traverses sont très nombreuses, el cependant on pourrait compter celles du chemin de Lévis et Kennébec une par une, et c’est à peine si on arriverait ainsi au chiffre des obstacles, autres traverses, qu'il a fallu surmonter pour arriver aux résultats actuels. Nous avons vu Île président et les directeurs à l'œuvre et nous sommes conte: : d'eux. Le président surtout à mis tout son esprit, parfois son éloquence, et son cœur toujours e‘ partout, au service de a cause. Ajoutons à cela, la grande influence que lui donne sa position publique, comme président de la Chambre, et on comprendra qu'on ne saurait faire trop belle La part de l'Hon. J. G.
Blanchet dans le succès de l'entreprise,
Les deux contracteurs, MM. Larochelle et Scott, ont eu à remplir une tâche qui, pour être moins brillante, n'en à pas été moins effective, À eux incombait le rude labeur,les travaux de calcul, de combinaisons et d’organisation, la surveillance journalière des opérations. Parfois, les
moyens précuniaires manquaient, alors M. Scoit partait aux Etats-Unis ou en Angleterre et en revenait sa sacoche de voyageur pleine d’écus.
Sans ressources personnelles, presque sans protection, ils ont réussi à se procurer des sommes énormes.
On leur reprochera peut-être d'avoir trop fortement escompté l'avenir, mais si on les connaissait davantage on ne s'inquièterait pas pour si peu.
En fait d'avenir, ils ont dans leur activité, leur énergie, leur courage, leur persévérence un fonds de réserve qui ne s'épuisera jamais.
La famille Larochelle est une famille d'ingénieurs. Ils sont quatre frères, tous quatre admirablement doués pour l'étude et !°$ travaux de la mécanique. L'un d'eux, surtout, M. Hypolite, héritier du talent paternel, met du génie dans le génie.
La statique et la dynamique n'ont pour lui aucun secret ; il croit au levier d’Archimède, donnezlui un point d'appui etil soulevera le monde, En attendant, il coupe les rochers,enlève des montagnes, Jette des ponts sur les rivières, taille Le fer,le bois,suit à la fois les mouvements et les travaux de cinquante hommes de métiers différents, en mettant la main partout et le plus habile de tous.
C'est un bel établissement que celui des frères Larochelle à Saint- Anselme. [ly à là une semence de ville qui germera bientôt et fructifiera. Leur père, en posant la premiere pierre de sa maison dans cette vallée alors pleine d'ombre,en trevoyait déjà sa destinée. Là où il n'a laissé qu'une maison s'élève aujourd’hui un village traversé par une voice ferrée, Avant dix ans, ce village portera le nom de Larochelleville.
Napoléon Larochelle est l'âme de sa famille et de l'établissement. Il a la haute-main sur toutes les opérations, et ses conseils prévalent même quelquefois dans les travaux de pure mécanique. Ilest partout à la
En a
fois, on le dirait doué du don d’ubiquité. Il survcille le terrassement, la confection des traverses, la pose des lisses ; il dirige en même temps trois ou quatre chantiers,de pex:21es, de bois carré, de bois de corde, fail les affaires de Banque à Québec et trouve encore moyen de se mêler activement à la politique. L'année dernière, à peu près à cette date, il prononçait en chambre un discours plein de logique et de calculs savants sur l'importance du chemin de Lévis et Kennebec. L'extrait suivant en donne une faible idée :
«On doit considérer, disait-il, l'importance du chemin de Lévis etKennebec au triple point de vue de l'intérèt général de la Puissance, des int rêts locaux de Québec et Lévis et de la colonisation de ce que j'appelle la province de la Beauce.
« Personne ne peut contester Ja nécessité du chemin de Lévis et Kennébec pour la Puissance. Le grand projet d'un chemin de fer transcontinental est depuis quelques années soumis à la sérieuse attention du pays. Ia reçu la sanction du parlement fédéral et de l'opinion publique. La réalisation de lentreprise n’est plus qu’une question de temps. Le chemin de fer du Pacifique que le gouvernement central doit construire ne dépasse point le lac Nipissing. Les honorables ministres ont compris, comme cette chambre et toute la population de cette province, qu'il nous faut de toute nécessité relier Montréal et Québec au chemin du Pacifique.
Tout le monde approuve la politique libérale du gouvernement envers le chemin de fer de la Rive-Nord et le chemin de Colonisation du Nord.
Mais lorsque vous aurez prolongé le chemin du Pacifique jusqu'à Québec, la tâche sera-t-elle complète ?
L'entreprise sera-t-elle finie ? Assurément non. Il reste à faire le dernier chaïinon de la grande route à travers le continent. 11 faut atteindre l'Atlantique. Lechemin du Paci-
fique ne sera complet que le jour où l'écho répètera sur les bords de l'Atlantique le sifflet de la locomotive laissant les côtes du Pacifique.
Quelle route devrez-vous adopter pour cette dernière partie du chemin du Pacifique ? Nulle autre que celle du chemin de Lévis et Kennébec.
«Pour prouver la nécessité absolue du chemin du Pacifique et du Grard Tronc de la rive Nord on s'appuie sur la grande loi économique que le commerce se sert toujours des voies de communication les plus courtes et les plus faciles. On espère avec raison que la Chine et le Japon s’empresseront d'adopter notre chemin de fer pour l'immense trafic qu'ils font avec tous les pays du monde. Nous comptons également sur le commerce de l'Ouest des Etats- Unis. En hiver lorsque la navigation sera suspendue, le commerce, parvenu à Québec, devra de toute nécessité se servir du chemin de Lévis et Kennébec, la voie la plus courte pour atteindre les ports de l'Atlantique. Il suffit de jeter un coup-d'œil sur la carte de la Puissance pour s’en convaincre. Nous trouvons les distances suiviuates :
mille De Québec à Portland par le De Québec à Portland par le
Lévis et Kénnebec............… 256 Distance moyenne par Lévis et RonnéDets issus sus «OI De Québecà St. Jean N. B.p.
De Québec à LévisetKennébec 546 “ Intercolonial..……. 581 Moins par le Kennébec que par Gh'Enrsssessésrcesee osctaversrnse 109 Moins par le Kennebec que par l'Intercolonials...s.sssssssesse 135
« De Québec à Halifax la route de Kennébec est 159 milles plus courte que celle par le Grand-Tronc et 43 milles plus courte que par l’Inter-
e jour où bords de locomo- ’acifique.
adopter du cheautre que + Kenné-
6 absolue du Grand s'appuie ique que ours des les plus )n espère le Japon otre chese trafic pays du salement les Etatsivigation e, parvee néces- Lévis et s courte ’Atlantiup-d’œil ice pour vons les
mille
so 256
ec 546 … 581
… 159 par … 135
oute de s courte cet 43 l'Inter.
colonial. Québec est 150 milles plus rapproché de Bangor et Belfast par le Kennébec que par le Grand-Tronc.
« Lorsque les chemins de fer de Leeds et Farmington, Mechanics Falls et Canton, Bangor et Biscataquis se relieront au chemin de Lévis et Kennébec, le trajet entre Québec et l'Atlantique sera encore une cen- ‘aine de milles au moins plus court que les distances que je viens de mentionner.
Plus loin, il ajoutait :
«Ilest parfaitement connu de tous les membres de cette chambre que M. Vannier n'a choisile district de Beauce pour l'établissement de sa colonie que parce qu'il espère bientôt voir le chemin de Kennébec un fait accompli. »
Rien de plus vrai ; M. Vannier a compté sur la construction de ce chemin pour tenter l’e* prise de Metgermette. Il n’y est pas allé au hasard et les veux fermés. Toutes ces raisons invoquées par M. Larochelle et qui sont de nature à déterminer la construction du chemin, dans un but de spéculation comme dans un but d'intérêt public, il les avait saisies à l’avance, les avait posées, et les ayant reconnues bonnes, il s'était dit « allons. » |
C’est que M. Vannier ne s’abuse pas sur la position de sa colonie S'il compte réaliser quelques bénéfices par lexploitation des bois mous flottables, il sait d’un autre côté que le fort de son revenu proviendra de l’exportation des bois francs, et spécialement du merisier, de érable et du hêtre qui ne sauraient être livrés au fil de l’eau.
Pour sortir ces produits de la forèt il faut un chemin de fer, Et si celui de Kennébec ne se poursuit pas, dans un avenir prochain, jusqu’à la frontière, M. Vannier ne tardera pas à s’aboucher avec la ligne du Maine Central qui n'attend qu’un signal de sa part pour s’avancer jusqu’à la rivière Saint-Jean. La conséquence en sera que tout le commerce d’ex-
portation et d'importation de la Co lonie prendra son cours vers les Etats-Unis, qu’une ligne régulière de vapeurs français s’établira entre les ports de France et les ports amé ricains, au lieu de prendre la direction de Québec. Plus tard, nous sentirons le besoin de reconquérir ces avantages perdus, et nouer directement des relations avec la France, mais nous n’y arriverons qu'à force de sacrifices. Bien des années s’écouleront avant que le commerce dela coloniedirigé vers le sud ne remonte vers sa source pour prendre la direction de nos ports.
Je crois avec M. Larochelle que le chemin de Kennébec est appelé à jouer un grand rôle dans l’ensemble du réseau de nos chemins de fer.
Comme ligne de commerce international il sera préféré à tout autre, parce qu'il offre sur les chemins aboutissant à l'océan un raccouret considérable. L'économie des distances produit l’économie de temps et dans un siècle où lon vit si vite les minutes valent de l'or. La mêms raison qu'on invoque pour la cons:
truction du Pacifique Canadien, on peut l’invoquer pour la construction du Kennébec et je ne serais pas surpris de voir, à un jour donné, la grande voie interocéanique se compléter par le petit chemin de Kennébec.
Mais il ne s’agit pas encore ici de ceshautes destinées qui nous entraîneraient dans des considérations entièrement politiques, il ne s’agit que de parler du double but actuel de cette route : faciliter le commerce intérieur et hâter le progrès de la colonisation.
Qui ne connait la vallée de la Beauce ? N'est-ce pas de là que nous vient Ja forte masse des produits alimentaires exposés en vente sur les marchés de Québec ?
Yat-il dans toute la province un sol plus riche et plus productif ? Le fond de la vallée se compose entièrement de terrains d’alluvion qui se
couvrent tous les ans, sans effort de la part de l’homme, des plus grasses, des plus abondantes moissons. Resserrée entre de hautes collines qui la bordent dans toute sa longueur, à l'est et à l’ouest, protégée contre les vents du nord-est, elle se dégage de bonne heure, au printemps, de sa couverture de neige et de frimas pour recevoir les premiers baisers du soleil. A quelquesjours de là, la rivière qui la traverse, se gonfle, monte et répand sur la vallée le trop plein de seseaux. Bientôt, ces eaux s'écoulent, la rivière se ramasse dans son lit ; en compensation des accidents qu'elle à pu causer, des clôtures renversées, de quelques moulins enlevés, elle laisse derrière elle, à l'instar du Nil, un dépôt de limon d'un prix inestimable pour le cultivateur Aussi n'y at-il de comparable aux moissons de la Beauce, que celles tant admirées de la rivière Ghambly et des environs de Montréal.
Cependant, chose inexplicable, il m'y à pas d’endroits dans le pays où
les chemins soient aussi mauvais, aussi mal entretenus. A certaines saisons de l’année, en automne, et au printemps, il fault toute une journée de marche pour se rendre en voiture à Sainte-Marie, qui 1vest pourtant qu'à dix lieues de Québec.
—Durani plusieurs semaines, les habitants de Saint-Joseph, de Saint- Francois et de Saint-Georges sont dans limpossibilité presqu'absolue de venir sur nos marchés. — De là, l'augmentation considérable du prix des denrées et des comestibles, —(de là, la souffrance de notre ville de Québec. Lorsque son principal grenier est fermé il faut bien qu'elle jeûne ou que du moins elle fasse Ja diète.—Le commerce local languit également, presque toutes les affaires restent suspendues.
L'état de prospérité ou de malaise !
de la Beauce influe considérablement
sur Québec, et lorsque Québec est |
reste !
atteint dans son bien-ûtre. le
du pays s'en ressent.—Le corps s0cial est un peu comme le corps humain :—il souffre tout entier des lésions ou des blessures partielles— Québec, en donnant un chemin de fer à la Beauce aura rendu service aux populations de cette riche vallée,qui, en retour, déversera sur elle des produits abondants et de bonne qualité.
Par les facilités du commerce, l'agriculture et surtout l'horticulture s'amélioreront, de meilleures méthodes seront adoptées, la terre qui souf fre violence comme le ciel, ouvrira plus généreusement ses trésors aux rudes mains qui lui déchireront le sein.—[L’industrie et le commerce bénéficieront de cette prospérité et les populations refluant des villes ct des grands centres se répandront jusque dans les profondeurs des can tons du sud-est.réservés au plus brillant avenir.
C'est à ce dernier titre, comme chemin de colonisation, que je de mande ici Ja construction du chemin de fer de Lévis et Kennebec. Les chemins ordinaires de colonisation rendent des services réels, mais là où nous pouvons poser des rails et faire rouler une locomotive, nous voyons s’effacer la forêt comme par enchantement.
La vapeur et l'électricité sont par tout les véhicules de la civilisation moderne. Le cri percant, strident, assourdissant de la machine à vapeur fait trembler la forût jusque dans ses racines les plus profondes. Avec elle pénètre l'activité, le travail, Pin dustrie sous cessombres arceaux jus que là pleins d'ombres et de mystères où l'antiquité aurait placé son poëtique Endymion, où nous croyons retrouver le coureur des bois et le trap peur de Fenimore Cooper. Douces mais vaines images, plaisirs d'ima gination,que l'esprit d'utilité moderne remplace avec raison par des œuvres viriles et quelquefois par des travaux de géants,
Le corps s0le corps huenter des lés partielles— chemin de fer 1 service aux he vallée,qui, relle des proonne qualité.
mmerce, l’al'horticulture leures méthoerre qui soufciel, ouvrira s trésors aux échireront le le commerce prospérité et tdes villes ct e répandront leurs des can s au plus bril-
titre, comme nu, que je detruction du vis et Kens ordinaires ent des ser- Nous pouvons e rouler une ons s’effacer ichantement.
ité sont parà civilisation int, strident, hine à vapeur Jusque dans fondes. Avec ‘travail, l'ins AlCCAUX just de mystères icé son poëli- S ClOYONS r'eois et Le trap per. Douces iuisirs d’'imautilité moderson par des 1efois par des