‹ Colonies françaisesChapitre 48 sur 111 · TA1TI · texte numérisé non relu

TA1TI

songeaient à profiter de sa jeunesse et de sa reconnaissance pour les bons soins que lui avaient prodigués leurs missionnaires pour annexer Taïti à leurs domaines. A diverses reprises, ces missionnaires, qui deviennent volontiers des agents politiques, avaient insinué à la reine de demander le protectorat de l’Angleterre; mais ils n’avaient pas réussi à la convaincre. Un consul français, M. Mœrenhout, fut plus heureux. Il eut l’art de persuader à Pomaré et à ses principaux conseillers que le protectorat de la France assurerait leur indépendance. En effet, la reine profita de l’arrivée à Papeïti d’une escadre française, commandée par l’amiral, Dupetit- Thouars, pouî déclarer, le 9 septembre 1842, qu’elle reconnaissait la suzeraineté de la France. L’amiral s’empressa d’accepter, sauf ratification du gouvernement.

Alors éclata l’affaire Pritchard, qui eut un si singulier retentissement. Pritchard était un missionnaire anglais installé à Taïti. Investi depuis peu de la dignité de consul, il avait jugé à propos de joindre à ses deux premiers titres celui de pharmacien. Le succès de la négociation entamée par M. Mœrenhout l’avait irrité. L’arrivée de l’amiral Dupetit-Thouars acheva de l’exaspérer. Il commença à prêcher une véritable croisade contre les Français et fut secondé par le commodore anglais Toup, qui enjoignit aux résidents de son pays de ne pas.se soumettre aux règlements provisoires établis par Dupetit-Thouars et fit hisser un nouveau pavillon sur la demeure royale de Pomaré IV, comme pour insulter au pavillon du protectorat. A cette nouvelle, l’amiral se rendit à Taïti et pria la reine de remplacer immédiatement son nouveau pavillon par l’ancien. Pomaré IV refusa. Dupetit-Thouars annonce que le pavillon français est seul reconnu et prend possession de l’archipel au nom de la France. Pritchard, de son côté, amène le pavillon anglais qui flottait sur sa demeure et engage la reine à se réfugier à bord d’un navire anglais. La situation était grave. Approuverait-on en France la conduite de notre amiral, c’était peut-être un cas de guerre contre l’Angleterre. Le désavouerait-on , on s’exposait aux reproches de l’opposition, et, de plus, l’honneur de la marine française était compromis. Louis- Philippe régnait alors : il aimait la paix par tempérament et par politique. Quand il sut que l’Angleterre

avait etc fort irritée par notre prise de possession, il ne songea plus qu’à ne pas mécontenter ses alliés, et, sans se soucier de la lâcheuse impression que produirait en France ce désaveu, déclara qu’il n’y avait aucune raison pour déroger au traité primitif et par conséquent que Pomaré IV gardait sa souveraineté.

Sur ces entrefaites, les intrigues de Pritchard avaient amené un dénouement inattendu. Pritchard avait réussi à organiser dans l’archipel une famine factice. Il avait conseillé aux insulaires de cacher leurs troupeaux dans les montagnes, et à la reine de chercher un refuge à bord de la goélette anglaise le Basilic. De plus, des bandes armées parcouraient le pays. Quelques insurgés pris les armes à la main avouèrent qu’ils avaient agi d’après les conseils de Pritchard. L’amiral fit alors arrêter et emprisonner le consul. Les matelots chargés de l’arrestation l’opérèrent avec plus de brusquerie qu’il n’aurait convenu et eurent le tort d’éventrer les bocaux du missionnaire-pharmacien-consul et de ne pas respecter son mobilier. A peine l’arrestation de Pritchard fut-elle connue en Angleterre, qu’il y eut dans tout le pays comme un débordement inouï d’injures et de réclamations contre la conduite de nos agents. M. de Jarnac, notre chargé d’affaires à Londres, écrivit même à M. Guizot, alors ministre des affaires étrangères, qu’on était à la veille d’une rupture. Que faire? Céder encore ou résister? En cédant, on flattait l’orgueil anglais et on évitait une guerre; mais aussi quelle blessure pour notre amour-propre et quelle arme entre les mains de l'opposition! En résistant, on caressait les préjugés français, mais on s’exposait à une guerre redoutable. Jamais le roi et ses ministres n’avaient été plus embarrassés. Par bonheur, le gouvernement anglais ne se souciait nullement de rompre avec la France. Il fit savoir qu’il se contenterait d’une indemnité pécuniaire et de quelques explications diplomatiques. Louis- Philippe accepta avec empressement le proposition et répondit qu’il accorderait l’indemnité. Restait à la faire voter par les Chambres. Or le compte présenté par Pritchard était un véritable compte d’apothicaire. L’opposition avait donc beau jeu pour discuter article par article la note présentée par le consul, lésé dans ses produits pharmaceutiques. Un violent débat s’engagea à la Chambre

des députés. On affecta de voir dans cette concession un acte de timidité, et la politique du cabinet n’obtini que huit voix de majorité. L’épithète de Pritchardiste fut appliquée à tous ceux qui avaient voté cette indemnité.

Pendant qu’à Paris se discutait la question taïtienne, à Taïti même elle se dénouait brusquement par la force. Les insurgés étaient entrés en campagne. A Mahaena, quelques centaines d’entre eux s’étaient installés dans un poste redoutable. Il fallut pour les en déloger un siège en règle. Quelques mois plus tard, à Fatahua, on frappa un nouveau coup. Notre double victoire produisit un tel effet sur les insulaires, qu’ils vinrent tous, les uns après les autres, faire leur soumission. PomarélV elle-même se décida à rentrer dans sa capitale en jurant fidélité à la France. Depuis cette époque, la tranquillité n’a pas été troublée. Le peuple taïtien a compris ses véritables intérêts et B’est sincèrement attaché à nous. La reine s’est habituée à sa vassalité et contentée des honneurs de la souveraineté, que d’ailleurs on ne lui ménage pas. En un mot, l’archipel est soumis, et peu à peu notre influence s’étend sur les îles voisines. Dès 1844 les îles Gambier, et en 1847 deux des îles Tubuaï se sont rangées volontairement sous notre protectorat; en 1859, les Tuamotu ont accepté notre suprématie. Ces conquêtes pacifiques ont été acceptées par tout le monde. Aussi personne n’éleva de protestation lorsque le 29 juin 1880, à la suite d’un accord intervenu entre le roi Pomaré Y et le commandant Ghessé, une proclamation solennelle déclara que Taïti et ses dépendances faisaient dorénavant partie de la France. L’Angleterre elle-même a reconnu la validité de cette annexion pacifique. Nous sommes aujourd’hui les maîtres incontestés de toute cette région du Pacifique. Nous n’avons plus d’autres ennemis que nous-mêmes, ou du moins nos administrateurs, qui, par leur manie de réglementation, ont failli compromettre l’avenir de la colonie. Ils avaient éloigné les pêcheurs et les navires de commerce par des formalités et des taxes vexatoires. N’exigeaient-ils pas des permis de séjour, et ne forçaient-ils pas les étrangers débarqués à Papeïti à rentrer en ville à une certaine heure! On conduisait File comme un couvent ou plutôt comme une caserne. En 1861, on a reconnu le danger de ces mesures arbitraires. Droits de navigation, tonnage, expédition,

permis de séjour et certificat, tout a été supprimé d’un seul coup; mais le port de Papeïti était discrédité, et bien des années se passeront encore avant que les négociants étrangers ou français aient oublié ces procédés abusifs.

Taïti est néanmoins en voie de progrès. On a fait dans cette île quelques essais de colonisation sérieuse. Une commission municipale a été instituée, ainsi qu’un comité d’agriculture et de nombreuses écoles. On a même fondé une caisse agricole, qui fait fonctions de caisse de dépôt et d’épargne, et sert d’intermédiaire aux colons pour l’achat des terres aux indigènes. Il n’y avait en 1865 que 199 hectares mis en culture. On en comptait 1017 l’année suivante, et 2162 en 1867. Si la progression a continué, et tout semble l’indiquer, Taïti deviendra bientôt l’une des îles les plus florissantes de la Polynésie.

Descendons maintenant dans ces îles. Etudions leur constitution physique, leurs ressources et leurs populations

L’île de Taïti se divise en deux parties inégales bien distinctes, Taïti proprement dit et la presqu’île de Taïarapu , reliées entre elles par un isthme de 2200 mètres de largeur. Chacune de ces parties est à peu près circulaire. De hautes montagnes, produit d’un soulèvement volcanique, en occupent le centre. Les pics les plus élevés sont dans Taïarapu le Niu (1,324 m.), et dans Taïti YAorai (2,400 m.), VOrehana (2,236 m.) et le magnifique sommet du Diadème , qui, de loin, avec ses pics déchiquetés, ressemble à une gigantesque couronne. De nombreuses rivières s’échappent de ces montagnes et bondissent en torrents répandant à flots sous ce beau ciel une fraîcheur délicieuse. Les plus importants de ces cours d’eau sont le Punaruu et le Papenoo. Au centre de l’île, à 430 mètres audessus du niveau de la mer, on trouve le lac Waïpiri , sans issue apparente vers la mer, et qui sans doute est un cratère éteint. L’île est entourée par une ceinture de récifs qui s’ouvrent à intervalles irréguliers pour former des ports excellents. Le plus sûr et le plus grand est celui de Papeïti , chef-lieu de l’île et capitale du protectorat. Le sol de Taïti, pierreux et dur au sommet des montagnes, argileux sur les plateaux intermédiaires, présente dans les vallées et sur les bords de la mer une épaisse couche de terre végétale. C’est surtout sur la côte

ouest que s’étend cette couche d’humus. Sur la côte est au contraire, c’est à peine si une plage étroite a pu se former çà et là entre la mer et le pied des montagnes. Cette bande de terrain, propre à toutes les productions tropicales, peut fournir à l’agriculture une superficie d’environ 25,000 hectares. A part l’étroite ceinture horizontale qui contourne l’île et la bouche des vallées principales, tout l’intérieur est un chaos de montagnes et de pics dont les pentes ont une inclinaison si exagérée et une végétation si touffue qu’elles sont à peu près inabordables.

L’île Moorea , vue de Taiti, est splendide. Les pics bizarrement découpés qui en occupent la partie centrale sont fort curieux. Un des plus aigus est perforé de part en part, juste au-dessus de son point culminant. C’est un ancien héros qui, d’après la légende, a percé le rocher de sa lance. Moorea a d’excellents ports, entre autres celui de Teavara . Rien de particulier sur la géographie physique des trois dernières îles taïtiennes; Tetiaroa, Mahitia et Tabuemann sont des îlots sans importance.

Comme toutes les contrées tropicales, les îles du Protectorat ont deux saisons : l’une sèche, d’avril à décembre, qui est la belle saison, et l’autre pluvieuse, de décembre à avril : c’est l’hivernage. La température moyenne est de 20 à 23° centigrades au-dessus de zéro. Peu ou pas d’ouragans, mais de violents coups de vent et des ras de marée dont les navires, quand ils approchent des îles, doivent se défier. En somme, le climat est fort salubre dans ces archipels; et la population européenne s’y acclimate facilement.

La faune des îles est peu riche. Elle ne présente aucun mammifère particulier. Les animaux domestiques d’Europe y ont été récemment introduits, et leur nombre augmente sensiblement. Peu ou point d’oiseaux. L’étranger qui parcourt les vallées ombreuses de l’île est même étonné du silence complet qui règne dans les masses épaisses de végétation qu’il traverse. Quelques phaétons, de petites perruches et des martins-pêcheurs sont les seuls habitants ailés de l’intérieur. Sur la plage, on rencontre quelques hérons et des chevaliers, et dans les basfond smarécageux des canards et des sarcelles. Le cent-pieds et le scorpion sont les seuls animaux dangereux. Les bois recèlent

aussi des hôtes fort incommodes, cochons sauvages, moustiques et guêpes. Les huîtres perlières sont nombreuses, et on commence à les exploiter avec une prévoyance et des précautions qui ont manqué jusqu’à présent. Les parcs sont établis sur des bancs de coraux, où n’existe qu’un léger courant. On tapisse le fond de sujets ayant la grosseur d’une pièce de cinq francs. Un an après, les huîtres sont de la grosseur d’une assiette à dessert. En trois ans, elles deviennent marchandes; c’est dans celles de cinq ans que se trouvent les perles du plus bel orient.

Taiti et les îles voisines se prêtent à toutes les cultures tropicales : jusqu’ici toutefois, l’agriculture n’a pas atteint le degré de perfectionnement auquel elle semble appelée. Un préjugé trop répandu existe sur la petite quantité des terres que les archipels polynésiens offrent à la culture, car Taïti elle seule est plus étendue de 6,000 hectares que la Martinique, et ses nombrpuses dépendances lui assurent des développements considérables. La base de la nourriture des insulaires est formée d’aliments végétaux. Elle se compose du fei ou bananier, du tara , de F igname et du maiore ou fruit de l’arbre à pain. Gomme cultures industrielles nous signalerons cinq matières textiles qui sont peut-être appelées à un grand développement : 1° la bourre du coco , qu’on avait jusqu’à présent brûlée, faute de débouchés; 2° la fibre des tiges et des racines du pandanus , dont on fait des sacs à sucre et à café, et qu’on emploie même pour la fabrication des pâtes à papier; 3° Yurtica œstuans , recherchée pour la confection des filets de pêche; 4° Yhibiscus terrestris ; 5° le jute , qui a envahi depuis quelques années tous les chemins de l’île.

Il existe deux arbres dans l’archipe* dont la prodigieuse multiplication a vivement frappé nos économistes : ce sont le goyavier et Y oranger. Le goyavier n’a été introduit qu’en 1815, mais il pousse avec une étonnante vigueur, et il constitue déjà (des bois touffus. Il couvre les montagnes jusqu’à la hauteur de $00 mètres. Dans les vallées, il atteint presque la taille d’un arbre. Sa rapide croissance et sa propagation par les animaux qui se nourrissent de ses fruits commencent à en faire un véritable fléau. L’oranger, introduit par Cook en 1774, a rencontré un terrain si propice et un climat si heureux qu’il pousse aujourd’hui partout et sans culture. Les oranges taïtiennes sont

fort estimées. On les expédie jusqu’en Californie ; à Taïtî, on les achète vingt-cinq francs le mille, et on les revend deux cent cinquante francs à San Francisco. Les Taïtiens préparent avec leurs oranges une boisson fermentée, le vin d’orange, dont la préparation est sévèrement interdite par l’autorité française, à cause des scènes de débauche et de violence dont elle est l’occasion ou le prétexte.

Parmi les produits végétaux des îles, nous citerons encore le taunanu et le miro ou bois de rose, l’un et l’autre de première qualité, le tiairi ou bancoulier, Yarbre à pain , le cocotier , le bois de fer et le sandal. En résumé, bien que riche et puissante, la végétation est peu variée, mais les essences utiles et les fruits savoureux s’acclimatent facilement.

Ces diverses productions suffisent largement aux besoins de la population et alimentent un commerce d’échanges qui ne peut que grandir avec le temps, au furet à mesure qu’augmenteront les débouchés.

Après Taïti, étudions les Taïtiens. Ils font partie de la grande famille océanienne, qui se distingue par une teinte cuivrée, par la beauté des formes, par une taille au-dessus de la moyenne, et une expression de visage assez douce, à moins qu’ils ne se donnent par le tatouage une laideur factice. Ils se disent issus de la famille Mahori ou Mahoi , et, en effet, se reconnaissent entre eux à la première vue et aux premières paroles. Quelle est leur patrie originaire? On a cru longtemps que les vents alizés, qui soufflent de l’est, les avaient jetés d’Amérique sur l’archipel, mais les traditions indigènes s’accordent à représenter l’ouest comme le berceau de leur race, et il est bien plus probable qu’ils ont obéi aux vents d’ouest, qui régnent dans ces mers par séries de trois à quinze jours.

La population taïtienne a été estimée très diversement par les navigateurs qui ont visité cet archipel. Cook la portait en 1774 à 240,000 âmes ; le missionnaire Wilson en 1797 ne comptait plus que 16,000 individus; en 1829, un nouveau recensement donna 9,969 habitants, et le plus récent, celui de 1876, qui paraît opéré dans des conditions toutes spéciales d’exactitude, a produit le chiffre de 16,142. Où donc est la vérité? Le chiffre de Cook est évidemment exagéré. A l’arrivée des bâtiments anglais, les Taïtiens se transportaient à leur suite sur

tous les rivages, afin de jouir plus longtemps d’un spectacle si nouveau pour eux, et l’amiral a pris pour la population d’un simple district les habitants de l’île presque tout entière. On a prétendu que la fréquence des infanticides, des guerres et des épidémies avait diminué la population dans des proportions considérables; mais les infanticides n’ont jamais été qu’une exception; les guerres n’ont pas dû être fort meurtrières, puisqu’on ne se battait que de loin, et que le parti vaincu trouvait son salut dans une prompte fuite. Restaient, il est vrai, les épidémies, et il est certain que la dyssenterie et les maladies de poitrine ont fait de nombreuses victimes. A Taïti, comme partout où la race européenne s’est trouvée en contact avec des races indigènes plus faibles, l’apparition des blancs leur a été mortelle. Néanmoins l’équilibre commence à se rétablir : les guerres ont cessé; à l’infanticide et aux désordres de tout genre a succédé l’influence moralisatrice du christianisme. Les épidémies sont plus étudiées ou mieux soignées. Au prochain recensement, il est probable que le chiffre de 16,142 Taïtiens sera dépassé.

Ces Polynésiens ont de tout temps frappé les navigateurs par leur grâce et leur amabilité. Au temps de Cook et de Bougainville, cette amabilité descendait jusqu’aux dernières complaisances, et l’île ne méritait que trop le nom de Nouvelle-Gythère. Les mœurs se sont de nos jours en partie réformées, mais ce nid de verdure et de parfum cache toujours de séduisantes sirènes, au langage cadencé, aux manières enchanteresses, ne vivant que pour le plaisir. Elles portent des robes montantes aux vives couleurs, semblables à des peignoirs, qui flottent librement autour d’elles. Leurs noires tresses sont ornées de fleurs, ou de gracieux panaches dont elles aiment à s’ombrager. Les hommes se ceignent les flancs et les jambes d’une pièce de cotonnade nommée 1 epareu, et portent sur leur torse une chemise de confection européenne dont les pans flottent à l’air. Ce sont ces vigoureux et beaux athlètes dont Cook, Lesson ou Dumont d’Ur ville ont si bien tracé le portrait.

Le paganisme a presque entièrement disparu des îles du Protectorat, et sans violence ni persécution. Protestants et catholiques se partagent les consciences. Les catholiques ont pour eux les faveurs administratives et les protestants l’autorité du

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