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LES TUAMOTU ET GAMBIER

fait accompli et le droit de premier occupant; mais une égale tolérance règne entre les ministres des deux communions, qui, depuis que la question politique est tranchée, n’ont plus entre eux d’autre rivalité que celle du bien. Voici comme, avant l’annexion de 1880, était administré l’archipel :

Le gouvernement était partagé entre la royauté indigène et le Protectorat français, qui résidaient tous deux à Papeiti. Le Protectorat français s’était réservé les relations extérieures et partageait avec la royauté les relations intérieures; mais, par la force des choses, la France exerçait la réalité du pouvoir, dont le souverain indigène ne conservait que les apparences. Les divers Etats du Protectorat formaient une assemblée constituée par les trois éléments suivants : 1° députés élus pour trois ans par le suffrage universel; 2° chefs de district; 3° juges. L’assemblée était convoquée par une ordonnance de la reine et du commissaire français. Le territoire était partagé en districts, et la population groupée en villages. Chaque insulaire était tenu de posséder une case propre et salubre. Aujourd’hui les Taïtiens sont devenus purement et simplement nos compatriotes.

Les conséquences de ces institutions politiques et sociales sont manifestes sur l’état intellectuel de cette société. A vrai dire, les Taïtiens sont plus civilisés que beaucoup d’Européens, et on ne continue à les appeler sauvages qu’en vertu d’une convention. Ils ont adopté nos usages et nos coutumes : ils adorent notre Dieu, ils balbutient notre langue; ce sont les Français de la Polynésie. N’est-ce pas notre droit et notre devoir de pousser la ressemblance jusqu’à ses dernières limites, et de créer dans ces lointains parages une véritable France océanienne?

2° Les Tuamotu et Gambier.

Les îles Tuamotu et Gambier sont situées à l’est de Taïti. On les divise en deux groupes, les Tuamotu au nord-ouest et les Gambier au sud-est. Les Tuamotu ont longtemps porté le nom de Pomotu , ce qui veut dire en polynésien les îles soumises; mais les insulaires, quand ils ont accepté le protectorat de la

France, ont protesté contre cette dénomination, qui leur rappelait d’odieux souvenirs de servitude, et demandé à donner à leur archipel le nom de Tuamotu, qui veut dire îles lointaines. Le gouvernement s’est empressé d’accéder à cette demande, et désormais la dénomination de Pomotu n’a plus de raison d’étre. Parfois encore, on appelle ces îles Basses ou Dangereuses. Cette qualification leur conviendrait mieux, car elles s’élèvent très peu au-dessus du niveau de la mer, et de plus sont protégées par une muraille de dangereux récifs. Quant aux îles Gambier, elles furent ainsi nommées par le capitaine anglais Wilson, qui les visita en 1797 et leur donna le nom de Gambier, en Phonneur de l’amiral, fervent protecteur des missions de Londres, qui avait organisé l’expédition. On les appelle encore îles Mangarewa, du nom de la principale du groupe.

Les Tuamotu sont au nombre de 79. Voici leurs noms : Matahiva , Makatea, Tikahau, Rairoa , Arutua , Kaukura, Niauy Oahe , Apotaki,' Manihi , Toau , Fakarava , Anaa , Aratika , Faaite , Kauehi , Takapoto , Hereheretue , Takaroa , Raraka , Tahanea , Taiaro, Tikei, Motutunga, Katiu, Tepoto , Tuanake, Hiti, Makemo , Haraiki 1 Anuanuraro > Marutea , Taenga , Reitoru , Nukutipipi, Nihiru , Rikueru , Tekokoto , Raroia , Marukau , Ravahere, Takume , Nengonengo, Rekareka , Tauere, Teiopoto , Napuka ,

Angatau, Hao , Aamcmn, Paroa , Tematangi , Pinaki, Fakahina, Pukararo, Pukarunga , Akiaki , Vanavana , Vairaatea, Pukapuka , VaHtaï, Nukutavake, Ahunui> Vahitai, Tatatoroa , Tureia , Te takotepoto , Anaaiti , Morane , Pukaruka , Tenararo, Maturevavao , Nomia , Natupe , Tenarunga , Maria , Merutea et Timoe. La plus importante est Anaa. Viennent ensuite Rairoo, Fakarava, Raroia, Hao et Vairaatea. Les autres ne sont que des îlots sans importance ; plusieurs d’entre elles sont même inhabitées. Elles s’étendent sur une longueur de 2000 kilomètres et une largeur de 1,200. Les Gambier sont au nombre de six. Cinq d’entre elles : Mangarewa, Aukena , Okamaru, Akakawitaï et Tarawaï, forment comme un cercle qui circonscrit un lagon intérieur fie 18,000 hectares. La sixième, File Crescent , est en dehors du groupe.

Ces deux archipels appartenaient jadis à un continent que les feux souterrains submergèrent en partie sous les eaux. Les îles, qu’épargna le cataclysme, étaient sans doute les sommets

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