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MARIAGES

La polygamie est en honneur au royaume de Negoïo. On est considéré, on est anobli, en raison directe du nombre de concubines que l'on possède.

D'ordinaire, les mariages n'ont lieu qu'après une longue expérience de la vie commune, — à seul effet que les conjoints n'ignorent rien l'un de l'autre et soient certains que leur mariage légal aura une longue durée. Après la cérémonie civile, le mariage religieux a lieu, devant... le fétiche Lëmba, (1) auquel les conjoints demandent de leur épargner la honte de la... stérilité.

(1) Aux Canaries, les affaires matrimoniales se passaient de toute autre façon... au XV^ siècle :

En parlaat des indigènes de cet archipel, voici ce que rapporte J . de Barres (« Décades »), d'après le témoignage de Azurara, le (icchroniqueur-(( môr » du royaume de Portugal », contemporain des grandes découvertes maritimes : A la Grande Ganarie, la justice était rendue par 190 hommes, — pas un de plus, pas un de moins. Les femmes ne pouvaient se marier avant d'avoir été, au préalable, « déflorées )> (dévirginisées), par un de ces juges ; et, quand on les leur amenait, il fallait qu'elles soient « bien grasses de lait », (on les engraissait à cet efïet). Les femmes appartenaient indistinctement à la com-

Le dieu miuvais des indigènes de l'Angola (« Itèque »), préside aux « Umhamëntos » ou noces et aux funérailles (« tambes » ou « mutambes »), {L de Sousa Monteiro, « Bictiomiaire géographique des possessions portugaises »).

Le divorce existe, par consentement mutuel des époux^ sans que les autorités aient à intervenir. Cependant, si le divorce est prononcé contre le raaFi, celui-ci devra payer une inden>-

munanté ; et, quand les hommes se rendaient visite entre eux, ils échangeaient mutuellement... leurs femmes.

Diôgo do Goûte, (ce Décades ))), qui vivait au XVP siècle, écrivait à ce sujet : « Il existe aux Indes une antique coutume qui oblige même les rois, avant de se marier ou de marier leurs filles, à envoyer celles-ci, ou leurs femmes, dès après le mariage, au Brahmane-mor, « afin de lui offrir leur... virginité. Tous ces peuples gentils de l'Orient eurent toujours dans leurs coutumes de donner tout d'abord leurs femmes aux rois, avant de les livrer à leurs maris.»

Les Portugais abolirent au Malabar la coutume de ce genre que les rois du pays observaient, encore au XVIe siècle, et qui consistait en ceci : Lorsque l'une des sœurs du souverain était eu âge de se marier, on la faisait venir au palais et on la mariait avec un des princes « Nàyres », — qui n'usait pas de ses droits d'époux. Le lendemain du mariage, la princesse était livrée à un autre « Ndyre », de la

nité à la famille de son ancienne femme. Si les torts sont du côté de la femme, son mari recevra d'elle le double de cadeaux qu'elle reçut ellemême à l'occasion de son mariage. La stérilité de la femme peut être invoquée comme cause du divorce. Cette stérilité est aussi considérée — nous l'avons pressenti et fait prévoir - comme un... crime impardonnable. L'adultère delà femme, — d'ailleurs très rare, — est puni de mort. Tous les biens de son complice sont confisqués, au profit du mari... outragé. Une grosse amende {(ukavala »), est infligée par les parents du mari trompé et par le a: fumo » du village qui a prononcé la peine. On n'attache, par contre, aucune importancs à l'adultère du mari -.C'est un simple... accideni delà vie conjugale(l),qui éveille chezlebeau

caste « naburi », qui consommait 1' « œuvre de chair», — acte qu'il payait incontirientde sa vie, — soit dit en passant... (Diôgo do Gôuto, « Décades ^).

(1) Chez les Ganguellas, comme chez les Bihênos, l'adultère, favorisé par les maris, est une source de profits pour ceux-ci, — le rival du mari soidisant trompé lui devant, de ce fait, une forte

amende... peu honorable.

La morale locale s'en ressent et est, de ce fait, très curieuse : Au cas où un homme Ganguella

sexe un profond sentiment de sympathie et d'admiration envers... l'Adonis...

n'aurait pas de fils de sa femme, — dit Païva Gôuceïro, l'émineut ex-gouverneur de l'Angola, dans son Rapport sur un « Voyage entre Baïlûndo et Mucusso », — on la passe à un ami, en y joignant un cadeau (par dessus le marché !).

Si cet ami est plus heureux, les enfants ainsi obtenus sont admis dans la famille du mari complaisant et considérés comme étant de celui-ci.

Chez les indigènes de Quillëngues ce sont encore les maris qui favorisent l'adultère de leurs femmes avec des indigènes... riches : la loi locale obligeant les Lovelace au paiement d'une forte indemnité — au profit du mari outragi^,, (Serpa Pinto, « Comment fai traversé V Afrique »).

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