RÉGIME DE LA PROPRIÉTÉ RÉGIME DE LA SUCCESSION
Le (( cahinda d qui n'est pas prince^ — et ce titre est porté par tous les nobles, — ne peut acquérir aucun terrain (1). Sa hutte de nomade est même considérée comme un... meuble.
La succession (2) se transmet du père au fils
(1) Ce principe féodal persiste, d'une façon ininerrompue, dans tous les pays que régit encore
l'autocratie des chefs. A Gaza, (Mozambique), la terre est aussi la propriété exclusive du roi indigène, qui a sous sa domination des « régulas » ou « ossanas ». Ceux-ci se partagent la terre, sur les indications de sous-chefs, (« Indunas » ou « Andunas »)? responsables, devant le roi, de l'ordre et de la discipline de l'agglomération ou « emuti ». Les habitants,— sorte de serts de la glèbe, — labourent et cultivent les terres de ces maîtres. Dans ces différentes hiérarchies de l'autorité, tous les pouvoirs sont centralisés.
(2) Les successions royales se font (à Gaza), par voie d'hérédité, du père au fils, excepté chez les <.( M'cfwpes », qui habitent à l'Est du fleuve Limpôpo, où l'héritier du « régulo » est le... frère de celui-ci. Chez les Ba-nano, de l'Angola, la succession au pouvoir se règle par la lignée féminine, (Gapello et Ivens, « De Bënguella as Terras de lacca ))).
« Parmi les Mandingues, deSjuinée, il y a un certain nombre de Mahométans, — communément appelés Maures, — dont la conversion au christia-
aîné de sa sœur aînée, autrement dit au premier-né de ses neveux issus de sa sœur aînée.
nisrne serait, dit-on, facile à réaliser. Ce sont les seuls de celte tribu chez lesquels l'héritage se transmette de père en fils ; chez les autres Mandingucs il est recueilli par les neveux du défunt », (Ch. Vogel, Le Portugal et ses colonies).
Parlant des mœurs des habitants de la région des Monts de Cristal (dans l'Etat du Congo), M. Th. Masui écrit, dans l'ouvrage « L'Etat Indépendant du Congo » : « L'héritier du pouvoir royal est le fils aîné de la sœur (aînée ? ) du roi. Ce mode de succession en ligne collatérale, efet en usage dans presque tout le Congo ». Et plus loin : « Tous les différends se jugent, chez eux, par voie d'arbitrage ».
(Il n'est pas sans intérêt d'invoquer ces témoignages, puisqu'il s'agit du Congo Belge, de territoires par conséquent colonisés par les Portugais : — territoires qui ne sont, au point de vue ethnologique surtout, qu'un prolongement de celui de l'Angola).
(n Dans le royaume de Burba-Guiolof (Guinée), l'ordre de la succession au trône (en 1595), offre certaines irrégularités : C'est par les femmes que se règle la descendance. Le fils du roi ne lui succède pas ; c'est le fils de sa sœur. Dans ces contrées, où les mœurs sont loin d'être austères, il n'y a que la (( maternité » qui ofi're une garantie certaine », (« Anecdotes africaines depuis Vorigine ou la découverte des différents royaumes qui composent V Afrique jusqu'à nos jours », Paris 1775). Voici de ce iait une
L'héritier de la couronne, — lorsqu'il y en a un, — est lui même roi parmi les neveux du roi défunt.
explication originale. Les feaimes Nâyres (Indiennes) sont choses communes à tous les parents du mari; et ceux-ci vivent de la sorte tellement exempts de jalousie que, quand l'un d'eux rentre chez lui et trouve à sa porte le signal convenu de celui qui est dedans avec sa femme, (signal qui est obligatoire), il s'en va faire un tour de promenade, jusqu'à ce que la place soit devenue libre. Voilà pourquoi leurs fils ^ne sont pas leurs hériviers, mais seulement les fils de leurs sœurs, « — parce que ceux-ci ont sûrement de leur sang dans les veines », (Diôgo do Coûto, « Décades »).
L'héritier du trône du Çamorïm et d'autres souverains Lidiens, fut pris parmi ses neveux, fils d'une de ses sœurs qui avaient assisté à sa mort, (Diôgo do Goiito, « Décades »).
A Muataianvua, dans la région de Lunda, (Angola), le nègre Noéji (le « régule »), se glorifiait d'une nombreuse progéniture de filles, afin, — disait-il, — d'avoir, par elles, beaucoup de « muatas y> ou rois, pour l'Etat. «Il a, en effet, laissé une nombreuse descendance, puisque ni ses tantes, ni ses nièces, ni ses sœurs, — ni même ses propres filles, — n'ont échappé à sou instinct de concupiscence. J'ai connu deux fils, (petits-fils en même temps), de cet homme, issus de ses œuvres avec ses propres filles », (Hënrique de Carvalho, « Expédiiion Portugaise à Muataianvua, » 1884-1888, Ethnograplne),