‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 104 sur 138 · PARTIE III, — COLONISATION · texte numérisé non relu

PARTIE III, — COLONISATION

blissant d’abord les villages de la zone la plus rapprochée du centre, puis ceux de la seconde, de la troisième, etc., 1l arriverait que chaque village, au moment où on l'établirait, serait toujours plus ou moins exposé, et ne cesserait de l'être qu'après l’établissement de la zone suivante. A moins de circonstances particulières, il faudrait donc que tous les villages fussent de la première catégorie. Or, il est impossible d'admettre que l'administration établisse tous les colons à ses frais.

Si, au contraire, on commençait par la zone extérieure, celle qui doit être assise sur le périmètre du territoire à coloniser, on aurait enfermé tout ce territoire dans une ceinture de villages fortifiés, reliés entre eux par des routes; on y aurait assuré la sécurilé, et dès lors accru la valeur des terres et l'avantage que les colons trouveraient à s’y fixer.

Cette zone extérieure se composerait done de villages de la première catésorie. La seconde zone, après celle-ci, comprendrait des villages de la seconde catéosorie. Enfin, la zone la plus rapprochée du centre n'aurait plus que des villages de la troisième catégore.

1! semble, au premier abord, que cette manière de procéder n’est pas très rationnelle. Elle présenterait, en effet, des inconvénients si, dans chaque localité, on faisait absolument comme je viens de le dire, si on s'emparait immédiatement de tout le territoire desfine à être colonisé un Jour, et si on commençait à

établir une ceinture de villages sur l’extrême limite.

Cela ne me parait applicable que sur certains points, Alger, Bône, Oran, la Calle, Arzeu, etc. ; mais je crois qu'on pourrait adopter le principe que je viens d'énoncer, sauf à lui faire subir toutes les modifications qu'exigeraient les circonstances. Ainsi, dans la plupart des cas, au lieu d’une ceinture de villages, ce ne serait qu'un, deux ou trois villages, placés, comme je le disais, dans des situations peu favorables peutêtre sous le rapport de la sécurité et de la culture, mais particulièrement aptes à servir de vigies, d'avantpostes, à surveiller des passages suspects et à protéger un territoire plus ou moins étendu, destiné à la colonisation.

II me semble que ce système est non-seulement avantageux, mais encore le seul vraiment équitable à l'égard des colons.

Il est avantageux, car il réduit les dépenses de colonisation ; équitable, car il proportionne les sacrifices que fait le gouvernement en faveur du colon aux chances que court celui-ci, tandis que le contraire a lieu dans l’autre système.

Supposons, en effet, que, pour la mème localité, on ait procédé en sens contraire. Le gouvernement établirait autour d’Arzeu, devenue ville, un certain nombre de villages, six ou huit, de la premiere catégorie; s'ils réussissent, il est certain qu'il y aura grande affluence de colons. À mesure que les demandes se multiplieront, l'administration réduira naturel-

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