PARTIE III. — COLONISATION
lement ses subventions. Il arrivera done que les villages qui entourent immédiatement la ville, et jouissent, par conséquent, de tous les avantages de cette proximité, sécurité, débouchés faciles, elc., auront été entièrement créés aux frais du gouvernement, tandis que les villages établis plus tard, et dès lors à une plus grande distance, ne seront plus que de la deuxième ou de la troisième classe.
Sans doute la présence de six ou huit villages européens sera, pour les nouveaux arrivants, d'un grand secours ; mais cela n'empêchera pas qu'il y aura toujours des maraudeurs indigènes, que ces maraudeurs s’attaqueront de préférence à la zone extérieure qui, d’ailleurs, dans les révoltes et les incursions auxquelles on doit encore s’attendre de la part des tribus, sera nécessairement la plus exposée; enfin, cela n’empêchera pas les inconvénients qui résultent, au point de vue agricole, de l'éloignement du marché.
Il me reste maintenant à indiquer quelle est la part de travaux et de dépenses qui doit être à la charge de l'État dans les villages des trois catégories.
Secrion III. — Travaux à la charge du gouvernement dans chacune des trois classes de villages.
J'ai à peine besoin de dire qu'il n’est nullement question de déterminer ici avec une exactitude mathématique cette part de dépenses et de travaux. On conçoit qu'il sera souvent difficile, pour ne pas dire im-
possible, de fixer d'avance, d'une manière définitive, dans quelle catégorie 11 conviendra de ranger un village. Telle situation présente des inconvénients sous un rapport, des avantages sous un autre. Elle est trop favorisée pour que le village qu'on y établira rentre dans la première catégorie; elle l'est trop peu pour qu'il soit de la seconde. Dans une pareille occurrence, qui pourra se présenter souvent, on prendra un terme moyen.
IL pourra même arriver qu'il y ait convenance à établir la première partie d’un village sur les bases de la première catégorie, et le reste sur celles de la seconde ou troisième, et vice versa.
L'affluence des colons, la position pécuniaire de la plupart d’entre eux, diverses circonstances survenues pendant l'exécution du village, telles que assainissement, établissement de canaux d'irrigation, pacification de la contrée, peuvent amener cette modification qui, d’ailleurs, dans plusieurs cas, serait justifiée par l'avantage seul que trouveront les derniers arrivants dans la présence des premiers colons, en supposant, bien entendu, que l’arrivée des colons n'ait lieu que
successivement.