PARTIE III, — COLONISATION
Le gouvernement établirait, à ses frais, tous les ouvrages d'utilité générale, l'enceinte avec les divers moyens de défense nécessités par la position ; l'église, la mairie, le presbytère, et la caserne de gendarmerie sil y a lieu; les routes, les fontaines ou puits, abreuvoirs et lavoirs ; le lotissement du village et des terres, et en même temps l'alignement et le nivellement des rues et le tracé des chemins d’exploitation ; enfin, s’il était nécessaire, le desséchement des terrains marécageux qui pourraient se {rouver à proximité. Les colons feraient le reste. L'administration donnerait, en outre, à chaque village, après l'établissement d’une partie des colons, un taureau, un étalon et deux ou trois béliers pour la monte des vaches, juments et brebis de la commune. En parlant de la culture coloniale, j'indiquerai les moyens de placer et d'entretenir convenablement ces animaux pour en tirer bon parti.
Ÿ 2. Villages de la deuxième catégorie.
Le gouvernement exécuterait tous les travaux qui viennent d’être indiqués ; de plus, il ferait aux colons des avances qui pourraient s'élever jusqu'à douze cents francs par famille et qui consisteraient en matériaux de bâtisse, bestiaux, instruments de culture et de transport, semences, vivres, fourrages, suivant les besoins des colons.
Ces avances seraient réglées sur les dépenses en travail et argent déjà faites par le colon, de telle sorte
qu’elles ne constitueraient jamais qu'un complément, et non le principal.
Outre les ouvrages mentionnés d'utilité générale, le gouvernement ferait construire, dans chaque village, deux ou trois grandes baraques en planches pour abriter les colons pendant la construction de leurs maisons.
\ 3. Villages de la première catégorie.
J'ai dit que, dans ces villages, tout serait à la charge du gouvernement, À part les travaux publics que j'ai spécifiés plus haut, il construirait donc encore les maisons, ferait défricher et mettre en état les jardins et une portion des terres de chaque lot (du sixième au tiers); enfin il donnerait aux colons cullivateurs une partie des instruments aratoires et de transport, des semences et des bestiaux qui leur seraient nécessaires, deux ou trois vaches, un bœuf, une demi-douzaine de brebis, parfois aussi une jument. Les circonstances détermineraient le nombre des bestiaux et la proporlion de chaque espèce.
Les instruments seraient un araire Dombasle ou autre solidement construit, une herse à dents en fer sur le modèle Valcourt, l’attelage de deux bœufs. Une charrette à une bête et un rouleau seraient donnés pour deux familles. Les semences consisteraient dans six à huit hectolitres de blé, huit à dix d'orge, autant de pommes de {erre, deux ou trois de maïs et millet,