PARTIE LILI, — COLONISATION
et, suivant les circonstances, une certaine quantité de graine de luzerne ou de graine de sainfoin.
Enfin, les colons recevraient des rations pendant une année, à parür de leur arrivée.
Les plants d'arbres leur seraient délivrés graturtement.
Plus tard, le gouvernement se chargerait encore, avec le concours des habitants, de l'exécution des premiers travaux nécessaires pour amener les eaux destinées à l'irrigation, partout où cela serait faisable.
SECTION IV.— Maisons.
Je viens de parler des maisons que le gouvernement devra faire construire. Comment devront-elles ètre pour remplir toutes les conditions de salubrité, de commodité et d'économie désirables? Les fera-t-on à l'européenne ? Il est douteux alors qu’elles conviennent au climat. Les fera-t-on d'après le système mauresque ? Dans ce cas, 1l est certain qu'elles ne conviendraient ni aux habitudes des colons, ni à leur genre d'occupation.
Si j'avais, comme beaucoup de gens, cette heureuse disposition d'esprit qui leur fait considérer comme autant de chefs-d’œuvre tout ce qui leur passe par la tête, je serais peu embarrasé de présenter un plan quelconque; mais comme j'ai la conscience de mon insuflisance, et que je tiens, avant tout, à ne donner que des choses positives, praticables, j'ai reculé devant la difficulté du problème.
Je pense qu'il faudrait mettre ce sujet au concours et le scinder en deux parties : habitations pour les localités chaudes et en plaines ; habitations pour les localités montagneuses et tempérées.
La commission qui serait chargée de juger ce concours devrait nécessairement comprendre parmi ses membres un ou deux agriculteurs habiles, connaissant l'Afrique et la culture africaine, car il est probable que la grande majorité des projets envoyés pécheront, avant tout, sous le rapport agricole. Nos architeeles sont, en général, des artistes ou tout au plus des constructeurs de villes, mais ils n’entendent rien aux constructions rurales, même pour la France. On pourrait donc s'attendre à voir arriver des plans de cottages anglais, ou, qui pis est, des projets, plus ou moins bizarres, basés sur des réminiscences de Alhambra,
Voici toujours quelques données qui pourraient servir à diriger les études à ce sujet.
Le gouvernement ne doit faire que les maisons d'habitation. Les logements des bestiaux, granges, ete. doivent être construits par les colons, sauf indemnites en nature.
La disposition des maisons mauresques, c’est-à-dire bâtiments carrés avee cour intérieure, ne convient point. Malgré ce qu’en ont dit les personnes qui veulent à toute force qu'on admire tout ce que font les indigènes, il est douteux que cette disposition soil bien appropriée au climat. Tous les Européens qui