‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 116 sur 138 · PARTIE INT, — COLONISATION · texte numérisé non relu

PARTIE INT, — COLONISATION

et non les vieux errements sur lesquels nous nous trainons en Europe. »

Oui, l'Algérie est un pays neuf; mais les hommes qu’on veut y fixer sont-ils neufs aussi ? Or, les hommes ne sont-ils pas dans tout cela l'élément le plus important ?

Je ne prétends pas qu'il faille transporter en Algérie, et sans aucun changement, l’organisation sociale, administrative, judiciaire et militaire de la France. Je pense que, surtout pour les deux premières, il y a des modifications à introduire. Mais je crois que ces modifications ne doivent affecter que la superficie et non la base, la forme et non le fond, ce qui touche le pays et non ce qui touche les hommes. On pourra, si cela est jugé indispensable au succès, heurter quelques préjugés, quelques habitudes du Français ; mais on ne doit, sous aucun prétexte, violer les tendances naturelles de l’Aomme.

Je reviendrai sur ce sujet en examinant quelques combinaisons préconisées.

On a proposé pour la colonisation : l’armée active ; les vétérans; les condamnés militaires ; les indigènes seuls ou mêlés aux Européens ; les forçats condamnés ou libérés ; des compagnies financières; des associations de travailleurs dirigés par un syndicat ; des réunions d'hommes acceptant le lien religieux; des cultivateurs ayant même origine, même langue, même culte, et retrouvant la patrie dans une cité nouvelle : des colons isolés, accueillis individuellement, formant

néanmoins agrégation par l'effet des mesures administralives et la communauté des intérêts.

Pour plus de simplicité, je grouperai tous les sujets qui ont quelque analogie ensemble, et je comprendrai les trois premiers sous le titre suivant :

Ÿ 1. Colonies militaires; armée active; vétérans; soldats libérés; condamnés militaires.

On a beaucoup parlé des colonies militaires. Les chefs militaires surtout, soit par une idée exagérée de l'impuissance de la population civile à rien fonder de fort en Algérie, soit par une tendance bien naturelle à vouloir conserver exclusivement la haute direction, dans cette grande œuvre de la colonisation africaine, ont toujours et avant {out préconisé les colonies militaires. Mais ce que j'ai lu et ce que j'ai entendu dire me prouve que beaucoup de personnes ne se rendent pas un compte parfaitement exact de ce que c'est que la colonisation et de ce que peut être, par conséquent, une colonie militaire.

Qu'il me soit permis de rappeler en peu de mots ces données si simples. La colonisation d'un pays, c'est, ce me semble, l'introduction et l'établissement, dans ce pays, d’une population nouvelle, composée indispensablement des éléments nécessaires à la vie propre et à la multiplication de toute population, c'està-dire composée de familles, Aussi la colonisation, par l'armée active ou par les condamnés militaires, estelle tout simplement un non-sens,

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