‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 117 sur 138 · PARTIE II, — COLONISATION · texte numérisé non relu

PARTIE II, — COLONISATION

L'armée active, comme les condamnés militaires, fera des routes, des villages, des défrichements, de la culture ; elle pourra préparer les voies à la colonisalion, mais elle ne fera point de colonies, quand mème elle occuperait le pays pendant cent ans encore, et en mème nombre qu'aujourd'hui.

C'est ce qu'ont senti plusieurs écrivains militaires qui, néanmoins, ne voulant pas abandonner leur idée favorite, proposèrent seulement les vétérans et les soldats libéres.

Quant aux vétérans, on se serait épargné toute diseussion à cet égard, si l’on s'était donné la peine de consulter les essais tentés dans d’autres pays. On aurait vu que nulle part il n’a été possible de tirer le moindre parti de ces hommes pour quoi que ce soit ressemblant de près ou de loin à la colonisation.

Ce fait s'explique du reste très facilement. Je suis bien éloigné de vouloir jeter la moindre défaveur sur un corps composé de vieux braves qui ont noblement payé leur dette à la patrie; mais enfin on ne saurait se dissimuler qu'en France surtout ces hommes ne sont vétérans que parce qu'ils sont impropres à toute autre carrière, soit par goût, par habitude de loisiveté, soit par incapacité physique ou morale. Comment attendre d’eux qu'ils se soumettront à la rude vie et aux travaux pénibles et continus auxquels sont nécessairement condamnés les colons, surtout dans les débuts d’un établissement? 1 faut, je crois, aban-

donner sans retour cet élément proposé.

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