‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 122 sur 138 · PARTIE IT. — COLONISATION · texte numérisé non relu

PARTIE IT. — COLONISATION

après un temps déterminé, sur toute terre pour laquelle le colon n'aurait pas eucore rempli les conditions.

Pour plus de clarté, je prendrai un exemple. Un colon, placé dans un village de première classe, a reçu maison, jardin, 2 hectares de terres défrichées et 40 hectares en friche; on lui impose comme condition Ja plantation d’un certain nombre d'arbres fruitiers, la mise en culture et l’ensemencement du jardin et des 2 hectares défrichés; plus, le défrichement, la mise en culture et l'ensemencement de 4 autres hectares. Après ces {ravaux, sa concession deviendra définitive; mais sur les 42 hectares :l en est 4 qui doivent être entièrement complantés en oliviers, müriers, ete., et le reste devra l'être en bordures le long des chemins, sentiers et canaux. Il aura, pour opérer ces travaux, cinq années, après lesquelles il paiera, pour chaque arbre qui aurait dû être planté et ne l’a pas été, un impôt de 5 centimes. Chaque année de retard augmentera cet impôt de À centime par arbre manquant. Inutile d'ajouter que l'impôt cesserait à mesure que la plantation aurait eu lieu, pour recommencer néanmoins plus tard, si le colon avait

(1) On déterminera d’avance le nombre d’arbres que doit recevoir un hectare planté en plein, et la distance à laquelle les arbres doivent se trouver dans les plantations en bordures. Rien ne sera donc plus facile que de connaître l’impôt d’un terrain destiné à être planté d’une manière ou d’une autre, et qui ne laura pas été ou ne laura été qu'incomplétement.

laissé écouler une année, après sommation, sans pro céder au remplacement des arbres morts.

On en agirait de même pour le défrichement des quatre hectares restants. Après un délai qui varierait de trois à six et même dix ans, suivant les circonstances, le colon paierait, pour chaque hectare resté en friche, un impôt de 45 francs, plus ou moins, impôt qui s’accroitrait également chaque année et cesserait par le défrichement, la mise en culture et l’ensemencement ‘.

Je dois faire ici une observation importante, Parmi les terrains d’un lot, il en est, dans les parties basses et ailleurs qui, ainsi que je l'ai déjà dit, sont bien sazonnés et forment d'excellents herbages naturels. Il est bien entendu qu’on n’exigerait pas le défrichement de ces terrains; cela, du reste, ne présenterait aucune difficulté : tout le monde est à même de reconnaitre un terrain de ce genre. Il n’en est pas ainsi de certaines terres de nature médiocre ou mauvaise, aujourd'hui en broussailles, situées sur des pentes et dont

(1) Ce même moyen pourrait être employé, dans l’intérêt de la colonisation, contre ces agioteurs qui achètent de grandes étendues, dans les situations qu’ils prévoient pouvoir devenir avantageuses, dans P’unique but de spéculer sur les colons sérieux, sur les cultivateurs qui viendraient s’y établir plus tard. L'obligation de défricher, cultiver, planter dans un certain laps de temps, sous peine d’avoir à payer un impôt croissant, calmerait sans doute cette fièvre de spéculation, et diminuerait très notablement le nombre de ces faiseurs, qui, sans avoir fait autant de mal qu’on l’a dit, sont loin d’avoir fait du bien en Algérie.

Page 1