‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 123 sur 138 · PARTIE LIL, — COLONISATION · texte numérisé non relu

PARTIE LIL, — COLONISATION

l'emploi le plus avantageux serait en forêts. Le mieux sera presque toujours de laisser le boisement se faire spontanément, ce qu'on obtiendra en se bornant à garantir les broussailles de la dent des bestiaux et des incendies qui, en général, doivent être formellement interdites à tous les colons, sauf pour les défrichements. Dans un cas pareil, on n'imposerait d'autre obligation au colon que celle d’enclore les terrains de ce genre, et de les soumettre aux règlements forestiers qu'on établira sans doute un jour en Algérie. Comme il importe néanmoins que les colons n’abusent pas de cette faculté pour se dispenser de défricher, et surtout de planter, il faudrait une autorisation de l'inspecteur des cultures, donnée sur l'avis du maire.

SECTION V.— Autorités communales.

Il ne m'appartient pas de traiter ici la question importante des autorités communales et des attributions dont elles doivent être investies ; je me bornerai à dire que, tout en repoussant les maires transformés en cheikhs, en autocrates au petit pied, selon le vœu de quelques personnes, je suis cependant irès convaincu de l’impérieuse nécessité de donner à ces fonctionnaires plus de pouvoirs qu'ils n’en ont en France, et de les rendre moins dépendants des administrés. Je sais qu'il en résultera des abus, car il y a dans l’exereice du pouvoir quelque chose d’enivrant pour notre caractère national, et qui pousse à l'arbitraire. Toute-

fois, de deux maux il faut toujours choisir le moindre, el je crois que, dans la situation où se trouve l'Algérie, les empiétements et même les injustices de l'autorité sont moins dangereux que l'anarchie. C'est là une question digne des méditations des hommes distingués qui composent la commission d'Afrique.

Qu'il me soit permis d'ajouter que l'autorité du maire devra s'étendre au delà du cercle purement administratif. Ainsi, non-seulement il me semblerait devoir être investi, dans les cas simples où il s'agit de valeurs minimes, d’altributions analogues à celles des juges de paix; mais encore il devrait pouvoir ordonner des corvées pour les routes, pour les travaux de défense contre l'ennemi ou les eaux, pour les travaux généraux d'irrigation, et mème la levée en masse des colons pour l'exécution de certains travaux pressés, comme l’enlèvement de la récolte dans les champs exposés à l'incendie ou au maraudage des indigènes. Il devrait également pouvoir décréter, lorsque les eirconstances l’exigeraient, c'est-à-dire en temps de guerre avec les tribus voisines, des bans pour la moisson, la fenaison, les travaux de semailles, ete, Cela demande quelques mots d'explication.

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