‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 124 sur 138 · Bans de travaux · texte numérisé non relu

Bans de travaux

On sait que le ban qui, en France, ne s'applique

plus qu'aux vendanges, est une défense faite aux habitants de la commune de récolter avant une certaine

PARTIE HIT, — COLONISATION, 38i époque, et a pour but de faire exécuter ce travail le même jour, par tous les intéressés à la fois. Aujourd'hui le ban est une de ces institutions vieillies dont l'utilité est plus que compensée par les imconvénients qu'elles présentent, dont on désire la suppression presque partout. Mais, à l’époque de sa création, le ban était sans doute une mesure utile, et il ne me parait pas improbable que ce soit l'absence de sécurité qui l'ait fait adopter.

J'en supposerais, du reste, l'exécution toute différente de ce qu'elle est en France.

Je suppose un ban de moisson ordonné par le maire, par suite de nouvelles inquiélantes. On commencerait par les parties du territoire les plus exposées. Les colons, qui auraient des grains dans cette partie, moissonneraient leurs champs, tandis que les autres, bien armés, placeraient des vedettes et se posteraient de manière à défendre le village et les travailleurs, à proiéger leur retour et la rentrée des récoltes s'ils étaient attaqués, et à accélérer le travail. Après avoir ainsi terminé un canton, on passerait à un autre, et à mesure qu'un colon aurait fini sa moisson, il quitterait la faux pour le mousquet, et réciproquement.

J'ai déjà dit un mot sur la conduite du bétail. Je crois qu'il conviendrait d’imiter, jusqu’à un certain point, ce qui se pratique dans nos communes de

(1) On remarquera qu’en Algérie, la moisson et la fenaison sont

beaucoup moins compliquées que dans le Nord. Le grain peut être coupé, lié, rentré et même battu dans l’espace de quelques heures,

France, c'est à-dire de confier la conduite des troupeaux à un gardien commun, payé par les colons, soit en denrées, soit en travail, comme je l'indiquerai plus loin pour linstituteur, et recevant en outre une certaine rétribution par tête de bétail. I est bien entendu qu'à la moindre apparence de danger, un certain nombre de colons serait commandé, à tour de rôle, pour protéger le troupeau. Ce serait encore le maire qui donnerait les ordres en conséquence au chef de la milice.

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