PARTIR IT. — COLONISATION
SECTION VII, — Instruclion publique.
Je ne puis quitter ce sujel sans dire quelques mots des écoles primaires.
Je crois que lout le monde est convaincu de la nécessité d'avoir une école primaire dans chaque village, et d'y établir un bon système d'instruction et d’éducalion morale et religieuse. Mais on ne sent peut-être pas assez la nécessité de faire une position sortable à l'instituteur qui sera chargé de cette mission. C'est néanmoins la première condition à remplir pour atteindre ce but. Heureusement que la chose sera plus facile en Algérie qu'en France.
L'instiluteur recevrait un lot complet dans les villages des trois catégories, c'est-à-dire que toujours on lui construirait sa maison, on lui défricherait une partie de ses terres et on lui donnerait quelques bestiaux ; el comme on doit supposer que la plus grande partie de son temps serait employée à l'instruction de la jeunesse, le défrichement du reste des terres, leur plantalion en arbres fruitiers et une partie des autres cultures seraient exécutés par les colons, dans la pro portion des enfants qu'ils enverraient à l'école.
L'instituteur serait de droit secrétaire de la commune, commissaire voyer el agent du cadastre. Aucune de ces attributions ne s'exelut; elles serviraient non-seulement à améliorer sa position, mais encore à lui donner plus de relief aux yeux de ses concitoyens
et de ses élèves. Inutile d'ajouter que l'instruction devrait être toute française, quelle que fût la population du village.
Si je n'étais aussi pénétré de la nécessité de multiplier autant que possible la famille en Algérie, je recommanderais les frères de la doctrine chrétienne pour tous les villages catholiques; mais cette nécessité me fait donner la préférence aux instituteurs laïques, à la condition qu'ils seront mariés, comme devront également l'être tous les autres colons.
Qu'il me soit permis d'émettre ici le vœu de ne pas voir s'introduire en Afrique cette lutte fâächeuse qui règne, en France, entre l'Université et le clergé. Quel moyen prendre pour cela? Faudra-t1l exclure d'une manière absolue tous les établissements relipieux d’instruction, ou les placer d’une manière plus directe sous la surveillance de l'autorité universitaire ? Conviendra-t1l, au contraire, de confier la direction suprème de l'instruction, en Algérie, à un ecclésiastique, relevant toutefois de l'Université ? Ce sont là des questions dont je laisse la solution à d’autres plus habiles que moi. Je me borne à exprimer le désir que l'instruclion soit, en Algérie, aussi religieuse que possible. Loin de mot la pensée de vouloir faire de ce pays un second Paraguay; mais je crois qu'on ne saurait trop tendre à répandre l'esprit religieux et la moralité parmi les colons. La présence d’une nombreuse armée est déjà une cause assez puissante de démoralisa- Hon pour qu'il soit nécessaire de la combattre par le