PARTIE 1, — OCCUPATION ET GOUVERNEMENT
breuses que jamais, les administrateurs, sous tous les réoimes, cédant à ce malheureux esprit d'abus, ont cru faire d'autant mieux leur devoir, montrer d’autant plus leur zèle et leur dévouement, qu'ils apportaient plus de rigueurs inutiles dans l'accomplissement de leurs fonctions, qu'ils mettaient plus d’entraves à la marche naturelle des choses et aux vœux de leurs administrés. Il est vrai que c’est là un moyen simple et très efficace de se donner de l'importance et de faire sentir son autorité, sans grands frais de capacité et de génie.
Avec une tendance pareille, qui, plus que toute autre chose peut-être, a contribué à la chute du régime impérial, on peut tant bien que mal administrer une sociélé déjà ancienne, un pays organisé, mais on ne saurait rien fonder de grand et d’utile.
Ce mal, une des causes qui ont empêché le développement de la colonisation en Algérie, je le signale sans pouvoir lui indiquer d'autre remède que celui qui résulte de sa connaissance même.
Il suffit, en effet, que le gouvernement en soit averti et formule en conséquence ses instructions aux divers fonctionnaires, pour que ces abus diminuent. Or, cela peut se faire aussi bien pour les chefs militaires que pour les employés civils.
Il est enfin une dernière raison qui milite en faveur d'un gouvernement militaire, c’est l’idée que se font les Arabes du pouvoir, qu'ils ne comprennent et qu'ils n'acceptent qu'appuyé sur le sabre ou sur lAlcoran.
3% COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE, { 9. Vice-roi.
Si, avant l’époque où, par la réduction de l'armée et l'augmentation de la population, le gouvernement civil pourra convenablement se substituer au gouvernement militaire, celte modification était rendue nécessaire par les abus que j'ai signalés plus haut, pour atténuer le mauvais effet de cette mesure anticipée, 1l ne faudrait placer à la tête de l'Algérie qu'un homme d'un grand nom, ou, ce qui est le vœu général des colons, ce qui semblerait concilier tous les intérêts, un prince du sang avec le titre de vice-roi.
Je sais que cette dernière combinaison a contre elle, sinon une partie de la France, du moins une partie de la presse. Mais si l'on développait en même temps les mesures uliles à la colonisation et les garanties dont jouit déjà la population civile de l'Algérie, si l’on évitait sagement une représentation fastueuse qui, quoi qu'on en dise, n’est nullement l'accompagnement obligé d'une vice-royauté, même occupée par un prince du sang, on verrait sans doute la France entière applaudir à une pareille décision.
Je ne crois pas calomnier la presse opposante en disant qu'elle serait la première à la réclamer si elle pouvait supposer qu'une nalion rivale en empêche l'exécution,