‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 20 sur 138 · PARTIE I. — OCCUPATION ET GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

PARTIE I. — OCCUPATION ET GOUVERNEMENT

talité n’est pas un vain mot chez eux, et leur parole a encore quelque valeur. Ils opposeront probablement plus de résistance que les Arabes, mais, une fois soumis, On pourra , je crois, plutôt compter sur eux.

Ÿ 7. Maures.

Je n'ai, jusqu'ici, parlé ni des Maures, ni des Juifs. Les premiers, peuple fanatique, souple, mou, rusé, comme on l’a fort bien dit, subissent notre domination, mais ne l’acceptent pas. Notre contact exercera certainement de l'influence sur la génération qui s’élève, mais nous n'avons pas à nous en préoccuper beaucoup. Ils ne peuvent rien, ni pour ni contre nous, si ce n’est comme espions de nos ennemis de l’intérieur ou de l'extérieur.

( 8. Juifs.

Cela s'applique à plus forte raison aux juifs, qu'on peut considérer, en quelque sorte, comme des Maures renforcés. La réhabilitation intempestive de cette race, si méprisée des indigènes, nous a fait grand tort aux yeux de ces derniers, sans nous rattacher les juifs. On avait cru que cette population, jusque-là en butte à toutes les exactions, à toutes les avanies des grands et des petits, nous recevrait comme des libérateurs et

ici. Le Kabaïle a la partie antérieure de la tête plus développée, le front moins étroit, moins oblique, et le derrière du crâne moins large que l’Arabe.

deviendrait pour nous un allié non douteux; les faits ont prouvé que nous étions dans l'erreur. Si les juifs avaient beaucoup à souffrir sous l'ancien gouvernement, ils gagnaient aussi beaucoup, et, pour le juif barbaresque, souffrir n'est rien quand il gagne. En possession de presque tout le commerce, ils voyaient nécessairement passer par leurs mains le produit des razzias et des confiscations. Un gouvernement régulier ne peut plus leur offrir les mèmes avantages. « On nous tourmentait beaucoup, me disait naïvement un riche juif de Constantine, on nous faisait même quelquefois périr, mais nous avions de grands profits. »

Pour ces deux populations, justice mais sévérité, surveillance active et exclusion à peu près absolue de toutes les affaires du gouvernement.

Ÿ 9. Règles de conduite à suivre avec les indigènes.

Je pourrais men tenir là et laisser au lecteur le soin de déduire de ce qui précède les conséquences relalives au syslème à suivre vis-à-vis des indigènes ; mais je craindrais que quelques esprits absolus n'arrivassent à cette terrible conclusion que beaucoup de partisans et presque tous les adversaires de la colonisalion considèrent comme le seul moyen de trancher les difficultés, l'extermination des indigènes. Je craindrais surtout qu’on ne m'attribuât également une pa-

reille pensée,

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