PARTIE 1, == OCCUPATION ET GOUVERNEMENT
Ÿ 2. Moyens religieux.
Le patriarche grec de Constantinople a presque toujours été, entre les mains du gouvernement ture, un moyen puissant de domination sur ses coreligionnaires qui gémissaient pourtant sous le plus dur esclavage. La France ne pourrait-elle point, par ses relations amicales avec l'Égypte, user d'un moyen analogue, et tourner ainsi à son avantage cette influence religieuse qui jusqu’à présent lui a été si nuisible? Ne pourrait-on pas avoir à Alger, et suffisamment rétribué par le gouvernement, un envoyé du grand shériff de la Mekhe qui, sous un titre quelconque, exercerait l'autorité religieuse sur tous les indigènes de l'Algérie ?
Peut-être aussi quelques prètres ouahabites (secte religieuse de l'Arabie) amenés en Algérie, soutenus secrètement par le gouvernement, ne seraient-ils pas inutiles en jetant la perturbation dans les idées religieuses des Arabes. ILest possible queces mesuressoient plus dangereuses qu'utiles. Il me semble cependant qu’on parviendrait ainsi à détruire, ou du moins à diminuer l'influence presque toujours hostile de ces marabouts disséminés dans tout le pays et qui échappent entièrement à notre action.