‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 38 sur 138 · PARTIE 11, — CULTURE ARABE · texte numérisé non relu

PARTIE 11, — CULTURE ARABE

même dans ces localités, aucune odeur ne révèle, pendant le jour, la présence des marais. On peut y séjourner impunément pendant tout le temps où le soleil est au-desssus de l’horizon, et on pourrait se garantir de l'influence pernicieuse des eaux stagnantes, dans toutes les parties marécageuses de l'Algérie, en ayant soin de ne pas sortir après le coucher et avant le lever du soleil.

Une autre précaution aussi utile, non-seulement dans ces localités, mais encore dans tout le reste du pays, c’est de ne jamais sortir le matin à jeun. Il est également nécessaire de se bien couvrir la tête et surtout l'abdomen, autant contre la chaleur du jour que contre la fraicheur de la nuit.

Un vêtement supplémentaire, un burnouss, par exemple, est indispensable aux personnes qui ne peuvent rentrer chez elles avant le coucher du soleil.

Dans les localités malsaines, l'usage du tabac à fumer est recommandé avec raison, surtout le matin et le soir.

Enfin, l'usage fréquent du café chaud ou froid, et de l’eau de riz, comme boissons, pendant la saison chaude, de même que l'emploi des épices, pour remplacer les spiritueux, sont autant de moyens indiqués par l'expérience et faisant partie d’une bonne hygiène.

En résumé, l'Algérie, malgré l’état d'abandon dans lequel elle se trouve aujourd'hui, peut passer avec raison pour un pays sain parmi les contrées chaudes. Cet avantage, elle le doit principalement, je crois, à

cette agitation constante de l'air que j'ai déjà signalée, et qui résulte, d’une part, de sa position entre le Sahara, l'Océan et la Méditerranée; d’une autre, du massif de hautes montagnes qui la couvrent, du grand nombre de cours d’eau qui la sillonnent et de l'abondante végélalion qui pare son sol.

SECTION III, — Sol.

Le titre seul de ce paragraphe indique assez que je n'ai nullement l'intention de le traiter d'une manière scientifique. Je n’envisagerai la question que sous le point de vue agricole.

La divergence d'opinions a été peut-être plus grande encore pour le sol que pour le climat. Tandis que les uns rappelaient que l'Afrique avait élé pendant longtemps l’un des principaux greniers de Rome, et aflirmaient qu'aux mains d’une population laborieuse et intelligente elle pourrait encore aujourd'hui remplir le mème rôle à l'égard de la France, d’autres assu- ‘aient, d'une manière non moins positive, que le sol de l'Algérie était épuisé par dix siècles de barbarie et d'abandon.

Je laisserai de côté l'histoire et les inductions qu’on a cru pouvoir tirer de la barbarie et de l'abandon pour ne m'attacher qu'à quelques faits scientifiques bien connus, et surtout aux faits agricoles actuels. Ce sont là des bases bien autrement incontestables pour le sujet qui nous occupe.

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