Nature du sol des diverses localités
En général, le sol argilo-calcaire semble dominer en Algérie. Il constitue le sol ou le sous-sol d’une notable portion de la Mitidja et de la plupart des autres grandes plaines, formées, comme elle, par des alluvions, le sol du massif d'Alger, des montagnes du petit Atlas, aux environs de cette ville, de celles des environs d'Oran et de Constantine, ete, Nulle part je
PARTIE II, — CULTURE ARABE. 137 ne lui ai vu prendre ce degré de compacité qui en rend la eulture si difficile, dans plusieurs parties de la France. .
Le sol de la belle vallée de la Seybouse, auprès de Bône, estcomposé en grande partie de sables quartzeux et micacés; néanmoins, il est assez compacte, assez frais et assez riche en matières organiques pour offrir les meilleures conditions à la croissance des plantes.
Les environs de la Calle sont sablonneux. Malgré cela, la végétation y est active, et les arbres, surtout les chênes-liéges et autres, paraissent s’y complaire d'une manière toute spéciale.
Il semble en être de même de toutes les parties du petit désert et de la première zone du Sahara qui sont arrosées par les cours d’eau descendus de l'Atlas. « Les bords du Sahara, dit Desfontaines, jusqu'à 200 ou 240 kilomètres au sud du mont Atlas, quoique rarement arrosés par les pluies, sont néanmoins ferüiles en beaucoup d’endroits ; à la vérité, on y récolte peu de blé, mais le dattier y croît en abondance. Cet arbre précieux tient lieu de moissons aux habitants de ces contrées, et fournit presque entièrement à leur subsistance. La fertilité de ce sol sablonneux et en apparence si aride est due aux rivières et aux ruisseaux qui découlent des montagnes de l’Atlas. Ils se perdent dans les sables du désert, comme dans une vaste mer, pour reparaitre en divers lieux, où ils forment même des lacs d’une étendue considérable. »
Ce que j'ai vu de plus pauvre en Algérie, à part quelques rampes abruptes et ravinées des montagnes, ce sont les environs immédiats d'Oran et quelques parties de la prande plaine située entre la Seybouse et la Maffrag.
Les sommets et les pentes du Sahel d'Alger et de Coléah ont épalement un sol assez pauvre, mais par une autre cause. C’est ici le peu de profondeur de la couche vépélale, plutôt que sa constitution, qui cause cette pauvreté, quoique, du reste, la proportion d'argile y soit peut-être trop forte.
L'abondance des palmiers nains (chameærops humilis) est, suivant les Arabes, un indice certain de la pauvreté du sol. Peut-être indiquerait-elle plutôt une terre forte, difficile à cultiver; peut-être aussi la difficulté que présente l’arrachage des touffes, souvent très grandes et tenaces, de cette plante, est-elle la véritable raison qui empêche de mettre en culture les terrains où elle se trouve en abondance et dont elle déprécie la valeur. Cependant le sol rougeätre des environs d'Oran, qui est couvert de palmiers nains, est bien réellement infertile, et lorsque, s’avançant vers le sud du côté du Camp du figuier, on trouve la terre grisätre et fertile qui couvre les bords du Sebgha et les plaines de Tlélat et de Méléta, on voit s'arrêler immédiatement les palmiers nains qui ne se rencontrent pas davantage au pied du Sahel, tandis qu'ils y couvrent les flanes et les sommets de presque touies les collines,