‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 41 sur 138 · PARTIE II. — CULTURE ARABE · texte numérisé non relu

PARTIE II. — CULTURE ARABE

(3. Terrains salés.

On a signalé, comme une cause d’infertilité pour certains points du territoire algérien, la quantité de sel marin qui s’y trouve mêlé à la terre.

Quoique le sel paraisse très répandu dans toute la colonie, bien peu de terrains en sont affectés au point d’être rendus infertiles. Il n’y a, dans ce cas, en réalité, que les Sebgha et les Schott, ou lacs salés disséminés sur quelques points de l'intérieur.

Sans oser rien affirmer à cet égard, je ne serais cependant pas éloigné de croire que le sel est, pour le sol de l'Algérie, plutôt une cause de richesse que de pauvreté. C’est du moins ce que semblerait prouver la belle végétation qui couvre les bords de plusieurs cours d’eau saumâtre.

J'ai à peine besoin de dire qu’en Algérie, comme ailleurs, les plaines et les vallées ont le sol le plus riche. La composition même du sol donne lieu, en outre, à des différences notables sous ce rapport. Sans pouvoir indiquer d’une manière précise la fécondité relative des diverses portions de la colonie, je dirai cependant que les environs de Bône; le pays compris entre celte ville, Constantine et Philippeville ; les plaines ou plutôt les plages de Dpigelly et Bougie sur une vaste étendue ; la partie centrale et méridionale de la Mitidja ; la plaine du Chéliff, celles de la Mina, d'Eghris, du Sig et de l'Habra, ainsi que les contrées

qui environnent le Sebgha d'Oran et Tlemcen, passent pour les localités où le sol est le plus riche.

En résumé, on peut dire que l'Algérie, prise dans son ensemble, est un des pays fertiles du globe. Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue que, située sous le 56° de latitude, elle est dans des conditions où l'irrigalion change toutes les circonstances culturales, où la présence de l'eau donne au sol le plus pauvre une abondance de produelion inconnue, mème dans les terrains les plus fertiles du nord, et où son absence déprécie, dans la même proportion, la valeur des terres les plus riches naturellement.

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