CHAPITRE IT
Culture arabe.
Sans m'arrèler à la végétation spontanée, sur laquelle je serai d’ailleurs obligé de revenir en parlant des herbages et des bois, j'aborde immédiatement l'agriculture arabe.
SECTION I. — Caractères généraux de l’agriculture locale. Ÿ 1. Culture’des Arabes.
Les Arabes font de la grande culture céréalifère. Les deux principaux produits de cette culture sont le
PARTIE IE, — CULTURE ARABE 14 blé et l'orge. Puis viennent accessoirement quelques autres céréales, telles que le maïs, le sorgho, le millet à chandelles ou doura, des pois chiches, des lentilles, des féves, quelques navets et choux, du tabac et du lin, le mélouchié (corchorus olitarius), le gombaut (hibiscus esculentus), enfin, une assez grande quantité de melons et de pastèques. Si l’on y ajoute un peu de pommes de terre, et, dans quelques localités, du chanvre, on aura toutes les plantes annuelles cultivées par les Arabes.
Ÿ 2. Culture des Kabaiïles,
Les Kabaïles, plus stables, habitant d’ailleurs les montagnes, s’'adonnent davantage aux cultures arbo rescentes, de même qu'aux cultures potagères citées en dernier lieu. Il en est de même des Maures qui, à proprement parler, ne font que du jardinage.
Ces cultures arborescentes comprennent l'olivier, le figuier, la vigne, les diverses variétés d’orangers et de citronniers, le grenadier, le jujubier, le caroubier, la plupart de nos arbres fruitiers, notamment les pruniers, abricotiers, amandiers, pêchers, noyers, cerisiers, pommiers et poiriers ; enfin, le palmier-dattier dans le sud.
SECTION II. — Instruments aratoires et bétes de trait.
Les animaux de trait sont Je mulet, le cheval et sur-
tout le bœuf. Les premiers tirent au moyen d'une espèce de bricolle, ou plutôt de collier fait avec une couverture de laine, un sac, où même avec des cordes contournant l’encolure. Une corde, en façon de trait, est fixée de chaque côté, et vient s'attacher à une perche qui passe sous le ventre des deux chevaux ou mulets marchant l'un à côté de l’autre. A cette perche transversale est liée l’extrémité de l’age de l’araire, dans l’intervalle qui règne entre les deux bêtes.
Chez les bœufs, cette mème perche joue le rôle de joug. Elle est fixée toujours transversalement sur la nuque des deux animaux, soit par une corde qui contourne la base des cornes, ou, plus fréquemment encore, par deux grandes chevilles perpendiculaires qui embrassent le cou de l'animal, formant ainsi une espèce de joug double de cou auquel on attache également l'extrémité de l'age, entre les deux bœufs. Cette perche est plus longue, mais moins lourde que nos jougs ordinaires.
Le seul instrument aratoire des Arabes est l'araire ou dental, plus grossier, plus défectueux encore que celui usité dans le midi. Quelques-uns d’entre eux v ajoutent, m'a-t-on dit, une espèce de petite herse en bois, ou un simple fagot d'épines. Mais, pour la plupart, cette addition est du luxe inutile.
C’est avec ce moyen si imparfait qu'ils procèdent à la préparation du sol, pour les cultures mentionnées.
On trouve, en outre, chez les Kabaïles, des pioches et mème quelques bèches.