PARTIE II. — CULTURE ARABE
J'ai déjà dit qu'on ne pouvait pas appeler labour la façon que donnent les Arabes à la terre. Les personnes qui connaissent le dental du midi seront de mon avis, surtout si l’on ajoute qu'aucune adresse de la part de l’ouvrier ne vient atténuer, comme cela se voit chez nous, le mauvais effet de la défectuosité de l'instrument.
Les sillons que tracent les Arabes ont de 5 à 40 centimètres de profondeur; ils sont séparés les uns des autres par des bandes de terre qui demeurent intactes, et que recouvre seulement et imparfaitement la terre remuée. Du reste, ces sillons ne sont presque jamais parallèles entre eux, et 1l ne peut en être autrement par suite de la présence d’un nombre plus ou moins grand de souches, que l’araire, ne pouvant enlever, doit nécessairement contourner.
Si j'entre dans ces détails, ce n’est pas que je pense que ce système puisse être suivi avec avantage par les colons, mais c'est afin d'expliquer l’exiguité du produit qu'obtiennent les indigènes, et de prouver en même temps la bonté du sol et du climat.
SECTION III, — Cultures diverses.
\ I. Blé et orge.
Dans le courant de juillet, d'août et de septembre, les Arabes mettent le feu aux broussailles de tous les terrains en général dont ils disposent, mais surtout
de ceux qu'ils destinent à la culture des grains. Quand les premières fortes pluies d'automne ont détrempé suffisamment la terre, c’est-à-dire vers la mi-novembre, ils répandent la semence à la volée sur la terre garnie d'herbe et des chicots et souches des broussailles incendiées; puis, avec l’araire que je viens de décrire, ils tâchent de recouvrir la semence tant bien que mal, tout en donnant une culture au sol.
Cette méthode est la plus ordinaire dans les terres faciles, déjà défrichées précédemment, et, par conséquent, peu garnies de broussailles, surtout de palmiers nains. Dans les autres, on donne le labour avant la semaille. Quelques cultivateurs soigneux donnent un second labour pour enfouir la semence. La plupart s’en remettent à la pluie pour cette opération.
C’est parmi les Kabaïles qu’on trouve la eulture la plus soignée.
La simplicité de ce système explique comment une population minime peut néanmoins cultiver, en céréales, une très grande étendue de terrain dans des conditions quisembleraient exiger beaucoup de travail.
On calcule qu'un Arabe laboure environ 40 ares de terrain par jour, et il y a trente à quarante jours propres au travail de préparation et de semaille.
Le frement se sème, en général, à partir du 45 novembre jusqu'au commencement de janvier, dans les plaines et sur la côte. Dans la montagne, on commence et on finit plus tôt.
L'orge se sème généralement plus lard; en décem-