‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 47 sur 138 · Maïs, millet, pois, etc · texte numérisé non relu

Maïs, millet, pois, etc

Les féves, lentilles et pois chiches, cultivés en petite quantité par les Arabes et particulièrement par les Kabaïles, sont semés en même temps que le blé et l'orge.

Quant aux maïs, sorgho et millet, on les sème au printemps, à partir du mois de mars. On ne les cultive, du reste, que dans les terrains arrosables, de même que les diverses plantes potagères que j'ai indiquées plus haut.

Je n’entrerai dans aucun détail sur la culture de ces plantes. Malgré l'importance du jardinage, je ne saurais ici m'en occuper avec quelques développements sans dépasser les bornes de cet ouvrage. En parlant

de la culture des colons, j'aurai soin d'indiquer les époques auxquelles doivent s'exécuter ici les opérations agricoles les plus importantes.

SECTION IV.— Assolement, fumure.

J'ai à peine besoin de dire que nulle règle n'est observée par les indigènes pour la succession des diverses récoltes dans le même terrain, en d’autres termes, pour l’assolement. On épuise un sol par une série de récoltes, après quoi on le laisse reposer indéfiniment.

Dans les jardins mêmes, qui pourtant sont tous arrosés, les Maures et les Kabaïles n'ont d'autre soin que de faire succéder les plantes les unes aux autres suivant les saisons de l’année.

Ajoutons que l'opération de fumer le sol est chose inconnue des indigènes. A part l'espèce d’écobuage qui résulte de l’incinération annuelle des broussailles et hautes herbes, opération faite d’ailleurs dans le seul but de procurer un bon pâturage au bétail et de détruire les insectes et reptiles nuisibles, la terre ne reçoit d'autre engrais que les excréments qu'y déposent les animaux. Les Arabes ont cependant remarqué que les terrains qui en avaient le plus reçu étaient les plus productifs ; aussi recherchent-ils, pour la culture, les places où les troupeaux avaient coutume de se reposer et de s’abriter du froid ou de la chaleur.

Ce fait suffirait au besoin, s’il n’y en avait déjà mille

PARTIE II. — CULTURE ARABE. 149 autres, pour réfuter l'opinion de quelques personnes qui prétendent que le fumier est inutile, voire même nuisible, en Algérie.

SECTION V. — Cultures arborescentes.

( 1. Daitier.

On sait déjà que le dattier est la plante par excellence des parties méridionales de l’Algérie. Les grandes plaines sablonneuses, qui s'étendent entre les deux chaines de l'Atlas et au midi de la seconde, doivent en grande partie au dattier la possibilité d’avoir des habitants. Le sol et surtout le climat de ces localités semblent convenir particulièrement à cet arbre. Cependant, il paraïtrait que quelques arrosages, pendant les plus grandes chaleurs, lui seraient nécessaires, sinon pour vivre, du moins pour produire abondamment. Il en est de même de quelques façons données au pied de l'arbre.

Le dattier croit dans toute la régence ; mais, hormis les contrées mentionnées, il ne donne que des fruits petits, secs et sans saveur. On attribue cette absence de qualité au manque de chaleur.

Je ne veux pas affirmer que les dattes pourraient être aussi bonnes dans la partie nord de l'Algérie que dans le sud, mais j'ai lieu de croire que leur mauvaise qualité vient moins du climat que de l’absence ou de la rareté de pieds de mâle. On sait, en effet, que le dattier est dioïque, et l'opinion générale est que, lors-

que la fécondation n'a pas eu lieu ou a eu lieu d’une manière imparfaite, les dattes sont sèches et insipides. Les habitants du Beled-el-Djérid (pays des dattes), qui ont une longue expérience à cet égard, en sont tellement convaincus que, au dire des voyageurs qui les ont visités, ils pratiquent généralement la fécondation artificielle qu ils nomment dzukhar (féconilation).

En mars et avril, à l’époque où les fleurs disposées en panieules rameusessortent de la spathe allongée qui les enveloppait, les Arabes, suivant Shaw, prennent un jet ou deux de la panicule du mäle et l'insèrent dans la panicule de la femelle, ou bien se servent d'une panicule entière du mâle dont ils secouent le pollen sur les fleurs de la femelle. |

La même chose a lieu, dit-on, en Égypte. On assure que, pour la première de ces méthodes, un seul mäle suffit à la fécondation de cinq cents femelles. :

Ce qui contribue à me faire penser que l'absence de fécondation est la principale cause de la mauvaise qualité des dattes dans le nord de l'Algérie, c'est qu'on en récolte de fort bonnes dans plusieurs parties de l'Andalousie, où le climat n'est certainement pas plus chaud qu'en Afrique.

Le dattier est d'un grand rapport dans le Sahara, parce qu'il y est l'objet de grands soins, et il y est l'objet de soins, parce qu'il est là presque le seul végélal utile qui réussisse. Dans le reste du pays, la variété et l'abondance des autres produits ont fait négliger le dattier ; on n'en voit que quelques indivi-

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