‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 48 sur 138 · PARTIE II. — CULTURE ARABE. à Vi ÿl · texte numérisé non relu

PARTIE II. — CULTURE ARABE. à Vi ÿl

dus isolés cà et là et venus spontanément, mais nulle part on ne rencontre de plantation régulière. Il n’est donc pas étonnant que ses fruits y soient mauvais.

Les Arabes du Beled-el-Djérid multiplient le dattier par semis de noyaux ou par les rejets qui naissent autour des vieux pieds. Ce dernier moyen est le plus usité, paree qu'il est le plus prompt. Tandis que les pieds venus de semis ne commencent à produire qu'à seize ou dix-huit ans, les rejets donnent déjà des dattes après six ou sept ans de plantation. Mais il faut, pour cela, qu'ils soient munis de racines et abrités du soleil pendant une quinzaine de jours, après leur mise en terres. .

Le mois de mars est celui qu’on préfère pour la transplantation comme pour le semis.

Si j'ai insisté sur ce sujet, c'est que, dans cet arbre, je vois un moyen pour nos colons d'utiliser certaines parties abritées, par conséquent très chaudes, de la Mitidja et des autres grandes plaines de l'Algérie. Les plantations de dattiers, faites dans ces lieux, au moyen de rejetons, présenteraient l'avantage mulliple d'ombrager, et, par conséquent, d’assainir le sol de ces localités, qui sont en général les moins salubres, et ensuite de donner plus tard un produit important sans empêcher cependant d'utiliser la terre, soit à des cultures annuelles, soit comme herbages. Enfin, on se créerait, pour un avenir plus éloigné, des ressources précieuses en bois, tant pour les constructions que pour le chauffage ; car on sait que le bois de dattier,

152 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE, quoique d’un tissu lâche, est presque incorruptible, peut ètre employé très utilement comme poutres, solives, etce., et donne en brülant beaucoup de chaleur. C’est après trente ans de plantation que le dattier est dans toute sa vigueur. Dans les situations favorables, il donne alors, chaque année, de quinze à vingt régimes ou grappes, pesant de 6 à 9 kilogrammes chacune, c’est-à-dire de 420 à 440 kilogrammes de dattes. Cette force de végétation se prolonge pendant soixante à soixante-dix ans, puis elle s’affaiblit successivement, jusqu'à ce qu'enfin l'arbre meure, ordinairement avant l’âge de deux cents ans.

2 et 3. Olivier et Fabrication de l’huile.

L'olivier est, sinon pour les Arabes, du moins pour nous, le premier arbre de l'Algérie. L'olivier vient spontanément dans tout le pays et jusqu à des hauteurs de 700 à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer, comme aux environs de Médéah et de Millianah.

Du reste, si les Arabes négligent l'olivier ainsi que les autres cultures arborescentes, en revanche, les Kabaïles et les Maures s’en occupent et le cultivent, sans cependant savoir en tirer, à beaucoup près, tout le parti possible. Ainsi, presque nulle part cet arbre précieux n'est greffé, nulle part il n’est taillé ou fumé, et ce n'est que par exception qu'on le eultive au pied ou qu'on l'arrose,

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