PARTIE II. — CULTURE ARABE
Néanmoins, on récolte beaucoup d'huile en Afrique; et, pour certaines tribus, comme celle des Issers, à l’est de la Mitidja, celles des environs de Bougie, Dgigelly, Tenez, ce produit constitue la source la plus importante de revenu.
La fabrication de l'huile n’est pas mieux entendue des indigènes que la culture de l'olivier. Généralement, ils laissent pourrir à moitié les olives. Les Maures et quelques tribus kabaïles des environs des villes emploient des meules verticales pour les écraser, et des pressoirs très défectueux pour en extraire l'huile; mais, dans le reste du pays, on se borne à écraser les olives entre deux pierres ; le mare est jeté dans de grandes jarres remplies d’eau, puis comprimé à la main pour en extraire l'huile qui n’est obtenue, comme on le pense bien, qu’en très faible proportion.
Cette huile si mal faite est conservée, soit dans de grandes jarres en terre, soit dans des peaux de boues cousues, tellement sales et imprégnées de matières âcres que la meilleure huile s’y gâterait en peu de jours. Aussi l'huile d'Afrique ne convient-elle qu’à la fabrication du savon ou à la consommation des indigènes qui paraissent l'estimer d'autant plus qu’elle est plus rance.
La plupart des montagnes, et en général tous les terrains qui ont été pendant quelque temps épargnés par le feu et la culture, sont couverts d’oliviers sauvages,
La vue des olivettes aujourd'hui existantes et en rapport fait penser que les oliviers sont venus spon tanément.
J'ai déjà dit que presque nulle part on ne greffe ces arbres, mais je dois ajouter qu'on rencontre, parmi les sauvageons, un grand nombre de sujets qui portent de magnifiques olives, égales pour la grosseur à la plupart des espèces cultivées de nos départements méridionaux. Rien n'autorise à croire que ces olives soient inférieures, pour la qualité ou la quantité de l'huile qu'elles rendent, aux olives cultivées.
Le colon qui sera assez heureux pour posséder des sujets de ces variétés pourra donc se dispenser de la greffe.
( 4. Figuier.
Après l'olivier, l'arbre le plus répandu, et qui semble le plus intéresser les indigènes, est le figuier dont les sauvageons couvrent également une grande partie du pays, ets’élèvent jusqu à 4200 et4500 mètres au-dessus du niveau de la mer. On en trouve un grand nombre de variétés que les indigènes rangent toutes dans deux groupes distincts : celles à fruits blanes et celles à fruits noirs.
Les figues-fleurs, nommées bokhor par les Arabes, commencent déjà à paraitre à la fin de mai. Les figues propreinent dites viennent en Juillet et août, et durent jusqu en octobre.
Dans plusieurs localités, notamment aux environs
PARTIE II. — CULTURE ARABE. 19595 de Mostaganem, la production, la préparation et la dessiceation des figues formaient une occupation importante des habitants, de mème que la vente de ce produit à Alger, Bône et Oran, était pour eux une source essentielle de revenu.
On a dit que les figues algériennes ne valaient pas celles de la Provence, parce que le climat était trop chaud. C’est, je crois, une erreur, J'ai mangé, dans diverses parties de l'Algérie, des figues venues dans la plaine et aussi bonnes que les meilleures qu’on puisse trouver à Marseille. Si elles leur sont en général infé-
aeures, cela tient probablement au défaut de culture et de soins, défaut qui, on le sait, donne aux fruits cette äpreté particulière à tous les sauvageons.