Vigne
Quoique les indigènes ne fassent point de vin ou en fassent très peu, la vigne était cependant un objet important pour eux. Non-seulementelle existe, soit en espaliers, soit en plein, dans tous les jardins des environs des villes, mais encore on en trouve chez presque toutes les tribus kabaïles.
Les raisins sont consommés frais, en très grande quanlité, et se conservent tels pendant longtemps. On en sèche, en outre, beaucoup, et c’est surtout aux environs de Collo, Tenez et Mostaganem que cette industrie a de l'importance.
Enfin, on en fait encore une espèce de raisiné ou
de vin cuit qui est également un objet de commerce.
Il existe plusieurs variétés de cépages ; les plus répandues m'ont semblé être le muscat d'Alexandrie, le raisin de Malaga et une espèce de chasselas semblable au nôtre, mais à peau plus épaisse et à grains plus gros.
Quoique la culture de cette plante se ressente de la paresse et de l’incurie des indigènes, elle parait cependant plus soignée qu'aucune autre. Ainsi, vignes en plein ou en espalier sont généralement houées deux fois l’an, en hiver et au printemps. On taille, mais d’une manière différente que dans nos départements méridionaux; et le mode de multiplication, soit par provignage, soit par boutures ordinaires ou crossettes, est également connu et usité.
Un écrivain distingué a dit que le vin du pays qu'on lui avait fait boire était tel que nos propriétaires de vignes pouvaient être complétement rassurés, et que jamais l'Algérie ne pourrait faire concurrence aux vins français, ni même s’en passer. Cette assertion, qui prouve de la part de l’auteur un désir bienveillant de tranquilliser nos propriétaires de vignes, n'est, malheureusement pour ceux-c1, nullement fondée. Sans même se reporter à des faits bien connus, il suffit de se rappeler que lPAlgérie est sous le même climat que Madère, les Canaries, Chypre et l’Andalousie, pour qu'il ne soit plus permis de douter le moins du monde de la possibilité d'y faire des vins égaux aux meilleurs vins de l'Europe méridio-