PARTIE IL, — CULTURE ARABE
jusque peu de temps avant la maturité des céréales qu'ils leur appliquent ces arrosages.
Pour l'irrigation par infiltration, le terrain, soit jardin, soit champ, est coupé d’un grand nombre de rigoles dirigées presque horizontalement ou du moins avec une faible pente. L'eau qui les parcourt pénètre dans le terrain meuble qui les borde de chaque côté, et arrive ainsi jusqu'aux racines des plantes.
Dans ce système, de mème que dans celui qui s’applique aux arbres, il est nécessaire d’avoir un canal de dérivation qui prend l’eau dans un ruisseau ou un torrent et l'amène aux rigoles d'irrigation.
Comme ailleurs, on établit un barrage, dans le cours d’eau, au-dessous de la prise.
SECTION VII. — Bestiaux.
On sait que les Arabes et les Kabaïles, mais surtout les premiers, élèvent une grande quantité de bestiaux, et sont, en général, plutôt pasteurs qu'agriculteurs.
Chez les tribus qui avoisinent le désert, les bêtes à laine et les chameaux sont les deux branches principales, on pourrait dire presque uniques de revenu. Dans les montagnes, ce sont les bêtes bovines ; enfin, partout, mais principalement dans les grandes plaines de l'intérieur, l'élève des chevaux et des mulets est d’une haute importance.
Passons en revue très rapidement la nature de ces bestiaux, les moyens de multiplication et d'entretien
168 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE. employés par les Arabes, et enfin le parti qu'ils en tirent.
Ÿ 1. Chameaux.
La vie nomade des Arabes, l'absence de routes et par suite de véhicules ont dù nécessairement donner, dans ce pays, une grande importance aux bestiaux de bât en général, et en particulier aux chameaux, les plus forts, les plus sobres et les plus rapides de tous les animaux de cette catégorie.
Exposer longuement les qualités et les mœurs des chameaux serait entrer dans des détails connus de tout le monde. Je me bornerai donc à rappeler que ces animaux, renchérissant encore sur la sobriété proverbiale des chevaux et mulets de la Barbarie, se nourrissent des plantes les plus grossières, telles que chardons, raquettes de cactus et autres qu'ils ramassent tout en cheminant; qu'ils supportent la soif pendant plusieurs jours; font jusqu'à 60 kilomètres d’une seule traite et avec 500 et 550 kilogrammes de charge, et sont, en général, très dociles lorsqu'on connait la manière de les diriger.
La chamelle, vers les derniers temps de l’allaitement, fournit un lait qu’on dit être excellent.
Le poil long qui garnit une partie du corps du chameau sert, en mélange avec de Ja laine, à faire des cordes, des étoffes pour tentes, des tapis; enfin, jusqu'à bet 6 ans, les chameaux ont une viande recher chée des Arabes,