‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 56 sur 138 · PARTIE Il, — CULTURE ARABE · texte numérisé non relu

PARTIE Il, — CULTURE ARABE

Des deux espèces existantes, c’est le chameau proprement dit, à deux bosses, qui est le plus répandu en Alvérie.

L'autre, le dromadaire, plus petit, mieux fait et plus rapide encore, se trouve chez plusieurs tribus du désert.

Les chameaux de cette dernière contrée, plus sveltes, d'apparence plus faibles, sont plus sobres, plus infaligables encore que les autres, mais ils réussissent mal dans le Tell, et en général ces animaux souffrent du froid, de la pluie, et marchent difficilement dans les terres humides et détrempées, de mème que dans les sentiers rocailleux et inclinés des montagnes.

Il leur arrive alors parfois de tomber et de se casser les jambes antérieures, dont la fragilité est passée en proverbe chez les Arabes. Dans ce cas, ceux-ci abattent l'animal, et, quel que soit son âge, en consomment la chair et en utilisent la peau et le poil, de sorte que la perte est minime.

Les lieux de prédilection du chameau, ceux où il rend le plus de services et convient le mieux, sont les grandes plaines sablonneuses situées au midi de l'Atlas.

Si cet animal est néanmoins répandu dans les autres parties de l'Algérie, il faut l’attribuer aux circonstances déjà mentionnées et à ses qualités, surtout à cette extrême sobriété qui fait qu'il ne coûte absolument rien d'élève et d'entretien quand on ne l’emploie pas, et fort peu quand on l’emploie. Dans le premier

170 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE. cas, le pâturage, dans le second, un peu d'orge, de féves ou de farine délayée lui suffisent.

Le chameau partage avec le cheval le privilége d'être mis à couvert, sous une tente, pendant les nuits froides et pluvieuses de l'hiver.

En Algérie, on ne s’en sert que pour porter, jamais pour trainer, comme cela se voit dans le Levant. Les bâts sont assez bien faits; mais ils ne sont fixés que par des cordes qui passent sous le ventre du chameau. En voyant marcher et surtout trotter ces animaux, on conçoit à peine comment le balancement qu’ils impriment à leur charge ne leur occasionne pas très promptement des blessures aux parties qui sont en contact avec les cordes.

Le prix d’un chameau moyen, qui était, avant notre arrivée, de 55 à 50 fr., est aujourd'hui de 90 à 450.

(2. Chevaux.

Les divergences encore fort récentes d'opinion à l'égard des chevaux de l'Algérie ne rendront peutêtre pas inutiles quelques développements sur celte intéressante question.

On est tellement habitué à juger les chevaux sur l'extérieur, qu'il n'y a rien d'étonnant à ce qu'on ait pris une mauvaise opinion de la race barbe, telle qu'elle existe aujourd'hui dans notre colonie. En effet, pour les gens non connaisseurs ou habitués aux formes développées du Nord, l'aspect de ces ani-

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