PARTIE IT. — CULTURE ARABE
de mauvaise qualité, et il est arrivé souvent, dans les expéditions, que les officiers qui, au début, paradaient sur ces beaux chevaux, étaient obligés, au retour, d'emprunter un cheval de soldat, ou revenaient piteusement à pied, trainant après eux leurs tristes montures.
Disons ici, en passant, que, de tous les chevaux européens, ce sont les chevaux français, surtout ceux de races légères, qui ont le mieux supporté le climat et les fatigues, et ont rendu les meilleurs services en Algérie.
En résumé, le cheval africain, tel qu'il existe aujourd'hui dans la colonie, et malgré les causes nombreuses qui ont contribué à sa dépénéralion, est encore, à mon avis, le cheval de guerre par excellence, On pourrait désirer un peu plus de taille; mais peutêtre n'y arriverait-on qu’au détriment de cette lépèreté, de cette force, de cette constitution robuste, de cette âme, de ce qui fait, en un mot, le mérite de ces chevaux. Dans tous les cas, rien ne sera plus facile à obtenir que cette augmentation de taille, lorsque la production de chevaux ne sera plus uniquement entre les mains des Arabes.
Je n’entrerai que dans peu de détails sur l'extérieur et la conformation de ces animaux, sujet qui a déjà dû être traité avec étendue par des hommes spéciaux. Je dirai seulement que la taille varie entre À mètre 45 centimètres et À mètre 55 centimètres; que les formes sont sèches, anguleuses, et, généralement,
flattent peu l'œil ; que, néanmoins, lorsqu'on examine ces animaux de près, on trouve que tout est combiné de manière à réunir les conditions de force, de vigueur et de légèreté. Ainsi, capacité thoracique très développée, épaules musculeuses, fortement inclinées; avant-bras longs et recouverts de fortes saillies musculaires, genoux larges, canons courts, tendons forts et détachés, sabots durs et bien contournés, reins droits et courts, jarrets étirés, larges et plats.
J'ai vu, en outre, dans la province de Constantine et à Oran, plusieurs chevaux ayant des formes plus arrondies, plus développées , et se rapportant tout à fait à celles sous lesquelles on représente habituellement les chevaux tures, et même quelquefois, quoique à tort, les chevaux arabes. Le poitrail et la tête sont plus larges, lencolure plus épaisse et rouée, le corps plus cylindrique et la eroupe plus chargée. J'ai même vu, chez plusieurs d’entre eux, des cous de cochons.
Ces chevaux, m'a-t-on dit, proviennent de chevaux tures et turcomans importés à diverses époques dans la régence.
Dans la province de Constantine, il existe également une race plus grande, plus développée, plus haute sur jambes, mais moins bien faite que la race ordinaire, et que l'on connaît sous le nom de Trass-Berda (jument de bât). Cette race, peu estimée, et qu'on dit provenir de Tunis, sert, en effet, principalement à porter des fardeaux. On l'emploie également, et de préférence, à la production des mulets.