‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 70 sur 138 · PARTIE II, — CULTURE ARABE · texte numérisé non relu

PARTIE II, — CULTURE ARABE

plupart étaient trop hautes sur jambes ; les unes, en petit nombre, à tête et extrémités noires ou brun= jaune; les autres, en majorité, à tèle blanche, plusieurs à deux et quatre cornes, beaucoup d’autres privées de cet appendice ; parmi les premières, il y en avait dont les cornes étaient simplement recourbées en arrière, tandis que chez d’autres elles étaient contournées en spirale comme dans les mérinos. Beaucoup de bêtes avaient une laine lisse, longue et grossière; quelques-unes même, une espèce de poil long, analogue à celui du mouflon. D’autres avaient la laine frisée, mais également grossière. Enfin, j'ai remarqué un certain nombre d'individus dont la laine frisée était fine, courte, et offrait tous les caractères de la lainemérinos. Les bêtes elles-mêmes ressemblaient aux mérinos pour leur conformation.

Ce dernier fait n’a, du reste, rien d'étonnant, ear il parait à peu près prouvé aujourd'hui que la race mérine est originaire d'Afrique.

Je n’ai vu, dans ce troupeau, qu'un petit nombre de bêtes à large queue, connues en France sous le nom de moutons de Barbarie, et qu’on dit être très répandues dans la régence de Tunis; mais j'ai vu beaucoup de bètes qui devaient probablement à des croisements avec cette race un développement de la queue plus considérable que d'ordinaire. Ces moutons de Barbarie, qui se rencontrent plus fréquemment dans l’est et vers le désert que dans l’ouest, sont très recherchés dans le pays, quoique leur laine soit gros-

sière, Ce qui constitue leur valeur, c'est leur rusticité, leur aptitude à prendre graisse, et surtout leur queue dont le poids atteint parfois 8 à 40 kilogrammes et qui forme une pelote de graisse que les Arabes mangent avec délices.

Si l’on examine les bêtes à laine de l'Algérie, on voit que nulle part ces animaux ne présentent les caractères d'un élat à demi sauvage, caractères qui se retrouvent, au contraire, parmi les races de nos contrées, arriérées comme celles de la Bretagne, des Landes, de la Corse, ete. Ce fait me semble tenir principalement à l'intimité dans laquelle les Arabes vivent avec leurs bestiaux. Il est à croire ensuite que la vie nomade et ces migrations fréquentes des douars contribuent à rapprocher les animaux de l'homme.

En ce qui concerne spécialement l'espèce ovine, faisons remarquer que le sol si fertile, quoique plutôt sec qu'humide, de l'Algérie, son climat chaud et see, et jusqu'à cette quantité de sel répandue dans tout le pays et se manifestant dans un grand nombre de sources, doivent contribuer à faire de notre colonie la contrée la mieux appropriée aux bètes à laine. Tous les individus que j'ai vus, même vers la fin de l'été, étaient en très bon état, ce qui ne surprendra nullement les personnes initiées à l'agriculture et qui savent que les bètes à laine s'accommodent parfaitement d’une nourriture composée de substances sèches et liyneuses.

L'incurie que j'ai signalée pour les bêtes à cornes

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