‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 73 sur 138 · PARTIE II, — CULTURE ARABE. 203 Ÿ 10. Abeilles · texte numérisé non relu

PARTIE II, — CULTURE ARABE. 203 Ÿ 10. Abeilles

En terminant l’exposé de la culture arabe, telle qu'elle existe aujourd'hui, je dois une mention spéciale aux abeilles. Il y en a plusieurs espèces. Celle que les indigènes élèvent le plus communément m'a paru être semblable à la nôtre, si ce n’est qu’elle est un peu plus petite.

Ce sont principalement les Kabaïles et les Maures qui s'occupent de l'éducation des abeilles.

Les Kabaïles se servent pénéralement de ruches faites d’une ou plusieurs pièces de liége, ou en paille, en jonc et surtout en tiges de férules et autres ombellifères. Elles sont cylindriques ou quadrangulaires, de dimensions très variables et posées en long sur une planche.

Quand ils veulent récolter le miel ou la cire, ce qui a lieu au printemps ou en automne, parfois même au milieu de l'hiver ou de l'été, ils ne connaissent d'autre moyen que d’étouffer les abeilles.

Ils consomment ou vendent une assez grande quantité de miel en gâteaux, et ce miel, surtout celui du printemps, est d'excellente qualité. Le reste est séparé de la cire par des procédés analogues à ceux qu’emploient nos paysans du midi.

On sait que la cire a été de tout temps un article assez important d'exportation de la régence. Le gou-

(1) Du temps des Turcs, on en exportait annuellement pour près de 200,000 fr,

vernement seul en avait le monopole. Les Kabaïles étaient tenus de lui vendre toute leur cire à un prix fixé d'avance.

Outre les ruches domestiques, les Kabaïles exploitent encore les essaims sauvages qui, dans quelques localités, se rencontrent en grand nombre dans les arbres creux et dans les fentes des rochers. Le miel qu'ils en obtiennent est, en général, aussi bon que le précédent. Ces abeilles sauvages leur fournissent également une partie des essaims nécessaires pour conserver où pour multiplier le nombre de leurs ruches.

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