‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 89 sur 138 · PARTIE II, == COLONISATION · texte numérisé non relu

PARTIE II, == COLONISATION

On peul supposer, en outre, que les colons ne tar- ) ?

deront pas à devenir meilleurs tireurs que nos soldats P ) qui la plupart tirent fort mal.

Je crois donc qu'avec une bonne organisation et l'application de moyens rationnels, les colons ne tarderont pas à devenir plus redoutables aux Arabes que nos soldats. Déjà on en a eu plusieurs preuves en Algérie. Je n’en citerai qu’une.

Peu de temps avant mon arrivée à Alger, en mai 4842, une vingtaine d'Hadjoutes, qui étaient venus piller dans le Sahel, s’en retournaient en suivant une vallée qui débouche dans la Mitidja, et pour éviter de passer sous le feu d’un poste, avaient pris le revers opposé, lorsqu'ils aperçurent, au sommet escarpé du mamelon qui domine de ce côté, trois chasseurs (civils) qui s’apprêtaient à les accueillir à coups de fusil à leur passage. A cette vue, les Arabes tournèrent brusquement vers le poste sous le feu duquel ils passèrent. L'événement justifia, du reste, complétement leur pré-

J , ) P vision. Aucun des cinquante et quelques coups de fusil qui leur furent tirés ne les atteignit. Ils n’en augrande partie des foins par la troupe. Chaque jour, le quart, le tiers de ces travailleurs entrait à l'hôpital, et bientôt la garnison présenta un nombre inusité de malades, même pour l’Afrique ; et tandis que cela se passait, les travailleurs civils, Alsaciens et Provençaux la plupart, comptaient à peine quelques malades parmi eux, quoiqu’ils fissent en général plus que le double d'ouvrage des autres. Ces résultats étaient dus non-seulement à ce qu’ils étaient plus habitués que les soldats à ce travail, mais encore à ce qu'ils pouvaient se

nourrir et s’entretenir convenablement, grâce à un salaire de 5 fr. par jour.

aient pas été quittes à moins de einq ou six morts et blessés en passant à portée des trois chasseurs qui avaient eu le soin de couler des balles dans leurs fusils doubles, et portaient, en outre, comme c'est la coutume en Alsérie, des cartouches à balles.

Ÿ 7. Organisation des milices coloniales.

L'illustre maréchal qui commande en Algérie me disait un jour que, pour la guerre d'Afrique comme pour l'administration de cette contrée, c'était du bon sens qu'il fallait avant tout. J'ai, comme tout le monde, la prétention d'en posséder une certaine dose, et, fort de l'assertion du grand capitaine, je me permettrai, non sans toutefois demander pardon à MM. les militaires de la liberté grande, d’empiéter sur leur terrain, comme il leur est arrivé fréquemment, du reste, d'empiéter sur le mien. Je dirai done quelques mots de l’organisation militaire des colons.

Celle organisation, au moyen de laquelle on pourrait atteindre le résultat que j'indique, me parait fort simple. I faudrait d'abord habituer les colons au maniement du fusil. Et, par maniement du fusil, je n'entends pas du tout l'exercice en plus ou moins de temps, chose excessivement peu utile en Afrique, comme le prouve assez l'exemple des zouaves qui, soldats d'élite sur le champ de bataille, sont de véritables conserits sur le champ de manœuvre. J'entends, par manie ment du fusil, l'adresse à s’en servir comme arme dé-

fensive contre le fantassin comme contre la cavalerie,

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