‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 91 sur 138 · PARTIE HI, — COLONISATION · texte numérisé non relu

PARTIE HI, — COLONISATION

Les rapines ne s'exercent guère que sur les jardins, et quant aux incendies, ils ne peuvent avoir lieu que pendant un laps de temps fort court, pendant lequel des patrouilles, des embuscades, aidées de l'emploi de chiens, pourraient prévenir la plupart des tentatives de ce genre.

Il est vrai que, dans ce système, le bétail, objet principal de la convoitise des Arabes, jouit d'une assez grande sécurité, mais à une condition, c’est qu'il restera dans l’enceinte. Or, pendant une grande partie de l'été, les lieux marécageux ou du moins humides, lieux qui ne sauraient ètre compris dans l'enceinte, offrent seuls quelque nourriture.

À côté d'avantages plus apparents que réels, ce système offre des inconvénients palpables. Il occasionnerait des dépenses considérables en travaux de terrassement pour le fossé d'enceinte. En outre, il ne me paraît pas d’une grande efficacité pour la sécurité des habitants. Que peuvent deux ou trois individus pour défendre une longueur de 450 à 500 mètres de fossé, surtout lorsque, comme cela arriverait souvent, le relief du terrain permettrait aux assaillants de dissimuler leur approche? On suppose, à la vérité, qu’en cas d'attaque toutes les forces renfermées dans l’enceinte se porteraient sur le point exposé. Mais ce serait là précisément l’écueil; car les ennemis pourraient fort bien simuler une attaque d’un côté, et tomber sur le côté opposé lorsqu'ils le verraient dégarni de monde. Cette idée est si naturelle, qu’elle se présen-

terait probablement à tous les esprits, et qu'en cas d'alerte, chacun s’empresserait de s'enfermer chez soi avec sa famille et ses bestiaux, si bien que le fossé, qui ne pourrait jamais qu'augmenter les difficultés du passage sans l'empêcher d’une manière absolue, deviendrait à peu près inutile, et ne dispenserait point de la nécessité de donner aux fermes les dispositions propres à la défense.

Enfin, avec ce système, l’on serait ou privé des terres les plus fertiles, des terrains arrosables, des fonds de vallées, et réduit au sol maigre des plateaux ; ou l'on serait forcé de placer une partie des habitations dans des lieux défavorables, peu salubres, exposés et dominés de plusieurs côtés.

Ÿ 2. Villages compactes fortifiés.

Il me semble que le système qui présente encore le moins d’inconvénients est celui que l’on a adopté pour les villages du Sahel d'Alger : une enceinte formée par un fossé avec relèvement de terre par derrière et ne renfermant que l'emplacement nécessaire aux maisons et aux jardins qui y sont annexés.

Ici les maisons se touchent, ou ne sont du moins qu’à quelques pas les unes des autres. Douze à quinze ares par famille suffiraient pour l'emplacement de la maison et du jardin, qu'il serait peut-être bon de placer d'ordinaire entre le fossé d'enceinte et les habitaitions, pour que, dans le cas assez peu probable, du

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