PARTIE III. — COLONISATION
assez grandes dans la superficie, de huit à dix-huit hectares, par exemple, dans la même cominune.
Revenons à l’uniformité de valeur des lots. Je ne pense pas qu'il soit juste de régler la valeur du lot sur la fortune du colon; mais le colon aisé devrait avoir la faculté d'acheter, dans l'intervalle réservé entre les villages, une certaine étendue de terres, proportionnée à ses moyens. Il me semble, en revanche, que la valeur du lot pourrait varier suivant le nombre des individus composant la famille. Ce serait non-seulement équitable, mais encore d’une bonne politique, puisqu’en favorisant ainsi les familles nombreuses, on encouragerait le peuplement du pays.
J'ai parlé de chemins. Je n’entends pas ici seulement les voies de communication d’un village à un autre, ou à la ville, ou à une route, mais aussi les chemins ruraux, uniquement destinés à l'exploitation des terres. Ces chemins, quin’auront besoin que d’étretracés, les colons pouvant se charger de les mettre en état au fur et à mesure du besoin, sont d’une haute importance, non-seulement pour la culture, mais encore pour la sécurité des travailleurs et pour celle des bestiaux ; car c’est un fait bien connu que les Arabes craignent de s’aventurer dans un territoire coupé de chemins, parce qu'il est facile de les y poursuivre et de les atteindre.
L'établissement de ces chemins se rattache d’une manière directe à la formation des lots, et exigera, comme cette dernière opération, l'intervention d’un agriculteur habile.
6 3. Moyen de défendre l’enceinte des villages.
On me permettra, en terminant, de dire un mot du moyen de défendre l’enceinte des villages.
Étranger à cette malière, je puis néanmoins répéter ce que J'ai entendu dire aux hommes spéciaux. Le plus grand nombre parait préférer le fossé avec relèvement de terre par derrière au mur en maçonnerie, beaucoup plus coûteux sans être plus efficace. J'ajouterai que, dans plusieurs cas, le fossé pourra être aussi utile contre l'envahissement des eaux que contre les attaques des Arabes.
Je n'ai point à m'occuper des détails d'exécution. Je me bornerai seulement à dire qu'une haie de figuiers de Barbarie, entremélés de grenadiers et autres arbrisseaux de ce genre, placée sur le relèvement de terre, me semblerait pouvoir contribuer encore à rendre l'obstacle plus efficace ‘.
SECTION VIII. — Etendue des villages.
I reste une dernière question, c’est celle de l’étendue ou, si l'on veut, de la population qu'il convient de donner à la plupart des villages. J'ai déjà, en quelque
(1) Même en plaine, les figuiers de Barbarie opposent aux Arabes des difficultés presque insurmontables, lorsque, bien entendu, l'ennemi s’est posté derrière. Le douar établi à la Rassauta n’a dû qu'aux figuiers de Barbarie qui l'entourent de n’avoir pas été pris et détruit dans Îles nombreuses attaques dirigées par Ben-Salem.