‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 100 sur 141 · PARTIE 1Vs —— AGRICULTURE · texte numérisé non relu

PARTIE 1Vs —— AGRICULTURE

Si, malgré ces deux moyens, le jeune arbre languissait, on aurait recours à l’arrosage qu'on peuteffectuer plus facilement qu'avec des arrosoirs, au moyen de hottes en bois léger de la capacité de 75 à 80 litres, et dont le fond est percé d’une ouverture à laquelle on adapte un tuyau de cuir. L'ouvrier qui porte la hotte tient l'extrémité du tuyau à la main, et, en ouvrant ou fermant celle-ci, donne passage à l'eau ou lintercepte à volonté.

Ce moyen peut également être employé avec avanlage dans d’autres circonstances, pour les repiquages de choux, betteraves, tabac, ete., partout enfin où l'on est obligé d’arroser à la main les terrains éloignés de l'eau.

J'ai mentionné plus haut les houtures. Je ferai remarquer ici que ce moyen de multiplication est en général d’une exécution plus facile et plus sûre en AL série qu'en France, à cause de la douceur et de Phumidité de l'hiver, d'une partie de l'automne et du printemps.

Je signalerai, à cette occasion, un procédé nouveau qui, sans avoir encore reçu la consécration d’une longue expérience, parait avoir eu tant de succès dans les essais qui en ont été faits, etsemble, au demeurant, si rationnel, que je n'hésite pas à le recommander à Pattention des colons. Ce procédé, dù à M. Delacroix, professeur à l'École de médecine de Besancon, se borne, d'après une note envoyée par l'auteur à l'Académie des SCICNICCS, aux opérations suivantes : On coupe unebran.

che de l'arbre qu'on veut multiplier, en ayant soin qu'il y ait une longueur de 0°,08 à 0,40 en bois de deux ans. On plonge le gros bout dans une fiole remplie d'eau; puis on étrangle la bouture par un lien au-dessus du goulot et on l’enterre de façon à ce que la ligature soit recouverte d'au moins 0” ,40 de terre. Ces boutures se font à l'époque où les plantes sont en pleme végétation. On laisse les feuilles telles qu’elles se trouvaient sur la branche. Après s'être légèrement flétrie, celle-ci ne tarde pas à se redresser et à pousser vigoureusement en émettant un système radiculaire complet, au point où se trouve la ligature.

Quant à la aille, tout en me réservant d'en parler pour chaque espèce d'arbre, je dirai ici d'une manière sénérale que les faits nombreux dont j'ai eu connaissance me portent à croire qu elle doit ètre très légère en Algérie. En effet, une taille énergique qui, dans nos terres plus ou moins épuisées et dans nos climats peu favorables à la végétation, est souvent le seul moyen d'avoir du fruit, semble produire une action contraire en Algérie, du moins dans tous les bons terrains, et pousser à la production exclusive du bois. Ce sera donc plutôt un élagage annuel qu'une taille comme on l'entend en France qu'il faudra aux arbres fruitiers de la colonie. On devra se garder de supprimer tous les gourmands, car ce serait le moyen d'en faire naître le double. Ce n'est que dans les terrains pauvres qu'il conviendra peut-être de faire une exception à cette regle,

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