‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 108 sur 141 · PARTIE IV, — AGRICULTURE · texte numérisé non relu

PARTIE IV, — AGRICULTURE

sur le vin confectionné, pourrait, ce me semble, amener le résultat désiré.

Ce qui m'empèche de proposer un impôt sur les vignobles, mesure plus simple et d’une exécution plus facile, c’est que le vin n’est pas le seul produit qu'on puisse retirer de ceux-ci. Les raisins secs, dont nous importons des quantités notables du Levant et de l'Espagne, pourront nous être fournis en qualité tout à fait supérieure par l'Algérie.

Je suis trop étranger à ce qui concerne l’établissement et la perception des impôts indirects pour pouvoir traduire ici ma proposition en un projet d'ordonnance; mais je ne doute pas que les hommes spéciaux ne trouvent facilementle moyen d'application, soit par une espèce d'exercice fait chez les propriétaires de vignes, soit en forçant ceux-ci à recourir à une autorisation spéciale pour établir les pressoirs et les autres ustensiles de la vinification sur lesquels on pourrait alors faire peser le droit. Comme il s’agit beaucoup moins de créer des recettes que d’entraver une branche de production qui, jele répète, n’est nullement nécessaire au succès de la colonisation, je ne crois pas que cela puisse présenter des dificultés sérieuses.

Dans certaines parties reculées de l’intérieur, comme à Sétif, par exemple, le transport élève tellement le prix du vin que les colons trouveront probablement avantage à en produire, malgré les droits. Je ne vois pas srand mal à cela. L'important est que les villes et les

stations militaires situées sur la côte ou à proximité continuent à être fournies en vin par nos départements méridionaux.

Si la colonisation de l'Algérie prend un heureux essor, 1l arrivera sans doute un moment où il ne sera plus guère possible d'arrêter la production du vin. Mais peut-être cela n'empèchera-t1l pas nos vins ordinaires du midi d’y trouver un débouché, du moins sur la côte, d'abord à cause de leur bas prix, ensuite parce que les vins de l'Algérie seront probablement des vins de liqueurs analogues au madère, au malaga, à l’alicante, au chypre et autres de ce genre.

Les circonstances physiques se prêtent parfaitement à la production de ces vins, et, en s'y livrant exclusivement, les colons concilieront leur intérêt avec celui de nos départements vinicoles, car ces vins fins n'excluront pas les vins ordinaires du midi et trouveront des débouchés assurés dans le nord de l'Europe et en Amérique.

Dans ce but, il sera nécessaire d'introduire en Algérie les cépages cultivés dans ces divers pays. I faudra, en outre, interdire par ordonnance ou empêcher par un moyen fiscal assez puissant la culture de la vigne dans les terrains riches et en plaine, car là elle produit beaucoup de vin, mais du vin ordinaire où même propre seulement à la distillation, tandis que sur les coteaux on obtiendra ces vins-liqueurs dont je viens de parler de même que des raisins secs de qualité supérieure.

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