PARTIE IV, =— AGRICULTURE
Peut-être cette seule mesure, d’une application bien facile, serait-elle suffisante pour arrêter le développement fächeux de la production vinicole en Algérie, car la culture de la vigne sur les coteaux est en général difficile et dispendieuse, et il s’en faut que la qualité dédommage toujours de la perte sur la quantité.
Jesuis entré dans ces détails parce que cette question intéresse vivement une grande partie de la France, et qu'elle a servi fréquemment de texte aux déclamations des adversaires de l'Algérie.
On me reprochera peut-être de n'avoir pas soulevé la mème question pour les huiles. Mais là les circonslances sont entièrement différentes. Une zone exiguë et qui se rétrécit chaque jour davantage est seule encore en possession de l'olivier en France, Ce n’est pas pour cette localité exceptionnelle, ni même pour Lespace plus étendu consacré à la culture des graines oléagineuses qu’on devra jamais restreindre une branche de produit qui pourra devenir promptement la base de la prospérité coloniale de l'Algérie.
J'ai déjà parlé de variétés de cépages cultivées par les indigènes. Les colons feront bien de les conserver en y ajoutant spécialement les variétés qui produisent les meilleurs raisins secs. Ce sont la panse commune de Provence, la panse musquée qui fournit les excellents aisins secs de Malaga ; enfin et surtout les corinthes blancs et noirs. Ces derniers, qui sont un objet essentiel de commerce et de revenus pour plusieurs localités du Levant, pourront également acquérir par la suite une
certaine importance en Algérie, car on les y produira en qualités au moins égales sinon supérieures à celles que fournissent les îles de la Grèce.
La culture de la vigne est une des plus connues en France ; mais rien n'est variable comme les procédés suivis dans les diverses contrées. H est plus que probable que chaque colon voudra conserver ici, comme dans d’autres cultures, les errements de sa localité. Sans entrer dans de grands détails, je serai done obligé d'indiquer les modifications que nécessitent les circonstances physiques et économiques de l'Algérie.
Pour la plantation, la méthode qui me paraît le mieux appropriée à ces circonstances est la méthode languedocienne.
Le terrain est défoncé, si c’est possible à la charrue sous-sol, à 0,50 ou 0,40 de profondeur, puis planté en plein. Les erossettes sont mises en lignes espacées de 4,50 à 4,90 les unes des autres, et les plants sont à un mètre et demi de distance dans les lignes. On les place en quinconce, de façon à ce qu’on puissetravailler la vigne à la charrue dans trois sens différents.
Comme le elimat de l'Algérie rend nécessaire de planter plus profondément qu'en Languedoc, je conseille d'ouvrir une raie de charrue sur chaque ligne et de faire les trous dans lesquels on place les erossettes, au fond de la raie. Ces trous se font avec une pince en fer. On gagnera, en piochant aussi profondément que possible, la place de chaque trou.
Les crossettes seront enterrées de manière à ce