PARTIE IV, — AGRICULTURE
Une fois établi dans un bon sol, c’est-à-dire dans une terre riche et profonde, le houblon dure fort longtemps. [ne demande d'autre soin qu'une fumure tous les deux ou trois ans autour du pied, un labour pendant l'hiver, quelques binages et buttages pendant le printemps et l'été, et la taille annuelle ou châtrage, que l’on exécute en janvier ou février, en déchaussant soigneusement chaque pied et en coupant au-dessous de la surface du sol, avec une serpette tranchante, les jets qui ont donné naissance aux tiges de l’année précédente. Je pense qu'en Afrique on devrait couper plus long que dans le nord.
Lorsqu'on fume, on met l’engrais autour de la souche et on recouvre le tout de 0.04 à 0",05 de terre meuble.
La récolte se fait en juillet, lorsque les cônes ont pris une forte odeur et une nuance jaunâtre.
La cueillette qui, dans le nord, est si souvent rendue difficile par les pluies, se fera sans aucun obstacle en Algérie.
Il en est de même de la dessiccation qui, sous les climats pluvieux, exige presque toujours l'emploi d’un séchoir et du feu, tandis qu'en Afrique il suffira d’exposer les cônes au soleil, pendant un ou deux jours, sur une toile, et de les étendre ensuite pendant quelques jours sous un hangar aéré. On pourra ensuite les emballer bien serrés dans de grands sacs, comme on le fait pour le coton.
ny a nul inconvénient à culliver plusieurs plantes
telles que récolles-racines, choux, etc., dans lintervalle des lignes, Peut-être pourra-t-on aussi joindre les cultures arborescentes à celle du houblon. Ce serait une fort mauvaise pratique dans le nord. Mais en Afrique, où le soleil a tant de puissance, un ombrage modéré, loin de nuire, est au contraire avantageux, Cette observation s'applique également à toutes les autres cultures.
\ 11. Pistachier commun,
Cet arbre donne un fruit dont l'amande, douce et délicate, est très recherchée par les confiseurs.
Ainsi que les autres arbres du mème genre, le lenüisque, le térébinthe, le pistachier de l'Atlas, il réussit parfaitement en Afrique. Son seul défaut, défaut grave, est de ne croitre qu'avec une extrême lenteur. On a essayé d'y obvier en le greffant sur les autres espèces du même genre, et notamment sur le térébinthe. Je dois dire néanmoins que cette greffe est très diffieile. Je connais plusieurs agriculteurs habiles du midi qui l’ont essayée sans succès ; quelques autres ont cependant réussi.
C’est en écusson et à œil dormant, c’est-à-dire dans le courant de juillet, qu'on opère le plus sûrement.
On multiplie aussi le pistachier par des semis faits en janvier dans une terre meuble; mais ee n’est qu’au bout de quatre ou cinq ans qu’on peut mettre les jeunes plants en place, et après douze et quinze qu'ils commencent à produire, Fajouterat que le pistachier
PARTIE 1V. — AGRICULTURE. 461 étant dioique, on devra toujours mêler quelques pieds mäles avec les pieds femelles, sans quoi ceux-ci ne porteraient pas de fruit.
Il est à peine nécessaire de dire qu'en Algérie les récolles ne manquent jamais par l'effet des gelées tardives qui, en Provence, détruisent si souvent les fleurs.
Le pistachier lentisque el le pistachier atlantique qui, tous deux, fournissent par incisions la matière connue sous le nom de mastic oriental, viennent parfaitement en Algérie et pourront être exploités par les colons partout où ils se rencontrent.