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Bananier

Cette plante des pays chauds mériterait d’être rangée parmi les plus utiles pour les colons algériens, si elle n’exigeait impérieusement d’abondants arrosages et une exposition chaude et abritée, Malgré cette circonstance, il est peu de cultures qui, dans l’état actuel des choses, offrent plus de profit.

On sait déjà que ses fruits, qu’il produit en grande abondance et qui se mangent crus ou cuits, suivant les espèces, est un aliment sain, substantiel et agréable. Le bananier a de plus l'avantage fort grand de produire dès la seconde année. Enfin, des essais récents ont prouvé qu'on pourra tirer un excellent parti de ses tiges pour la filasse, et de celle-ci pour la fabrication du papier.

L'espèce la plus répandue dans toute l'Algérie est

t02 COLONISATION ÊT AGRICULTURE DE L'ALGERIÉ.

le bananier-figuier, dont les fruits se mangent erus et cuits sur le gril. Les autres espèces y réussissent épalement.

Le bananier veut une terre légère, riche et profonde, et des arrosages fréquents pendant Pété.

On le multiplie presque toujours de rejetons qui croissent autour des vieux pieds et qu’on plante en toute saison, mais plus ordinairement en octobre et novembre.

Il fleurit en mai, et les bananes mürissent successivement à partir de septembre jusqu’en janvier. Dès qu'on voit jaunir quelques bananes, on coupe le régume et on le suspend dans un lieu abrité, où il achève de mürir. Chaque régime porte de quarante à quatrevingts bananes de 0"12 à 0",15 de longueur, et vaut en ce moment de 40 à 20 francs à Alger.

Quant à la fabrication et à l'emploi des tiges pour la filasse et la préparation du papier, je ne puis encore en parler. Il faut des expériences plus nombreuses pour être fixé sur les procédés les plus convenables. On peut, du reste, considérer comme un fait acquis la possibilité de tirer parti des filaments du bananier.

Ÿ 11. Grenadier.

J'ai déjà mentionné cet arbrisseau qui est indigène en Algérie.

Le grand nombre de sauvageons qu’on rencontre dans toutes les broussailles facilitera la multiplication du grenadier. Il suffira de transplanter en mottes les

PARTIE IV, = AGRICULTURE, 163 jeunes pieds les mieux venant, et de les grefler immédiatement après en grenadier doux.

La transplantation a lieu en novembre el décembre. La greffe se fait en fente ou en couronne, en février.

On peut encore le multiplier de bouture, et on obtient alors immédiatement des arbres à fruits doux, lorsque les boutures proviennent d’un sujet de cette variété.

On a plusieurs sous-variétés de ce grenadier. La plus estimée est celle qui produit les grenades à gros grains. C'est celle sur laquelle on devra de préférence prendre les greffes ou les boutures.

L’arrosage n’est pas nécessaire à la bonne venue de la plante, mais il est indispensable à la qualité du fruit qui, sans cette condition, est petit, peu savoureux et s'ouvre avant de mürir.

C’est en septembre et octobre qu’on les cueille.

Quant au cäprier, qui est également indigène en Algérie, on ne pourra songer à le cultiver que lorsqu'une population nombreuse fournira des bras à bon marché, car la cueillette de la câpre est une opération longue et difficile, à cause des épines dont est garnie la plante.

Pour ce qui est des arbres fruitiers de France, on sait déjà qu'ils réussissent parfaitement en Algérie. Leur culture y est, à peu de chose près, la même qu’en Europe, si ce n'est qu'on doit ménager la taille et mulüplier les façons au pied, à moins qu'on n’arrose. Du reste, leur importance sera toujours très secondaire,

excepté dans la banlieue d'Alger et des autres villes importantes, Partout ailleurs, ce ne sera qu'en pelit nombre qu'on pourra cultiver ces arbres, parmi lesquels je recommanderai plus spécialement les péchers, abricotiers, cerisiers et potriers. Le noisetier sur les pentes et le châtaignier dans les localités élevées, à sol non calcaire, se recommandent également par leur double produit en fruit et en bois.

Je n’ajouterai rien à ce que j'ai dit précédemment du palmier-dattier, du caroubier et du jujubier. Quoique ces arbres ne puissent jamais être d’une haute importance en Algérie, leur multiplication, dans les circonstances favorables, ne laissera pas que d’être ulile aux colons.

Avant de clore ce sujet, je dois une mention particulière au végétal suivant, quoique l'ayant déjà menlionné dans le premier volume.

\ 14. Cactus.

Cette plante, que nous nommons figuier de Barbarie, tandis que les Arabes l’appellent figuier des chrétiens (karthouss nazara), est peut-être, dans l'état actuel des choses , la plus précieuse ou une des plus précieuses productions du territoire algérien. En effet, le cactus, qui vient dans les terres les plus pauvres, sans soins, sans culture, qui forme une clôture excellente pour les champs et un moyen de défense pour les habitations, fournit, par ses fruits abondants pendant quatre mois de l’année, un aliment salubre

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