PARTIE 1V. — AGRICULTURE
et nourrissant pour les hommes et les animaux domestiques, et, par ses feuilles de l’année, une nourriture non moins précieuse pour le bétail pendant les trois mois de sécheresse.
En Alvérie, il en existe deux variétés bien distinctes. La première, la plus répandue, et qu'on désigne dans le pays sous le nom de figuier du chameau, a des fruits rouges, de la grosseur d’un petit œuf de poule. Fruits et feuilles (qu'on appelle raquettes) sont couverts de piquants très durs, de 0",045 à 0°,020 de longueur. L'autre variété, à laquelle les Arabes donnent plus spécialement le nom de figuier des chrétiens, a sur ses feuilles et ses fruits des piquants plus faibles, plus petits qui, malgré leurs pointes acérées, n’offensent nullement la bouche des animaux. Elle a une végétalion plus forte que l'autre, des feuilles plus développées, plus succulentes, des fruits meilleurs et d'une grosseur double. C'est la variété qu'il conviendra de multiplier comme plante alimentaire, tandis que l'autre convient mieux pour clôture. La première ne se rencontre guère qu'auprès d'Alger, sur le Boudjaréah. C’est de là que les colons devront tirer les boutures. Ils pourront encore en faire venir de Sicile, où 1} existe un grand nombre de variétés remarquables pour la grosseur et la bonté de leurs fruits.
La multiplication du cactus est des plus simples et peut avoir lieu en toute saison ; cependant la meilleure est août et septembre. On coupe une raquette ;
on la laisse pendant quelques jours sur terre, jusqu'à IF. sil
ce que la section se soit à peu près cicatrisée ; puis on la plante, la section en bas, dans une terre ameublie par quelques coups de pioche, où on l’enfonce de 0®,05 à 0°,06. L'arrosage n’est pas nécessaire, à moins que le terrain ne soit d’une nature et à une exposition très sèches. Dans ce cas, on retarde la plantation jusqu'en septembre, Si, au lieu d’une seule raquette, on peut planter une branche ayant un peu de vieux bois et cinq ou six raquettes, on obtiendra des produits beaucoup plus promptement.
Quand on plante en plein, on dispose les lignes à 4®,50 ou 2 mètres de distance les unes des autres. Si c'est dans un terrain en pente, les lignes sont transversales à la pente. Cette règle s'applique, du reste, à toutes les plantations.
Le cactus n’exige aucun soin, aucune culture; cependant un ou deux labours, donnés chaque année dans l'intervalle des lignes, seront largement payés par une augmentation de produit.
La taille n’est pas nécessaire à la bonne venue de la plante, mais elle est utile pour en diriger la eroissance. On taille done de façon à ce qu'aucune branche n’intercepte le passage entre les lignes; on taille ensuite pour procurer de la nourriture aux animaux. Ce sont les feuilles basses de l’année qu’on utilise plus particulièrement dans ce but; et c’est en juillet, août et septembre, c’est-à-dire à l’époque où l’on manque de fourrages frais, qu'on en fait usage.
Ces feuilles sont coupées en tranches comme les