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CHAPITRE IX

Bestlaux.

Ÿ 1. Importance de la production du bétail en Afrique.

En parlant de la culture arabe, j'ai fait connaître l'état actuel de la production du bétail en Algérie. 1 me reste maintenant une tâche plus difficile à remplir, c’est de faire pour les animaux domestiques ce que j'ai fait pour les plantes, d'indiquer les modifications qu'on devra apporter au système et aux méthodes du pays; de signaler en outre les importations utiles pour l'Algérie, soit en fait de races, soit mème en fait d’espèces nouvelles.

La question du bétail, fondamentale partout, acquiert iei une importance nouvelle par l'effet de circonstances particulières. Aussi a-t-elle préoccupé nonseulementlesagriculteurs, leséconomistes, mais encore les militaires et l'administration, car à elle se rattache directement la question de l'alimentation de l’armée, et partant celle de la conservation de notre colonie.

A la vérité, les avis différent sur les ressources de

l'Algérie en bestiaux, et M. le maréchal-gouverneur, dont l’opinion est certes d’un grand poids en pareille matière, considère ces ressources comme bien supérieures à ce qu'on les croit généralement.

Cependant il est des faits qu'on ne saurait se dissimuler et qui ne sont pas de nature à rassurer ceux qui apprécient l'importance d'un bétail nombreux pour la conservation de notre conquête. Les Européens consomment individuellement einq et six fois plus de viande que les indigènes. On peut done admettre que la consommation totale du pays s’est accrue d’un cinquième à un quart. À cela s’est joint l’effet que produit la guerre, c’est-à-dire d’un côté l'impossibilité ou du moins la difficulté d'élever ; d’un autre, les pertes nombreuses par les razzias et par la faim et les fatigues dans les migrations de tribus.

Or, si la production était autrefois bien suffisante pour la consommation, 1l ne paraît cependant pas y avoir jamais eu exubérance, car la quantité de besliaux qu'on exportait de l’Algérie était, en général, peu considérable, et je ne sache pas que les indigènes aient laissé mourir des bestiaux de vieillesse.

On peut donc admettre qu'aujourd'hui la production n'est plus en rapport avec la consommation.

Sans doute la production du bétail est chose très élastique de sa nature, et le prix actuel des bestiaux, la liberté avec laquelle les indigènes peuvent en faire commerce aujourd'hui, le respect que nous montrons pour leurs propriétés, l'absence de monopole et de

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