‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 122 sur 141 · PARTIE 1. — AGRICULTURE · texte numérisé non relu

PARTIE 1. — AGRICULTURE

chevaux n’est pas une de ces industries qui, à l'instar de la fabrication du sucre, de celle de la féeule, etc, quoique ordinairement annexés à un faire valoir, peuvent néanmoins dans beaucoup de cas en être séparées sans inconvénient. Impossible de faire de l'élève sans culture, impossible de faire de Pélève avec profit sans une culture spécialement organisée dans ce but. Les résultats pécuniaires de Félève du cheval tiennent essentiellement à l'ensemble des faits eulturaux de l’exploitation. C’est grâce à l’engraissement des bœufs et des moutons et à la tenue des vaches laitières qu'on peut produire des chevaux au prix actuelen Normandie, en Auvergne, dans le Perche, la Bray, le Limbourg, etc.

Je crois donc que c’est avant tout sur les colons qu'il faudra compter dans l'avenir pour la remonte de notre cavalerie d'Afrique.

Toutefois, l'intérêt est si grave, et il est tellement urgent de hâter le moment où l'on pourra se rendre, en partie du moins, indépendant des indigènes pour la production des chevaux, que le gouvernement fera bien, je crois, d'établir non pas des haras, mais des dépôts de remonte dans lesquels on recevrait nonseulementles poulains achetés aux Arabes, mais encore ceux qu'on pourrait faire produire à une partie des juments du gouvernement, système mauvais du reste en principe, mais qu'on peut appliquer dans quelques cas particuliers. On y recevrait en outre les poulains des colons qui ne se trouveraient pas en position favo-

rable pour élever, Ajoutons ici que cette faculté accor- IL. 32

dée aux colons de vendre dès l'âge de six mois où un an au plus les produits de leurs juments contribuerait beaucoup à encourager l'élève du cheval en Afrique; car on sait qu'une des causes qui arrêtent cette industrie en France, c'est que souvent le producteur ne recueille le fruit de ses avances et deses peines qu'au bout de quatre à cinq années pendant lesquelles il court toutes sortes de risques.

Je le répète, 1l est plus que probable que les chevaux élevés dans ces dépôts de remonte reviendront au gouvernement à un prix plus élevé que celui auquel il les achèterait aux indigènes et aux colons. Mais il ne faut pas oublier qu'ils seront supérieurs en qualité même à ces derniers. D'ailleurs, encore une fois, il importe avant tout de ne plus dépendre des Arabes ou du bey de Tunis pour nos remontes, et malheureusement il se passera bien du temps encore avant que cela ne vienne du fait des colons.

Ces dépôts de remonte devront nécessairement être annexés à une grande ferme militaire où l'on ne produira principalement que les grains et fourrages nécessaires aux chevaux.

Où conviendra-t-il de placer ces établissements? C’est là une question assez difficile à résoudre. Les lieux élevés et salubres sont souvent arides ou du moins privésd’herbages pendant unegrande partie de l’année. Les plaines humides etles fonds de vallées sont malsains, el comme il sera nécessaire d’avoir dans ces dépôts suflisamment de troupes pour défendre les chevaux contre

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