PARTIE IV. — AGRICULTURE
el une partie d'octobre, le pâturage ne suffira pas non plus entièrement à eur nourriture, à moins qu'on n'ait des herbages frais. On y suppléera par des racines, par des fourrages artificiels verts, ou par du foin. Les bé2 tes quiallaitent ou qu'on engraisse recevront en outre un peu de grain. Pour les autres, le supplément de nourriture sera parfois inutile ; on pourra du moins le’ réduire à peu de chose à cette époque, car la bête ovine se nourrit parfaitement de substances sèches, ligneuses, et s'accommode mieux qu'aucune autre des pâturages desséchés.
Aussi les troupeaux indigènes s’entretiennent-ils en assez bon état pendant tout l'été, et n'est-ce qu’en automne et en hiver qu'ils souffrent et sont décimés par le froid, les pluies et la nature aqueuse de l'herbe.
J'ai déjà parlé de l’engraissement de ces animaux, à l’occasion des troupeaux temporaires. L’engraissement des brebis de réforme du troupeau permanent se fera de la même manière et à la même époque, c’est-àdire pendant une partie de l'automne, l'hiver et le printemps jusqu'en mai, où les bêtes srasses commencent à baisser de prix.
J'ajouterai que le se/ est plus profitable aux bêtes à laine qu'à tout autre bétail et devra surtout ne pas leur être épargné en hiver et pendant l’engraissement. On donne jusqu’à 4 hectogramme par jour pour 20 bêtes adultes, soit en gros morceaux qu’on place dans la bergerie et que les animaux viennent lécher, soit pilé et en mélange avec la provende, c’est-à-dire avec
le grain moulu, ou encore dissous dans de l’eau dont on asperge les fourrages secs. .
. Quant à la /aiterie, je me bornerai à dire qu'on trait les brebis deux fois par jour lorsque les pâturages sont abondants, et une seule fois dans le cas contraire. Les brebis sont enfermées dans un espace étroit, d'où on les fait sortir une à une pour les traire.
La confection du beurre et du froniage de brebis ne diffère point de celle du beurre et fromage de vaches. On sait que si le beurre de brebis n'est pas du goût de tout le monde, leur fromage est, en revanche, plus estimé que celui de vaches. |
Jusqu'ici j'ai à peine mentionné la /aine. Elle ne sera | cependant pas un des moindres produits du troupeau, même lorsqu'on ne tiendra que des bêtes grossières.
En parlant de la culture arabe, j'ai dit que la laine de plusieurs parties de l'Algérie perd beaucoup de sa valeur par suite de la grande quantité de graines qui s’y trouve mêlée.
Ce fait, si défavorable aux laines algériennes, ne se produira pas chez les colons, car il tient uniquement à ce que les Arabes ne fauchent jamais leurs herbases, et que dès lors les plantes que le bétail n'a pu consommer y viennent à graines. On comprend que pareille chose n'aura pas lieu chez les colons. Il y aura bien certains herbages qu'on ne fauchera pas, mais ce seront en général les plus pauvres, et comme d'ailleurs les bêtes y pâtureront souvent, les plantes con-
stamment broutées ne pourront ni mürir.